Armoise annuelle

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Artemisia annua

Artemisia annua, l'armoise annuelle ou absinthe chinoise, est une espèce de plantes dicotylédones de la famille des Asteraceae, sous-famille des Asteroideae, originaire de l'Ancien Monde (Eurasie, Afrique du Nord), anciennement introduite et naturalisée dans les régions tempérées d'Amérique. et depuis 1991 en Afrique sub-saharienne et en Amérique latine[2].

Ce sont des plantes herbacées annuelles, glabres, utilisées en médecine traditionnelle chinoise pour lutter contre les fièvres[3] et les virus. L'armoise annuelle contient plusieurs substances actives[4] dont l'artémisinine, efficaces pour lutter contre les parasites du genre Plasmodium, qui sont les agents du paludisme.

Des études et des tests, en cours dans plusieurs pays, pourraient prouver que l'armoise est efficace dans le traitement contre la Covid-19[5],[6]. Elle est présente dans la pharmacopée chinoise depuis plus de 2 000 ans[7].

Description[modifier | modifier le code]

Artemisia annua est une plante herbacée annuelle, très ramifiée, fortement aromatique, pouvant atteindre 1,6 m de haut (voire 3 m). La plante est d'abord faiblement pubérulente et raidement glabre.

Les feuilles, parsemées de glandes, de forme générale ovale ou triangulaire, ont un limbe finement découpé, pennatipartite ou pennatiséqué[8].

Les fleurs sont groupées en capitules nombreux, brièvement pédonculés, sous-tendus par un verticille de bractées, eux-mêmes groupés en panicules de 15 cm de long sur 8 cm de large Les capitules sont entourés d'un involucre globuleux de 1,5 à 2,5 mm de diamètre. Ils comptent 10 à 178 fleurons marginaux femelles et 10 à 30 fleurons centraux bisexués à corolle jaune ou jaune foncé. Les fruits sont des akènes ellipsoïdes-ovoïdes[8].

La floraison est estivale. On la trouve dans tous les terrains vagues (y compris au milieu des habitations) des zones tempérées chaudes.

L'espèce est diploïde (2n = 2x = 18)[8].

Confusion possible[modifier | modifier le code]

L'armoise annuelle peut être confondue avec l'ambroisie (Ambrosia artemisiifolia), espèce d'un genre voisin, reconnue comme l'une des premières causes d'allergies polliniques (y compris cutanées). Les feuilles de l'armoise annuelle sont très divisées, de couleur vert clair, et l'odeur est très forte quand on les froisse entre les doigts, tandis que celles de l'ambroisie n'ont aucune odeur.

Taxinomie[modifier | modifier le code]

Synonymes[modifier | modifier le code]

Selon The Plant List (24 novembre 2018)[1] :

  • Artemisia annua f. annua
  • Artemisia chamomilla C.Winkl.

Liste des variétés[modifier | modifier le code]

Selon Tropicos (24 novembre 2018)[9] :

  • Artemisia annua var. zelandica Lam.

Intérêt thérapeutique[modifier | modifier le code]

Médecine traditionnelle[modifier | modifier le code]

En médecine traditionnelle chinoise (en chinois : qinghao (青蒿) ou duang hua hao (黄花蒿)[10], la tisane d'armoise annuelle est utilisée traditionnellement pour traiter la fièvre[11].

L'armoise annuelle est utilisée sous forme de tisane comme complément alimentaire et dans le traitement de nombreuses maladies telles que des dermatites ou le paludisme mais elle est déconseillée pendant la grossesse.

Principes actifs[modifier | modifier le code]

Les principes actifs de l'artemisia annua, l'artémisinine et plusieurs de ses dérivés chimiques (artésunate, artéméther) sont indiqués par l'OMS, notamment dû à P. falciparum[12],[13]. L'action pharmacologique serait liée à la fonction peroxyde de la molécule qui peut libérer des espèces réactives de l'oxygène ou radicaux oxydants délétères pour les parasites. La présence de fer dans l'hémoglobine des globules rouges favorise cette action.

L'artémisinine, l'artésunate et l'artéméther sont inscrits sur la liste des médicaments essentiels de l'OMS, notamment pour le traitement contre du paludisme[14].

Des études scientifiques confirment cette propriété[15] et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) tend à réglementer les programmes de soins et de culture[16] et se prononce pour le retrait partout dans le monde des monothérapies à base d'artémisinine par voie orale qui sont le facteur majeur favorisant l'émergence de souches de Plasmodium résistantes à l'artémisinine. En effet, sous forme de poudre, séchée ou en infusion, l'armoise annuelle n'a aucun taux garanti d'artémisinine et donc aucune efficacité thérapeutique constante non plus. Au contraire, les formes par voie rectale ou par injection sont encouragées[17],[18]. Si l'artémisinine a été identifiée comme un principe actif de la plante, l'administration d'un extrait sec des parties aériennes de la plante à des rats infestés tend à ralentir l'apparition d'une résistance par rapport à l'administration de la molécule pure[19] ; cela indique la présence d'autres composés efficaces sur certaines espèces de Plasmodium et synergique avec l'artémisinine. Aussi, un grand nombre de personnes ayant été malades de longue date déclarent avoir été totalement guéries après une cure consistant à boire la plante en infusion [20].

Sur son site la Maison de l'artemisia publie toutes les études scientifiques sur les bienfaits de la plante et particulièrement celles faites in vivo depuis vingt ans[21].

Contre le cancer de la prostate[modifier | modifier le code]

En 2015 des chercheurs allemands publie dans la revue Elsevier le résultat de leurs essais d'artemisine et d'extraits d'artemisia sur le cancer de la prostate[22].

Contre le SRAS[modifier | modifier le code]

En Chine, les plantes médicinales ont été fréquemment utilisées en conjonction avec la médecine conventionnelle pour traiter le SRAS. « Quatre des extraits de plantes étudiées, dont l'artemisia annua, ont montré des effets d'inhibition significatifs »[23].

Contre le paludisme[modifier | modifier le code]

En France une orthodontiste de la région parisienne Lucile Cornet-Vernet travaille à la promotion de l'artemisia annua ; elle fonde en 2013 l'association La Maison de l'Artemisia, "Son travail consistant à prouver médicalement l'efficacité de ces plantes et organiser un réseau de cultures dans les campagnes et de commercialisation dans les villes"[24].

En Éthiopie, l'hôpital de Tulu Bolo mène, en octobre 2014, des recherches sur l'artemisia en vue de remplacer la traditionnelle quinine[25],[26]. La médication est administrée sous forme d'artésunate[27],[28].

Le 22 juillet 2015 parait dans The International Journal of Biological and Chemical Sciences une "Étude de l’efficacité et de la tolérance d’une tisane à base de Artemisia annua L. (Asteraceae) cultivée au Bénin pour la prise en charge du paludisme simple", faite par un groupe de chercheurs universitaires africains et belges, qui conclut : "Il ressort de notre étude que la tisane de Artemisia annua L. (Asteraceae) obtenue au Bénin a une capacité d’action sur Plasmodium falciparum avec un taux d’efficacité supérieur à 95%, taux retenu par l’OMS pour valider un traitement"[29],[30].

En mai-juin 2019 parait dans le Bulletin de l'Académie Nationale de Médecine un communiqué s'alarmant des traitement du paludisme par des feuilles d’Artemisia"[31].

Molécule d'artémisinine
Molécule d'artémisinine

Les travaux de Tu Youyou de l'Académie de la médecine traditionnelle chinoise[modifier | modifier le code]

Les travaux de Tu Youyou sur le paludisme et l'Armoise annuelle sont récompensés d'un prix Nobel de physiologie ou médecine en 2015. Cette scientifique et son équipe se sont plongés dans les recettes de la médecine ancestrale chinoise ; en 1972, ils isolent l'artémisinine, principe actif de l'armoise. Actuellement, l'artémisinine est toujours prescrite avec d'autres antipaludiques pour éviter les phénomènes de résistance, selon les recommandations de l'OMS. [32]

Les recherches du docteur congolais Jérôme Munyangi[modifier | modifier le code]

Le médecin chercheur congolais Jérôme Munyangi est le principal spécialiste africain de l’artemisia. Diplômé en médecine à l’Université de Kinshasa, il a obtenu un Master à l’Université Paris Diderot et un autre à l’Université d’Ottawa. En 2011, il est recruté par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme chercheur sur les maladies tropicales négligées[33]. Il apparaît dans le documentaire Malaria Business. Les laboratoires contre la médecine naturelle ?[34] où il défend les bienfaits de l'artemisia prise en tisane : il "affirme qu’une étude sur 1 000 patients avait prouvé que les tisanes d’Artemisia étaient plus efficaces que les médicaments conventionnels contre le paludisme, les ACT (combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine), recommandés par l’OMS". Il a expérimenté les bienfaits de la plante sur lui-même lors d'une grave crise de malaria.

Dans Malaria Business[35], il est affirmé que ce n'est pas seulement l'artémisinine qui a des propriétés anti-paludiques, mais de nombreux autres principes contenus dans artemisia annua ainsi que dans artemisia afra. Cette dernière ne contiendrait d'ailleurs pas d'artémisinine. Ainsi il convient donc de consommer la plante in totum et non de se suffire de ses principes actifs isolés.[réf. nécessaire]

Publications[modifier | modifier le code]

En avril 2019, Jérôme Munyangi cosigne un article sur les Infusions de thé d'Artemisia annua et Artemisia afra dans le traitement du paludisme à Plasmodium falciparum dans un essai clinique randomisé à grande échelle en double aveugle, mené avec un groupe de chercheurs à Paris, en Belgique, au Congo, au Luxembourg et aux États-Unis, qui paraît dans la revue scientifique Elsevier[36]. En août 2020, ces deux articles scientifiques coécrits avec Lucile Cornet-Vernet et Christian Perronne parus en 2018 et 2019[37],[38] rapportant les résultats d'études cliniques prétendant démontrer les bénéfices de la tisane d'Artemisia annua dans les traitement du paludisme et de la bilharziose, sont rétractés par l'éditeur de la revue Phytomedicine devant des anomalies majeures concernant ces deux études et l'absence de réponse "raisonnable" des auteurs selon la notice de rétractation. L'histoire de ces deux essais a été décrite en détail par le site Web retraction watch[39]. Cependant, le même mois, l'OMS donne des détails sur l'utilisation de ce produit, et comment certains phénomènes de résistance peuvent être évités[40].

C'est ainsi que l’article scientifique qui avait valu à Jérôme Munyangi sa notoriété dans le traitement du paludisme par l’artemisia est retiré par la revue Elsevier qui l’avait publié[41].

À la suite de la diffusion du film Malaria Business, le chercheur subit des intimidations et des menaces de revendeurs de médicaments antipaludéens travaillant pour des laboratoires pharmaceutiques indiens et chinois, il doit demander l'asile à la France en juin 2019[42].

Revendications de l'efficacité contre la Covid-19[modifier | modifier le code]

En Chine[modifier | modifier le code]

Dans le cas du Covid-19, la posologie chinoise indique 400 ml de décoction contenant 10 à 12 g de feuilles et tiges d’Artemisia annua sèche par jour – soit deux poignées pour la quantité d’eau fixée. "Pour être efficace, la préparation doit être réalisée chaque jour et être consommée dans les 24 heures. Le traitement démarre dès les premiers signes de la maladie et doit être poursuivi pendant la durée des symptômes"[43].

Elle est utilisée pour les symptômes de difficulté respiratoire modérée, susceptibles d'aggravation entraînant la mise en place en service de réanimation sous respirateur artificiel[44].

Cependant, malgré des rapports anecdotiques sur l'utilisation d'Artemisia annua contre la Covid-19 en Chine, il n'y a aucune preuve claire de l'efficacité de cette infusion contre l'infection, et aucune étude clinique n'a été menée[45],[46].

Le Covid-Organics de Madagascar[modifier | modifier le code]

En , le président de Madagascar, Andry Rajoelina, lance le Covid-Organics, une tisane à base d'A. annua, il recommande le produit comme traitement pour les patients atteints de la Covid-19 et déclare que le retour des élèves aux écoles ( fermées pendant la pandémie) serait conditionné à sa consommation.

Le docteur Benjamin Djoudalbaye, chef de la Division politique et diplomatie de la santé et communication du Centre de contrôle et de prévention des maladies de l’Union africaine, affirme que l’Union africaine réfléchit sur le dossier Covid-Organics à ce que "ce remède traditionnel amélioré découvert par l’Institut malgache de recherches appliquées (IMRA) puisse obtenir le feu vert de l’Organisation Mondiale de la Santé, et bénéficier ainsi d’une reconnaissance internationale"[47].

Depuis le mois de mai 2020, l’IMRA ( l’Institut malgache de recherches appliquées) prépare une forme injectable pour les patients en détresse respiratoire.

Le Covid-Organics, dont le nom est changé en Tambavy CVO pour les Malgaches, est, depuis juillet 2020, disponible en sachets-doses dans toutes les pharmacies de la capitale malgache[48].

Vendredi 2 octobre, à Antananarivo, le président Andry Rajoelina inaugure Pharmalagasy, une nouvelle usine pharmaceutique pour fabriquer les gélules de CVO PLUS qui contient « 100g d’artemisinine (dérivé de l’Artemisia) ainsi de l’extrait de ravintsara, une plante avec des vertus thérapeutiques de Madagascar »[49]. Les tests in vivo et in vitro des produits "ont été réalisés avec la contribution du Centre national d’application de recherche pharmaceutique (CNARP)".

Au Tchad[modifier | modifier le code]

En mai 2020, le Comité scientifique du Tchad valide l'insertion du Covid-Organics dans le protocole de traitement de ses malades. L'annonce est faite à l'Assemblée nationale par le professeur Mahamoud Youssouf Khayal, ministre tchadien de la Santé publique. Ce pays reçoit 1 200 doses de Tambavy CVO venant de Madagascar dont 600 traitements curatifs et 600 traitements préventifs. "Les 600 doses curatives ont été réparties dans tous les hôpitaux du Tchad, hébergeant des malades du Covid-19"[50].

En Tanzanie[modifier | modifier le code]

1.800 doses de Covid-Organics, dont 600 traitements curatifs et 1.200 traitements préventifs sont offertes à la Tanzanie par Madagascar[51].

En République démocratique du Congo[modifier | modifier le code]

En mai 2020, Félix Tshisekedi, le président de la République démocratique du Congo (RDC) se montre très intéressé par les travaux de recherche sur le paludisme et les projets sur le Covid-19[52], et invite Jérôme Munyangi à rentrer dans son pays pour organiser la coordination de ces recherches et réaliser les essais cliniques urgents qui s’imposent. "Des recherches complémentaires devront également être conduites dans les domaines de la biochimie, de la biologie et de la pharmacocinétique"[43].

Le 27 mai, accompagné de Roger Kambadu, conseiller spécial chargé de la lutte contre le Covid-19, le jeune médecin arrive pour une mission officielle à Brazzaville, siège régional de l’OMS. "L’agence onusienne a assoupli sa position le 4 mai en évoquant la plante « comme l’un des traitements possibles contre le Covid-19 » et le jeune chercheur a été invité à discuter du « protocole artémisia » et de la collaboration de l’OMS sur les essais cliniques."[52]. Avec le soutien de sportifs comme les footballeurs Claude Makélélé ou Blaise Matuidi, une opération de financement participatif pour pousser la recherche est lancée.

Le 15 juin 2020, le Comité National d’Éthique de la Recherche de la Santé de la RDC (CNES) autorise Jérôme Munyangi à procéder à l’essai clinique d'Artemisia annua à l’Hôpital de Monkole à Kinshasa pour la période allant du 15 juin 2020 au 14 juin 2021[53].

En novembre 2020 la "Fondation Docteur Jérôme Munyangi", engagée dans la création d’un Centre de Recherche, grâce au financement du Fonds de promotion pour l’industrie (FPI), annonce la plantation d'artemisia sur une superficie de 60 hectares sur la Nationale numéro 1 à Menkao, dans la commune de Maluku[54].

Études en Allemagne[modifier | modifier le code]

Le mercredi 24 juin, l'Institut Max-Planck de recherche sur les colloïdes et interfaces (en) [55] de Potsdam en Allemagne annonce que "des extraits d'Artemisia séchée se sont révélés efficaces, en laboratoire, pour lutter contre le virus Covid19" et que "des essais cliniques sont sur le point d'être lancés aux États-Unis et au Mexique sur des patients atteints du coronavirus". Dès l’apparition du Covid-19, Peter Seeberger, le directeur de l’Institut, avait décidé, en janvier, "de mener des tests moléculaires pour faire réagir la plante et son principe actif contre des cellules infectées par le virus"[56].

Études aux États-Unis[modifier | modifier le code]

En collaboration avec les chercheurs allemands et la société d'agriculture américaine ArtemiLife[57], les départements médecine et pharmacie de l'université du Kentucky, ainsi que le UK’s Markey Cancer Center font des essais de la plante sur le virus[6].

Au Cameroun[modifier | modifier le code]

L'Herbier National a mis sur pied, à l'issue de la réunion interministérielle sur la pharmacopée traditionnelle tenue au MINRESI le 15 juin 2020, la production d'artemisia afin de la distribuer aux populations pour combattre efficacement le coronavirus et le paludisme à moindre coût. La docteure Madeleine Tchuinte, Ministre de la recherche scientifique et de l’innovation, a distribué des plants d’artemisia aux députés en décembre 2020, au palais des Congrès de Yaoundé, le 11 décembre 2020, lors de la séance plénière de clôture de la session budgétaire[58].

Les avis fluctuant de l'OMS[modifier | modifier le code]

Après avoir émis d’importantes réserves sur les effets de l'artemisia annua[59], le directeur général de l’OMS a fini par accepter d’inclure le Covid-Organics dans les essais cliniques du programme Solidarity Trial[60]. Et, le , « l'OMS reconnaît que la médecine traditionnelle, complémentaire et alternative recèle de nombreux bienfaits. L'Afrique a d'ailleurs une longue histoire de médecine traditionnelle et de tradipraticiens de santé qui jouent un rôle important dans les soins aux populations »[61]. « Des plantes médicinales telles qu'Artemisia annua sont considérées comme des traitements possibles de la Covid-19, mais des essais devraient être réalisés pour évaluer leur efficacité et déterminer leurs effets indésirables »[61].

Production[modifier | modifier le code]

Culture[modifier | modifier le code]

Actuellement, la possibilité principale de se procurer de l'artémisinine pour la fabrication de médicaments est la récolte de plantes cultivées d'Artemisia annua, mais il est à noter qu'il y a des difficultés de culture en zone tropicale rendant le processus très complexe. En effet, les grandes différences de teneur en artémisinine en fonction du sol, de la période et des conditions de récolte, de séchage et de stockage rendent difficile la standardisation et donc la garantie d'efficacité de la plante utilisée en tisane. Le paludisme étant potentiellement mortel, il est des plus importants que l’efficacité soit certifiée. Toutefois, la présence dans la plante de plusieurs produits actifs contre la malaria atténue les problèmes créés par la variation des concentrations des composants.[62]

La récolte chinoise bien que déterminante pour les sociétés pharmaceutiques est devenue insuffisante. Des cultures sont également en place en Europe de l'Ouest (principalement sur le pourtour des Alpes). Une production africaine s'y ajoute. Artemisia annua verdit au Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Burundi, Cameroun, au Togo, au Nigeria, au Kenya, au Rwanda, en RDC, en Tanzanie, en Ouganda et à Madagascar. Deux projets d'envergure ont vu le jour, en 2006, en Afrique de l'Est pour la culture d'Artemisia annua et la fourniture d'artémisinine : East African Botanicals au Kenya, Ouganda et Tanzanie (un millier d'hectares répartis sur ces 3 pays) et Bionexx à Madagascar (600 ha).

Des jardins scolaires[63] ont été créés dans plusieurs des pays membres du réseau belge IDAY-International [64] comme le Cameroun où IDAY a lancé, avec le soutien de la Fondation Turing[65], un vaste programme de jardins scolaires "avec des plantes nutritives et médicinales dont l’Artemisia annua"[66].

Des "maisons de l'artemisia" ont été créées pour développer des variétés adaptées au climat tropical[67].

La société américaine ArtemiLife Inc cultive l'artemisia annua[68] pour les essais thérapeutiques menés aux États-Unis.

Au Nigeria, l'unité de recherche A-Z Biotechnology déclare mettre au point un médicament à base d'artemisia capable de prévenir et soigner la Covid-19, à base d'une variété nigériane à haute teneur en artémisine (4.8%)[69].

Artemisia vendue sur internet[modifier | modifier le code]

En mai 2020, l’ANSM fait une notice de mise en garde « contre les produits présentés sur Internet comme des solutions au COVID-19, dont l’Artemisia annua », et interdit à plusieurs opérateurs de commercialiser des produits contenant de l’Artemisia annua en 2015 et 2017[70]. En août 2020, l’OMS « appelle à une extrême prudence vis-à-vis de ces informations vantant l’efficacité de tels produits »[71].

Productivité[modifier | modifier le code]

  • Plante fraîche entière : ~ 30−35 t/ha
  • Plante sèche entière : ~ 10 t/ha
  • Feuilles sèches : ~ 2,5−3 t/ha
  • Teneur en artémisinine des feuilles sèches : ~ 1,3 %

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b The Plant List, consulté le 24 novembre 2018
  2. Organisation Mondiale de la Santé, « Conférence sur l'artemisinine - Madagascar », Rapport de conférence,‎ 12-14 octobre 2010, p. 1
  3. (en) « Hard to swallow - Is it possible to gauge the true potential of traditional Chinese medicine? », Nature, vol. 448,‎ , p. 105-106 (DOI doi:10.1038/448106a, lire en ligne, consulté le 24 novembre 2018).
  4. (en) Pierre Lutgen, Compendium, Luxembourg, Malaria World, , 563 p., p.9
  5. https://www.mpikg.mpg.de/6282977/news_publication_14663263_transferred?c=6443396
  6. a et b http://research.med.uky.edu/news/artemisia-annua-could-be-promising-treatment-covid-19
  7. Du traitement du paludisme au Covid-19, pourquoi les vertus de l'artemisia intéressent les Africains
  8. a b et c (en) « 40. Artemisia annua Linnaeus, Sp. Pl. 2: 847. 1753.  », sur Flora of China (consulté le 24 novembre 2018).
  9. Tropicos.org. Missouri Botanical Garden., consulté le 24 novembre 2018
  10. (en) Elisabeth Hsu et Stephen Harris, Plants, Health and Healing : on the interface of ethnobotany and medical anthropology, Oxford, Berghahn, , 316 p. (ISBN 978-1-84545-060-1, notice BnF no FRBNF42144324), pp. 114
  11. (en) « Hard to swallow », Nature, vol. 448, no 7150,‎ , p. 106–106 (ISSN 1476-4687, DOI 10.1038/448106a, lire en ligne, consulté le 21 mars 2020)
  12. Base de données publique des médicaments, HAS, CNAM, « Résumé des caractéristiques du produit - RIAMET 20 mg/120 mg, comprimé » (consulté le 27 décembre 2019)
  13. Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, « MALACEF 60 mg - ATU » (consulté le 27 décembre 2019)
  14. (en) Organisation mondiale de la Santé, « WHO Model List of Essential Medicines, 21st List (2019) » [PDF], (consulté le 27 décembre 2019), p. 65
  15. Conjuguer les efforts pour lutter contre le paludisme, UniversScience.fr 12/01/2004
  16. « L'OMS publie des lignes directrices en matière de culture de la plante essentielle utilisée dans les médicaments antipaludiques », sur http://www.who.int, (consulté le 28 octobre 2018)
  17. Organisation mondiale de la Santé, « Paludisme : Retrait des monothérapies à base d'artémisinine par voie orale », Organisation mondiale de la Santé,‎ (lire en ligne, consulté le 12 décembre 2020).
  18. Camille Gaubert, « Question de la semaine : qu'est-ce que l'Artemisia et pourquoi l'OMS ne la recommande pas ? », Sciences et Avenir,‎ (lire en ligne, consulté le 12 décembre 2020).
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  24. https://www.leparisien.fr/oise-60/mortefontaine-60128/depuis-mortefontaine-elle-lutte-contre-le-paludisme-09-01-2018-7491687.php
  25. Paludisme : une plante chinoise aux vertus spectaculaires
  26. Paludisme: Une plante chinoise fait naître l'espoir en Afrique
  27. 'When people come with severe malaria, it is like a race against time'
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  29. Vol. 9 No. 2 (2015) [2]
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  32. HuffPost, Sandra Lorenzo, Prix Nobel : la médecine chinoise traditionnelle récompensée dans les travaux de Tu Youyou sur le paludisme, 05/10/2015 15:00 | Actualisé octobre 5, 2016
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  37. (en) Jérôme Munyangi, Lucile Cornet-Vernet, Michel Idumbo et Chen Lu, « RETRACTED: Effect of Artemisia annua and Artemisia afra tea infusions on schistosomiasis in a large clinical trial », Phytomedicine, vol. 51,‎ , p. 233–240 (ISSN 0944-7113, PMID 30466622, PMCID PMC6990975, DOI 10.1016/j.phymed.2018.10.014, lire en ligne, consulté le 16 août 2020)
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  40. Q&A on artemisinin resistance
  41. https://www.tsieleka.com/index.php/2020/08/18/rdc-le-journal-elsevier-retire-larticle-scientifique-du-dr-jerome-munyangi-sur-lartemisia/
  42. "Paludisme : un chercheur congolais se réfugie en France, s’estimant inquiété pour ses travaux", Le Monde. 08 juillet 2019 [5]
  43. a et b Coronavirus : « Enfin, le monde s’intéresse à l’artemisia ! », Olivier Marbot, Jeune Afrique, 11 mai 2020[6]/
  44. Société Française d'Ethnopharmacologie: Note sur Artemisia annua ou « armoise chinoise »
  45. « Personne n'a d'éléments prouvant l'efficacité de l'artemisia contre le Covid-19 », sur RFI, (consulté le 22 avril 2020)
  46. (en-US) « Madagascar’s president promotes unproven herbal cure for COVID-19 », sur Mongabay Environmental News, (consulté le 22 avril 2020)
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  48. https://housseniawriting.com/accueil-forum/topic/tambavy-cvo-en-sachet-dosette-doses-et-comment-lutiliser/
  49. https://www.aa.com.tr/fr/afrique/madagascar-covid-19-lancement-des-g%C3%A9lules-cvo-plus-%C3%A0-base-d-artemisia-/1996216
  50. http://www.midi-madagasikara.mg/politique/2020/05/20/covid-organics-lunion-africaine-contacte-madagascar/
  51. http://www.midi-madagasikara.mg/politique/2020/05/09/tambavy-cvo-dons-de-1-800-doses-pour-la-tanzanie/
  52. a et b Laureline Savoye, « Jérôme Munyangi, en quête de 2 millions d’euros pour lancer son « protocole artémisia » », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 31 octobre 2020).
  53. « COVID-19 : l'État congolais autorise l'essai clinique du remède traditionnel du Dr. Munyangi Jérôme à l'Hôpital de Monkole - LIBERTÉ PLUS », sur LIBERTÉ PLUS, (consulté le 31 octobre 2020).
  54. https://www.mediacongo.net/article-actualite-79821_dr_jerome_munyangi_s_est_engage_dans_la_plantation_de_l_artemisia_et_la_creation_d_un_centre_de_recherche.html.
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  57. "qui transforme les anciens champs de tabac du Kentucky en plantations d’artemisia".https://www.msn.com/fr-fr/actualite/monde/artemisia-la-plante-miracle-agit-sur-le-covid19/ar-BB15S2Ui
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  69. https://dailytrust.com/nigerian-researchers-develop-drugs-for-covid-19-from-artemisia-plant
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  71. https://www.who.int/fr/news-room/q-a-detail/malaria-and-the-covid-19-pandemic

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Barbara Blanc, Bernard Weniger et Jean-Pierre Nicolas, Réflexions autour de la culture d'Artemisia annua et de la production d'artémisinine, Ethnopharmacologia, no 41, 82-88, 2008.
  • Lucile Cornet-vernet, Laurence Couquiaud et Jean-Louis Lamboray, Artemisia : une plante accessible à tous pour éradiquer le paludisme, Actes Sud, coll. « Domaine du Possible », , 186 p. (ISBN 978-2-330-11114-4).

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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