Artavazde (II)

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Artavazde
Titre
Roi d’Arménie
12395 av. J.-C.[1],[2]
Prédécesseur Tigrane Ier
Successeur Tigrane II
Biographie
Dynastie Artaxiades
Date de décès
Père Tigrane Ier

Artavazde ou Artavasde (II) (en arménien Արտավազդ Բ) serait, dans certaines versions de la chronologie et de la généalogie de la dynastie artaxiade, un roi d’Arménie qui aurait régné de 123 à 95 av. J.-C. Successeur de Tigrane Ier, il aurait été battu par les Parthes. Tigrane II lui aurait succédé sur le trône arménien.

Contexte[modifier | modifier le code]

Au IIe siècle av. J.-C., l’Arménie, sous la récente dynastie artaxiade, a connu une expansion que seuls les Séleucides ont pu contenir à l’ouest, avec la victoire d’Antiochos IV sur Artaxias Ier vers 165 av. J.-C.[3]. À l’est, des terres ont été gagnées sur la Médie-Atropatène, mais la fin de ce siècle voit le relèvement du voisin perse sous les souverains parthes, qui culmine en la personne de Mithridate II, « arbitre du Proche-Orient »[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Pour les historiens qui retiennent son existence comme René Grousset et Édouard Will, Artavazde est le fils du roi artaxiade Tigrane Ier[4], et son règne serait contemporain de celui du grand roi des Parthes Mithridate II[1]. L'historien arménien Krikor Jacob Basmadjian adoptait déjà un point de vue similaire au début du XXe siècle en l'insérant comme quatrième roi de la dynastie des Artaxiades entre Tigrane Ier et Tigrane II (sans se prononcer sur les liens de parentés), avec un règne de 123 à 94 av. J.-C.[5].

À la fin du règne de Mithridate II en 97 av. J.-C.[Note 1], les Parthes attaquent l’Arménie et sont victorieux ; évoquant cette bataille dans son Histoire universelle, Justin mentionne Artavazde sous le nom d’Ortoadiste[Note 2]. À la suite de cette défaite, Artavazde devient alors le vassal des Parthes[4],[6]. Ceux-ci prennent comme otage le prince héritier, le futur roi Tigrane II[6],[7], fils[8] (ce qui est incompatible avec une affirmation d’Appien, pour qui le père de Tigrane II est un autre Tigrane[9]) ou plus probablement frère[4] d’Artavazde[6].

Hypothèses alternatives[modifier | modifier le code]

L’identification d’Artavazde pose déjà question au XIXe siècle : ainsi, Antoine-Jean Saint-Martin, pionnier de l’arménologie française[10], rapproche-t-il l’Ortoadiste mentionné par Justin d’Artavazde II (roi de 55 à 34 av. J.-C.), concluant chez l’auteur latin à « une lacune de plus de soixante ans » entre la défaite face à Mithridate et le règne d’Artavazde II[11].

D’autres historiens plus récents, comme Cyrille Toumanoff[12] ou Nina Garsoïan[13], ne retiennent pas non plus cette version de la chronologie artaxiade et font de Tigrane Ier le père et prédécesseur de Tigrane II[14]. Pour Nina Garsoïan[13] et Marie-Louise Chaumont et Giusto Traina[15], le roi défait par Mithridate et mentionné par Justin est Artavazde Ier.

Pour les historiens qui ne reconnaissent pas l’existence de cet Artavazde II, la désignation « Artavazde II » renvoie, en conséquence, à Artavazde, roi d’Arménie de 55 à 34 av. J.-C.[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La date n’est pas certaine, les années 105, 111 et 112 av. J.-C. sont aussi avancées ; (hy) R. Manaseryan, « Տիգրան Բ » (« Tigrane II »), Soviet Armenian Encyclopedia, vol. XI, Erevan, 1985, p. 697-698.
  2. Historien latin du IIe – IIIe siècle, seule source antique mentionnant Artavazde citée par les références données dans l’article. Justin, Histoire universelle, livre XLII, II [lire en ligne (page consultée le 24 janvier 2009)] : « Enfin [Mithridate] attaqua Ortoadiste, roi d’Arménie. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c René Grousset, Histoire de l’Arménie des origines à 1071, Paris, Payot, (réimpr. 1984, 1995, 2008) (ISBN 978-2-228-88912-4), p. 84.
  2. Emmanuel Choisnel, Les Parthes et la Route de la Soie, L’Harmattan, Paris, 2004 (ISBN 978-2747570374), p. 235.
  3. Marie-Louise Chaumont et Giusto Traina, « Les Arméniens entre l’Iran et le monde gréco-romain (Ve siècle av. J.-C. - vers 300 ap. J.-C.) », dans Gérard Dédéyan (dir.), Histoire du peuple arménien, Toulouse, Éd. Privat, (1re éd. 1982), 991 p. [détail de l’édition] (ISBN 978-2-7089-6874-5), p. 115.
  4. a b et c Édouard Will, Histoire politique du monde hellénistique (323-30 av. J.-C.), Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », (réimpr. 2003) (ISBN 2-02-060387-X), partie II, p. 380.
  5. Krikor Jacob Basmadjian, « Chronologie de l'histoire de l'Arménie », dans Revue de l'Orient chrétien, Bureaux des œuvres d'Orient, Tome IX (XIX), Paris, 1914, § II « La dynastie d'Artaxias », p. 291.
  6. a b et c (en) Marie-Louise Chaumont, « Armenia and Iran (ii - The preislamic period) », dans Encyclopædia Iranica en ligne. Consulté le 16 décembre 2011. Marie-Louise Chaumont précise que ce lien de vassalité ne fait aucun doute « malgré le silence des sources » et suppose que cet Artavadze défait par les Parthes est « probablement » le petit-fils d’Artaxias.
  7. (en) Anne Elizabeth Redgate, The Armenians, Oxford, Blackwell Publishing, coll. « The Peoples of Europe », (ISBN 0-631-22037-2), p. 68.
  8. (en) Percival Woodcock, Concise dictionary of ancient history, Philosophical Library, New York, 1955 (OCLC 912536), p. 413.
  9. Appien, Guerre syrienne, p. 83.
  10. Dédéyan 2007, p. 13.
  11. Antoine-Jean Saint-Martin, Fragments d’une histoire des Arsacides, tome II, Imprimerie nationale, Paris, 1850, p. 82-83.
  12. a et b Cyrille Toumanoff, Les dynasties de la Caucasie chrétienne de l'Antiquité jusqu'au XIXe siècle : Tables généalogiques et chronologiques, Rome, , p. 500.
  13. a et b (en) Nina Garsoïan, « Tigran II », dans Encyclopædia Iranica en ligne. Consulté le 16 décembre 2011.
  14. Voir « Tigrane Ier ».(Cyrille Toumanoff, Les dynasties de la Caucasie chrétienne de l'Antiquité jusqu'au XIXe siècle : Tables généalogiques et chronologiques, Rome, , p. 93).
  15. Marie-Louise Chaumont et Giusto Traina, op. cit., p. 119.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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