Art relationnel

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L'Art relationnel se réfère à un ensemble de pratiques artistiques contemporaines dont l'essence repose sur la question très vaste de la relation. Ce concept se distingue de l'esthétique relationnelle, bien que dans l'usage il y ait une confusion entre les deux concepts. En effet, l'art relationnel ne se limite pas à l'esthétique relationnelle qui se réfère à un corpus précis d'œuvres défini par Nicolas Bourriaud dans son ouvrage Esthétique relationnelle publié aux éditions Presses du réel en 1998. Cet ouvrage fort controversé est néanmoins une référence incontournable sur la question de l'art relationnel et un recueil de textes d'abord publiés dans la revue Documents sur l'art. L'objectif avoué de Bourriaud est de théoriser des pratiques contemporaines qui "pren[nent] pour point de départ théorique et/ou pratique la sphère des rapports humains". Pourtant, comme le souligne Claire Bishop dans son article « Antagonism and Relational Aesthetics », publié en 2004 dans le périodique October, les œuvres exemplifiées par Bourriaud se limiteraient à une conception consensuelle de la relation, ce qui tendrait à exclure tout un pan de l'art contemporain et actuel basé sur une conception de la relation en termes de 'dissensus' (Jacques Rancière), voire de conflit.

L’esthétique relationnelle telle que la conçoit Nicolas Bourriaud pourrait être résumée par cette phrase de son essai : « L’art est un état de rencontre ». Loin de se limiter à un art "interactif", il s'agit de montrer comment la sphère des relations humaines, au même titre que celle de la consommation dans les années 1960, reconfigure les pratiques artistiques et produit des formes originales. Les figures formelles de l'art relationnel sont la collaboration, l'entretien, la manifestation (Philippe Parreno : "No more reality", 1991), la modélisation de relations sociales ou la construction d'outils de communication (Pierre Huyghe et Melik Ohanian: "Mobile TV", 1996).

Dans l’art relationnel, l’accent est mis sur « l’expérience de la relation sociale », elle peut, ou non, se matérialiser sous forme "d’objets d’art" qui, la plupart du temps, sont à considérer comme des documents a posteriori, des « traces » (au sens de Jacques Derrida) de ces instants de rencontre.

Les principaux artistes que l’on rattache généralement à ce mouvement sont : Rirkrit Tiravanija, Dominique Gonzalez-Foerster, Vanessa Beecroft, Carsten Höller, Pierre Huyghe, Henry Bond, Angela Bulloch, Jes Brinch, Henrik Plenge Jakobsen, Maurizio Cattelan, Andrea Clavadetscher, Eric Schumacher, Liam Gillick, Douglas Gordon, Jens Haaning, Lothar Hempel, Christine Hill, Noritoshi Hirakawa, Olga Kisseleva, Peter Land, Miltos Manetas, Gabriel Orozco, Jorge Pardo, Philippe Parreno, Jason Rhoades, Santiago Sierra, Christopher Sperandio, Simon Grennan, Gillian Wearing, Kenji Yanobe, Raoul Marek, Yann Dumoget, Christian Faucouit.

La sphère de l'art relationnel constitue un des principaux enjeux artistiques de la génération des jeunes artistes des années 1990.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Esthétique relationnelle, Nicolas Bourriaud, 1998
  • Alchimie du sens: Ouvrage comportant une contribution à la défense de l'esthétique relationnelle, Jacques Lennep, 1999
  • Postproduction : La culture comme scénario : comment l'art reprogramme le monde contemporain, Nicolas Bourriaud
  • L'esthétique relationnelle médicale, Jean-François Chermann, Eric Caillon, Nicolas Bourriaud et Alberto Dasamio, 2006
  • L'œuvre-système invisible: art relationnel ou art de la relation, Fred Forest, L'Harmattan, 2006
  • La salle du monde, Édition en coffret en trois volumes (deux catalogues/video) Raoul Marek, Bernard Fibicher, Jean Christoph von Tavel, Reanate Puvogel, Jacques Dyck - Akademie Schloss Solitude Stuttgart 1994
  • Le Château d'Oiron et son cabinet des curiosités, Jean-Hubert Martin, Édition du patrimoine - monum 2000
  • Mémoires d'un artiste oublié, Sergueï Wolkonsky, Edition S. Sushi, 2011
  • "La crise de la pensée artistique contemporaine : crise de communication. L’évanescence d’une histoire de pluralisme et le déclin de l’institutionnalisme artistique" , Ramzi Turki, www.arthybris.com.

Article connexe[modifier | modifier le code]