Arria Ly

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Arria Ly
Biographie
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Arria Ly (1881-1934), née le 24 mars 1881 à Cayran dans le Lot (France), est décédée le 19 décembre 1934 à Stockholm (Suède).

De son vrai nom Joséphine Gondon, était une féministe française, active à la fin de la Belle Époque et pendant l'entre-deux-guerres.

Représentante de l'aile radicale du mouvement féministe français, elle militait pour une égalité absolue entre hommes et femmes. À côté de revendications classiques pour son époque, comme le droit au travail ou le suffrage féminin, elle revendiquait également pour les femmes le droit à l'autodéfense contre les agressions masculines[1] et militait pour le service militaire féminin et la création d'un corps d'armée de volontaires féminines[2]. Portant elle-même le révolver, elle se signala en provoquant en duel plusieurs de ses contradicteurs masculins. Elle prônait enfin, comme sa consœur Madeleine Pelletier, une virginité militante, signifiant ainsi à la fois son refus du mariage et de l'amour libre[3].

Contributions[modifier | modifier le code]

  • Elle écrit de 1902 à 1903 une chronique hebdomadaire sur le féminisme, intitulée Le Réveil du Dauphiné[4]
  • De 1905 à 1912, elle habite à Toulouse est participe à des conférences, ainsi qu'à la rédaction d'article dans divers journaux.
  • En 1908, elle est nommée rédactrice en chef de La Rénovation féministe, une extension thématique du journal parisien La Rénovation morale d'Adolphe Morel.
  • Son propre journal, édité pendant quelques mois de l'année 1912 à 1913, depuis Fronsac dans la Haute-Garonne, se nommait Combat féministe[5].

Figure Médiatique[modifier | modifier le code]

Elle s'illustre médiatiquement en engageant des duels d'honneur avec des hommes dont elle juge l'attitude irrespectueuse. Suite à la mort de son père, convaincue de la responsabilité d'un éminent médecin grenoblois dans son décès, elle le blesse légèrement à l'arme à feu. Un procès médiatisé est engagé entre les deux parties. L'accusée a recours au service de l'une des premières avocates française, Marguerite Dilhan. Elle est acquittée le 28 février 1904, mais est contrainte de quitter la ville de Grenoble[4].

Suite à cet événement elle s'installe avec sa mère dans la ville de Toulouse et y entame des démarches de visibilité militante. En 1909, elle lance entre autre une campagne locale de médiatisation afin de recueillir des signatures pour une pétition suffragiste. Les 3000 signatures obtenues sont amenées au conseil général de la Haute-Garonne. Un an plus tard elle se présente aux élections législatives.

Sa notoriété dans la presse est largement augmentée par l'aspect radical de son militantisme et dans de nombreuses revues son attitude est décriée. Plus encore, la presse de l'époque témoigne d'une certaine violence à l'égard d'Arria Ly, comme en témoigne la conclusion de cette article dans un hebdomadaire parisien de 1911 : "Mlle Ly ! Vous n'avez plus l'heureux âge, où les incartades se corrigent par les fessées. Vous avez celui où des douches fréquentes peuvent rétablir l'équilibre de l'organisme. Je me permet de vous en conseiller l'usage..." [6].

Suite à la publication de propos calomnieux à son égard, en 1911, elle défie en duel lors d'une conférence, Prudent Massat rédacteur en chef du Rappel de Toulouse[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Christine Bard, Les filles de Marianne. Histoire des féminismes. 1914-1940, Fayard, Paris, 1995, p. 41.
  2. Bard (1995), p. 142
  3. Bard (1995), p. 219.
  4. a, b et c Andrea Mansker, Dictionnaire des féministes, Presses universitaires de France, , 1e éd. (ISBN 978-2-13-078720-4)Voir et modifier les données sur Wikidata p. 72-73
  5. Bard (1995), p. 42.
  6. Rosa Larosse, Le Frou-Frou N°571, paris, , 24 p. (lire en ligne), p. 2-3