Arnaud de La Porte

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Portrait d'Arnaud II de La Porte

Arnaud II de La Porte, né à Versailles le 14 octobre 1737, ministre de la Marine 1789, intendant de la Liste civile, ministre de la Maison du roi Louis XVI, est mort guillotiné à Paris le 23 août 1792.

Biographie[modifier | modifier le code]

Arnaud de La Porte succède à son père, (Arnaud I de La Porte [1706-1770] ), en tant que magistrat financier: Il reprend la charge de Maître de la Chambre des Comptes de Paris , de commissaire de la Marine et devient Maître des requêtes au Conseil d'État en 1783 [1].

Nommé Secrétaire d'État de la Marine dans l'éphémère ministère du 12 juillet 1789[2], il émigre en Espagne, après la prise de la Bastille. Mais il est incité à rentrer en France sur l'annonce de sa nomination, le 22 décembre 1790, en qualité d' intendant de la liste civile avec le titre de secrétaire d'État et de ministre de la Maison du Roi Louis XVI. Le 3 janvier 1791, Arnaud de La Porte, rentré en France, va devoir procéder à la gestion des fonds de la Liste civile jusqu'à la chute de la royauté.

Avec Rivarol et Bertrand de Molleville, il coordonne l'effort des royalistes pour tenter de calmer les désordres de la Révolution: plus de mille-cinq-cents personnes (auteurs, chanteurs et lecteurs publics) sont employées à cet effet pour lesquelles sont dépensées plus de 200 000 livres par mois prélevées sur la cassette royale. En ce temps, La Porte crée un club appelé le « National » au carrousel. Les bureaux du Louvre occupés par l'office de la Liste civile sont le centre de stratégie où le Roi et ses fidèles discutent et lancent leurs efforts.

Après la journée des poignards du 28 février 1791, en relation avec Arnaud de La Porte et avec l'entourage du roi Louis XVI, Mirabeau, resté partisan du régime de la Monarchie constitutionnelle, se rallie secrètement à la cause royale.

Arnaud de La Porte est chargé d'apporter à l'Assemblée constituante, au lendemain de la fuite du roi à Varennes[3], la lettre dans laquelle Louis XVI justifie sa conduite et où il défend aux ministres de contresigner les décrets de l'Assemblée constituante.

Pour avoir été le distributeur des fonds destinés à financer la fuite du roi, Arnaud de La Porte est arrêté après la Journée du 10 août 1792[4]. Il est accusé d'avoir fait disparaître des documents compromettants en brûlant deux charrettes pleines de papiers ; il se défend en prétendant que les papiers en question étaient des libelles contre Marie-Antoinette (les infâmes mémoires de la comtesse Jeanne de La Mothe-Valois). Il est jugé par le tribunal criminel le 17 août 1792[5] et guillotiné le 23 août (le deuxième après Collenot d’Angremont, chef du bureau de l'Administration de la Garde Nationale, qui fut, le 21, la première victime politique, et avant le journaliste du Rozoi, exécuté le 25 )[6].

Famille[modifier | modifier le code]

La famille de La Porte est originaire du Béarn [7]. Elle est anoblie en 1764 par la charge de maître de la Chambre des Comptes de Paris exercée par Arnaud Ier de La Porte, père du futur ministre de la Marine, Arnaud II de La Porte. Ses armes portent de gueules à l'olivier arraché d'argent[8]. Elle fait partie des Familles subsistantes de la noblesse française. Elle est inscrite à l'ANF depuis 1952.

Arnaud II de La Porte est le fils d'Arnaud Ier de La Porte (1706-1770), (commissaire de la Marine, conseiller du roi en ses Conseils, sous-secrétaire d'État, maître ordinaire de la Chambre des Comptes de Paris en 1764 ) et de Marianne Pellerin de Plainville (1714-1763), fille de Joseph Pellerin de Plainville, commissaire de la Marine et numismate célèbre. Arnaud II est le père d'Arnaud-Auguste de La Porte (1781-1874), général d'artillerie, ancêtre des branches subsistantes de la famille de La Porte. Le roi Louis XVIII accorde en 1815 à l'aîné du chef et d'armes de la famille de La Porte le titre de baron à titre héréditaire.

Parmi les personnes notables de la famille, on cite Arnaud-Ferdinand de La Porte (1756-1824), évêque de Carcassonne de 1802 à 1824.

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et Références[modifier | modifier le code]

  1. Sylvie Nicolas,Les derniers Maîtres des requêtes de l'ancien Régime (1771-1789), dictionnaire prosolographique . Vol.51. 1998. Mémoires et documents de l'École des Chartes
  2. Après le renvoi de Necker, survenu le 11 juillet 1789, Louis XVI nomme un nouveau ministère sous l'autorité du baron de Breteuil:
    Ces nouvelles dispositions sont tenues secrètes jusqu'au lundi 13 juillet 1789. Mais le Ministère est dissous au retour de Necker, le 16 juillet 1789. Il n'aura duré que 3 jours!
  3. Arnaud de La Porte devait faire partie du Ministère que le roi voulait former à Montmédy, (Sylvie Nicolas, ibid)
  4. Madame Campan, première femme de chambre de la reine, Mémoires sur la vie privée de Marie-Antoinette, reine de France et de Navarre. Chez Pierre Mongie. Paris. 1823 (Troisième édition):"Le 10 août 1792, lors de la prise des Tuileries, un infâme valet de M. de La Porte vint déclarer qu'il y avait dans l'appartement de ce ministre une feuille de parquet sous laquelle se trouvaient beaucoup de papiers. Ils en furent retirés et M. de La Porte fut envoyé le premier de tous à l'échafaud, le 23 août 1792. Ce qui fera de lui la seconde victime de la guillotine révolutionnaire où il périt pour avoir trahi l'État en servant son maître et souverain"
  5. Jean-Baptiste Tourteau de Septeuil, ancien valet de chambre de Louis XVI, qui venait d'être nommé trésorier de la Liste civile, a réussi à s'échapper aux poursuites des commissaires chargés de l'arrêter en 1792. Il a survécu jusqu'en 1812
  6. Le conseiller d'État, Joseph Duruey, ancien maître des requêtes, administrateur des Finances publiques, ayant financé à titre personnel la fuite du roi à Varennes, sera guillotiné le 18 mars 1794
  7. La famille de La Porte originaire du Béarn ne doit pas être confondue avec la famille d'ancienne bourgeoisie picarde de Laporte, originaire des environs d'Amiens (Pierre-Marie Dioudonnat, Le Simili-Nobiliaire français, éditions Sédopols, 2012, page 469)
  8. Régis Valette, Catalogue de la noblesse française. Robert Laffont. 2007- page 116

Articles connexes[modifier | modifier le code]