Armengaud Blaise

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Armengaud Blaise
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Armengaud Blaise ou Armengaud de Blaise (en latin Armengaudus ou Armengaldus Blasii Monspeliensis), né à Montpellier vers 1264, mort en 1312, est un médecin et traducteur de textes de l'arabe et de l'hébreu au latin.

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Il était le neveu d'Arnaud de Villeneuve, soit par la sœur de ce dernier, soit par son épouse. Il passa les quarante premières années de sa vie dans sa ville natale, où il se maria vers 1290. Il eut au moins deux fils. De 1304 à 1308, il fut à Barcelone le médecin du roi Jacques II. En rapport avec le pape Clément V à partir de 1307, il alla peut-être à Avignon en 1309. Le pape octroya des bénéfices ecclésiastiques à ses fils.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Comme son oncle, il connaissait l'arabe et l'hébreu et se rendit célèbre par ses traductions.

  • Translatio canticorum Avicennæ cum commento Averrois (1283) : traduction de l'Urdjuza fi-tib (Poème sur la médecine), en 1 300 vers, d'Avicenne, avec un commentaire d'Averroès ;
  • Liber Galieni de cognitione propriorum defectuum et vitiorum ;
  • Translatio tractatus Moisis Maimonidis de medicinis contra venena ;
  • Tractatus Profacii Judæi sapientis astronomi super quadrantem novum : traduction, réalisée en 1290 sous la dictée et le contrôle de l'auteur, d'un traité sur le quadrant rédigé en hébreu en 1288 par le savant juif Jacob ben Makhir ibn Tibbon, dit Profeit (ou Profiat) Tibbon, en latin Profacius (v. 1236-v. 1305)[1] ;
  • Translatio tractatus Moisis Maimonidis de regimine ægrorum et sanorum, et specialiter de asmate (1294) ;
  • Translatio Œconomicæ Galieni (vers 1300) : traduction d'un traité grec d'économique attribué à Bryson dans le monde arabe, dont il nous reste aussi des versions arabe et hébraïque[2] ;
  • Tabula antidotarii : recueil de soixante-treize formules de médicaments composés, dont soixante-deux sont empruntées à l'antidotaire de Nicolas de Salerne (XIIe siècle) ;
  • Aphorismi.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Palémon Glorieux, La faculté des arts et ses maîtres au XIIIe siècle, Paris, J. Vrin, 1971, p. 94-95.
  • Ernest Renan, article « Armengaud, fils de Blaise, médecin », Histoire littéraire de la France, t. XXVIII, Paris, 1881.
  • Ernest Wickersheimer (avec un supplément de Danielle Jacquart), Dictionnaire biographique des médecins de France au Moyen Âge, 3 vol., Genève, Droz, Paris, Champion, 1979 (vol. III, p. 25-26).
  • Michael R. McVaugh, « Armengaud Blaise As A Translator of Galen », dans Edith Dudley Sylla et Michael McVaugh (dir.), Texts and Contexts in Ancient and Medieval Science. Studies on the Occasion of John E. Murdoch's Seventieth Birthday, Leyde, E. J. Brill, 1997, p. 115-133.
  • Michael McVaugh et Lola Ferre, The Tabula Antidotarii of Armengaud Blaise and Its Hebrew Translation, Transactions of the American Philosophical Society, Philadelphie, 2000[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir Emmanuel Poulle, « Le quadrant nouveau médiéval », Journal des savants, vol. 2, 1964, no 2, p. 148-167, et n° 3, p. 182-214.
  2. Martin Plessner, Der Οἰκονομικὸς des Neupythagoreers Bryson und sein Einfluß auf die Islamische Wissenschaft, Heidelberg, Carl Winter, 1928 (volume contenant les versions arabe et hébraïque, la traduction latine d'Armengaud, et une traduction allemande).
  3. L'antidotaire d'Armengaud fut traduit en hébreu par Ishtori haFarhi vers 1306.

Liens externes[modifier | modifier le code]