Arnaud Danjean

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Arnaud Danjean
Arnaud Danjean en 2014.
Arnaud Danjean en 2014.
Fonctions
Député européen
En fonction depuis le
Élection 7 juin 2009
Réélection 25 mai 2014
Législature 7e et 8e
Groupe politique PPE
Conseiller régional de Bourgogne
Élection Élections régionales de 2010
Conseiller régional de Bourgogne-Franche-Comté
En fonction depuis le
Élection Élections régionales de 2015
Biographie
Date de naissance (45 ans)
Lieu de naissance Louhans (Saône-et-Loire)
Nationalité Française
Parti politique UMP
LR
Diplômé de Institut d'études politiques de Paris

Arnaud Danjean, né le à Louhans (Saône-et-Loire), est un homme politique français, membre des Républicains. Il est élu député européen lors des élections du 7 juin 2009[1], et réélu le 25 mai 2014 ; il est par ailleurs conseiller régional de Bourgogne puis de Bourgogne-Franche-Comté depuis le 21 mars 2010.

Il a présidé de 2009 à 2014 la sous-commission sécurité et défense (SEDE), qui est une sous-commission de la commission des affaires étrangères du Parlement européen. Il en est membre depuis 2014.

Il est marié et a un enfant.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et études[modifier | modifier le code]

Arnaud Danjean a passé la majeure partie de son enfance à Sornay. Son père, Christian Danjean[2], est le cofondateur, avec Jean-Luc Gros, de l'Association Sportive de Sornay en 1980.

Il effectue toute sa scolarité au lycée Henri Vincenot à Louhans, où il obtient en juin 1989 son baccalauréat section B avec une mention Très Bien.

Ce résultat lui permet de réaliser ses études de science politique à l'IEP de Paris, d'où il sort en 1992 avec un diplôme en « communication, recherche et ressources humaines ».

Il finalise ce cycle en 1993 par un DEA en sciences politiques et relations internationales à Sciences-Po.

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Au ministère de la Défense[modifier | modifier le code]

Après son service militaire effectué en tant qu'élève officier de réserve (EOR) au sein de la base de sous-marins de Toulon, il réussit le concours du ministère de la Défense, et devient fonctionnaire civil affecté à la DGSE[3],[4].

Entre 1995 et 1996, il effectue de nombreuses missions à Sarajevo, notamment durant le siège de Sarajevo et la signature des accords de Dayton.

Il devient membre permanent de l'ambassade de France à Sarajevo de juin 1996 à septembre 1998.

De retour en France, il continue de suivre les Balkans au sein du ministère de la Défense, alors dirigé par Alain Richard, et participe à ce titre aux conférences de Paix sur le Kosovo dites de Rambouillet (février/mars 1999).

À partir de juin 1999, il effectue des missions ponctuelles dans les Balkans et tous les pays d'Europe centrale et orientale.

Au ministère des Affaires étrangères[modifier | modifier le code]

En 2002, il rejoint la Représentation française auprès de l'ONU à Genève.

En 2004, il effectue une nouvelle mission au Kosovo au profit de Javier Solana, Haut Représentant de l'Union européenne pour la politique étrangère et de sécurité commune (PESC).

En 2005, il intègre le cabinet du ministre français des Affaires étrangères, Michel Barnier. Chargé des Balkans et de l'Afghanistan, il occupera, de juillet 2005 à mars 2007, les mêmes fonctions auprès de Philippe Douste-Blazy[4].

Parcours politique et mandats[modifier | modifier le code]

Arnaud Danjean, en 2009.

Il se présente aux élections législatives françaises de 2007 dans la 6e circonscription de Saône-et-Loire contre Arnaud Montebourg, député sortant. À l'occasion d'une campagne qui tournait en sa faveur à l'issue du premier tour qu'il domine en réunissant 44 % des voix contre 41,3 % pour son adversaire, Arnaud Montebourg met son retrait de la vie politique dans la balance[5]. Ce dernier l'emporte finalement au second tour avec moins de 400 voix d'avance[6].

Il est élu député européen le 7 juin 2009 pour la Circonscription Est aux élections européennes sur la liste de la Majorité présidentielle conduite par Joseph Daul (arrivée en tête du scrutin[1] avec 4 sièges, contre 2 au PS et 1 pour les listes Europe Écologie, MoDem et Front national), et élu à la tête de la Sous-commission sécurité et défense (SEDE)[7], rattachée à la Commission des affaires étrangères du Parlement européen. Il est réélu à mi-mandat à la tête de cette sous-commission SEDE le 25 janvier 2012[8].

Il est élu conseiller régional de Bourgogne le 21 mars 2010.

Candidat aux élections législatives de 2012 dans la 4e circonscription de Saône-et-Loire[9],[10] (Bresse, Val de Saône, Chalon Nord et Tournugeois)[11], il est battu au second tour par Cécile Untermaier, candidate du Parti socialiste, qui rassemble 50,4 % des suffrages[12]. Alors que le Front national avait appelé, entre les deux tours, à faire barrage à Arnaud Danjean[13], son adversaire appelle les électeurs FN à venir la rejoindre[14].

Il est désigné en janvier 2014 pour être no 2 de la liste UMP de la circonscription Est pour les élections européennes, et réélu député européen le 25 mai 2014.

Il conduit la liste de la droite et du centre en Saône-et-Loire pour la nouvelle région Bourgogne Franche-Comté en décembre 2015, et est élu conseiller régional le 13 décembre 2015.

Il soutient Alain Juppé pour la primaire présidentielle des Républicains de 2016[15].

Prises de position nationales[modifier | modifier le code]

Il annonce le 6 septembre 2012 son soutien à la candidature de François Fillon pour la présidence de l'UMP[16], avant de mettre en garde les deux candidats contre toute tentative de scission du parti qui, selon lui, serait immédiatement désavouée par les militants et cadres de l'UMP[17].

Il est cosignataire, avec Bruno Le Maire et douze autres députés, d'un appel à une révolution démocratique[18] articulé autour de cinq propositions destinées à renouveler la pratique politique française : incompatibilité entre mandat parlementaire et haute fonction publique, mandat de maire ou présidence d'un exécutif local, réduction du nombre des députés et sénateurs, limitation à trois mandats parlementaires consécutifs, ouverture accrue des fonctions électives aux citoyens[19].

Arnaud Danjean annonce le 3 juillet 2014 son soutien à Bruno Le Maire[20], qui avait initialement fait campagne sur la seule présidence de l'UMP[21].

À la suite du bon score de son candidat (29,18 % des voix, contre 64,5 % pour Nicolas Sarkozy et 6,32 % pour Hervé Mariton), Arnaud Danjean se prononce pour une candidature d'Alain Juppé pour l'Élection présidentielle de 2017, et accueille à Branges, le 28 janvier 2015, la première étape de la tournée du maire de Bordeaux[22],[23], dont il intègre l'équipe de campagne en se focalisant plus particulièrement sur les questions de défense, sécurité et affaires étrangères. Il le parraine pour sa candidature à la primaire de Républicains des 2 et 9 novembre 2016. Arnaud Danjean devient par ailleurs référent d'Alain Juppé pour la Saône-et-Loire.

Suite aux attentats de janvier et novembre 2015 en France, il met à plusieurs reprises en garde contre des réactions excessivement émotionnelles ou martiales[24], et insiste sur le triptyque renseignement-police-justice, qui doit selon lui constituer la priorité des efforts en matière de lutte antiterroriste[25]. Il plaide ainsi pour une évaluation approfondie de l’organisation de la lutte antiterroriste en France et se prononce contre la création d’une superstructure européenne, sur le modèle de la CIA américaine, chargée du renseignement[26].

Action internationale[modifier | modifier le code]

Prises de position[modifier | modifier le code]

Lors du lancement de l'opération Serval, le 11 janvier 2013, il salue la décision de François Hollande d'engager l'armée française dans la riposte à l'offensive des groupes armés islamistes du Nord-Mali, action qu'il qualifie d'inévitable, justifiée et légitime au regard des circonstances et du droit international[27]. Il regrette cependant l'inertie de l'Union européenne, qui avait pourtant adopté une stratégie pour le Sahel dès 2011, et critique à la fois les États-membres pour leur attentisme et les institutions pour leur incapacité à anticiper puis contrecarrer l'offensive des groupes armés. Il note également l'échec du gouvernement à impliquer ses partenaires qui se contentent d'un soutien diplomatique sans aide opérationnelle, ce qu'il attribue notamment au "retrait précipité" des troupes françaises d'Afghanistan[28].

S'amusant[29] des réactions de la classe politique française au moment de l'affaire Snowden (révélations sur le programme d'espionnage américain PRISM), il s'inquiète par ailleurs du risque d'effet boomerang, Washington pouvant être tenté d'allumer des contre-feux en révélant des initiatives européennes semblables ou des tentatives d'infiltration aux États-Unis d'agents de renseignement européens[30].

Interrogé sur la perspective de frappes en Syrie fin août 2013, il note que les délais et la faisabilité technique d'une intervention militaire sont moins problématiques que l'absence d'un réel processus diplomatique permettant une action tolérée par la Russie et la Chine, et critique la demande de frappes punitives sans objectif politique. L'autre dilemme, selon Arnaud Danjean, réside dans les risques de déstabilisation régionale, notamment au Liban, consécutifs à une telle action[31].

Condamnant la logique de chantage imposée à Bruxelles par Ankara, qui lie la crise des réfugiés à la relance du processus d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, il critique les ambiguïtés européenne et française et se prononce contre cette perspective[32].

Suite aux attentats de 2015 en France, il soutient les initiatives françaises au niveau européen visant à renforcer la coopération policière (Europol), l’interconnexion des différents fichiers européens (Schengen, Frontex, Europol…), ainsi que le durcissement des mesures de contrôle aux frontières extérieures de l’Union. Rapporteur pour la Commission des Affaires étrangères du Parlement européen sur le projet de directive pour la mise en place d’un fichier de surveillance des passagers aériens (PNR), il participe activement à son adoption, finalement réalisée en avril 2016.

Voyages d'étude et déplacements internationaux[modifier | modifier le code]

Il effectue fin 2007 un séjour prolongé aux États-Unis dans le cadre d’un programme du German Marshall Fund, une fondation américaine dont le but est de créer des réseaux de décideurs et de journalistes entre l'Europe et les États-Unis d'Amérique[33].

Il effectue plusieurs missions, notamment en Géorgie[34] et en Ouganda[35], ou encore en Libye en février 2012[36], en Géorgie en septembre-octobre 2012, avant les élections législatives marquées par la victoire de l'opposition[37], à l'Assemblée générale des Nations unies[38], au Mali et au Niger début avril 2013[39], et à nouveau aux États-Unis pour une série de conférences et une rencontre avec Mike Turner, Représentant républicain de l'Ohio et membre de la commission de la Défense.

Il effectue au cours de son second mandat européen d'autres déplacements internationaux : en République centrafricaine en février 2015 auprès de l'Opération Sangaris et de l'EUFOR RCA ; en Tunisie en janvier 2016 auprès du Président de la République, du Premier ministre et du Ministre de la Défense ; et en février 2016 en Arabie Saoudite et au Qatar, ou il rencontre le roi Salmane en audience royale. Il participe, à l’invitation des autorités canadiennes, à un voyage d’étude à Ottawa et Montréal avec quelques parlementaires nationaux et européens Les Républicains en avril 2016.

Il participe aux Conférences interparlementaires sur la politique de sécurité et de défense qui réunissent des représentants du Parlement européen et les commissions de la défense de tous les parlements nationaux de l’Union, la dernière ayant eu lieu en mars 2016 à La Haye.

Résolutions du Parlement européen[modifier | modifier le code]

Dans le cadre de sa présidence de la sous-commission SEDE du Parlement européen, il est le rapporteur de la proposition de résolution sur la mise en œuvre de la stratégie européenne de sécurité et la politique de sécurité et de défense commune. Le texte est adopté le 10 mars 2010[40].

Il est rapporteur d'une seconde proposition de résolution sur la mise en œuvre de la politique de sécurité et de défense commune[41], qui est adoptée par le Parlement européen le 22 novembre 2012[42] par 442 voix contre 92 et 75 abstentions.

Présenté au vote le 3 avril 2014, son rapport sur l'approche globale de l'Union et ses répercussions sur la cohérence de l'action extérieure de l'Union[43] est adopté par 492 voix contre 94.

Publications[modifier | modifier le code]

Il commente en 2007 dans la revue Cités la Déclaration des musulmans européens du reis-ul-ulema de Bosnie-Herzégovine Mustafa Cerić[44].

Il publie le 12 janvier 2012[45], aux côtés notamment de Benoist Apparu, Chantal Jouanno, Franck Riester, Salima Saa, Valérie Debord, le livre numérique Chapitre 2012 dans lequel il signe l'article « Europe, un acquis précieux et une ambition nécessaire… »[46].

Il signe en janvier 2013, dans la Revue Défense nationale, l'article « Entre tentation du repli et fatalisme du déclin : l’Europe face à ses responsabilités »[47].

Distinctions et décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Résultats de la circonscription Est »
  2. Le stade de Sornay a été baptisé, le 19 octobre 2013, stade Christian Danjean : Le stade Christian-Danjean, en hommage au pionnier, Le Journal de Saône-et-Loire - 21 octobre 2013
  3. "Arnaud Danjean : il faut démystifier la DGSE", Le Bien Public (repris par Spyworld actu), 10 décembre 2008
  4. a et b « Arnaud Danjean, en mission dans la Bresse - Le Monde du 30 mai 2007 »
  5. Arnaud Montebourg a affirmé "Si je suis battu, j'arrêterai la politique" - JDD du 5 juin 2007
  6. Résultats de la 6e circonscription de Saône-et-Loire
  7. Membres de la sous-commission SEDE - Sécurité et défense - du Parlement européen
  8. PV de réunion de la Commission SEDE - 25 janvier 2012
  9. Circonscription correspondant en grande partie à l'ancienne 6e circonscription de Saône-et-Loire, supprimée lors du redécoupage des circonscriptions législatives de 2010, et à quelques communes de l'ancienne 5e circonscription de Saône-et-Loire, dont Chalon Nord.
  10. Cantons et circonscriptions de rattachement des communes de Saône-et-Loire à la suite du redécoupage de 2010
  11. L’agenda de campagne des candidats - Le JSL du 10 février 2012
  12. Résultats de la 4e circonscription de Saône-et-Loire
  13. Le Front national ne souhaite pas l'élection d'Arnaud Danjean - Le JSL du 14 juin 2012
  14. Une minute pour convaincre, Cécile Untermaier - Le JSL du 14 juin 2012
  15. Ludovic Vigogne, « Primaire à droite: la liste des premiers soutiens parlementaires », lopinion.fr, 20 avril 2016.
  16. Le JSL du 7 septembre 2012
  17. Libération du 7 décembre 2012
  18. Le JDD, Le Maire : "Il n'y a qu'une seule droite", 1er juin 2013
  19. Site internet de Bruno Le Maire, pétition pour une révolution démocratique
  20. Le JDD, Arnaud Danjean soutiendra Bruno Le Maire, 3 juillet 2014
  21. Il avait notamment déclaré à Tournus en octobre 2014, en présence d'Arnaud Danjean : « il ne faut pas se tromper de scrutin, le 29 novembre nous élirons le Président de l'UMP, ce n'est pas les élections présidentielles de 2017 » (...) « Il ne faut pas mélanger les échéances... » : Info-chalon.com, Candidat à la Présidence de l'UMP, Bruno Le Maire rencontre les militants de Saône-et-loire à Tournus, 17 octobre 2014
  22. Info-chalon.com, En Saône et Loire, Alain Juppé fixe son cap... vers l'Élysée, 28 janvier 2015
  23. Le Monde, Alain Juppé entre en primaire, 29 janvier 2015
  24. L'Opinion, Arnaud Danjean : Prenons garde à ce que l’émotion ne nous conduise pas au naufrage stratégique", 15 novembre 2015
  25. Le Figaro, Arnaud Danjean : "Pour surveiller 4000 suspects de terrorisme, il faudrait 40.000 policiers", 26 juin 2015
  26. Libération, Arnaud Danjean : "Une agence européenne n’est ni réaliste ni souhaitable", 25 novembre 2015
  27. Site internet d'Arnaud Danjean, 11 janvier 2013
  28. Le Figaro du 21 janvier 2013
  29. Tweet du 30 juin 2013
  30. Jean-Dominique Merchet, L'Opinion, 2 juillet 2013
  31. France Inter, Journal de 13h du 26 août 2013
  32. Le Figaro, Arnaud Danjean : "Il faut sortir de l'ambiguïté sur l'adhésion de la Turquie à l'Europe", 21 octobre 2015
  33. Site internet officiel d'Arnaud Danjean, Page "Mon parcours"
  34. French MEP M. Arnaud Danjean visits EUMM HQ
  35. EUTM : la mission doit continuer mais évoluer pour Arnaud Danjean
  36. RFI - 17 février 2012
  37. Parlement européen, Relations extérieures - 2 octobre 2012
  38. Site internet d'Arnaud Danjean
  39. Le Journal de Saône-et-Loire - 11 avril 2013
  40. La mise en œuvre de la stratégie européenne de sécurité et la politique de sécurité et de défense commune (P7_TA(2010)0061)
  41. Projet de rapport sur la mise en œuvre de la politique de sécurité et de défense commune
  42. Textes adoptés le 22 novembre 2012 - Strasbourg - Mise en œuvre de la politique de sécurité et de défense commune
  43. L'approche globale de l'Union et la cohérence de l'action extérieure de l'Union - 3 avril 2014 - Bruxelles
  44. Commentaire d'Arnaud Danjean sur la Déclaration des musulmans européens de Mustafa Cerić, Cités no 32, 2007/4
  45. La jeune garde de l'UMP veut (aussi) peser - Le Point du 12 janvier 2012
  46. http://www.chapitre2012.com/proposition/arnaud-danjean#/page/1
  47. http://www.defnat.fr/site_fr/archives/res_auteurs.php?caut=4360 Revue de la Défense nationale, no 756, janvier 2013

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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