Armand Pinsard

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Pinsard.

Officier général francais 2 etoiles.svg Armand Pinsard
Armand Pinsard
Image tirée de L'Illustration.

Naissance
Nercillac (Charente)
Décès (à 65 ans)
Ceyzériat (Ain)
Origine Drapeau de la France France
Arme Artillerie, Aéronautique militaire
Grade Général de brigade aérienne
Années de service 1906-1943
Conflits Première Guerre mondiale,
Seconde Guerre mondiale
Faits d'armes 27 victoires
Distinctions Légion d'honneur (Grand Officier),
Croix de Guerre avec 19 palmes,
Médaille militaire,
British Military Cross, Médaille militaire italienne.

Armand Pinsard, né le à Nercillac (Charente) et décédé le à Ceyzériat (Ain), est un pilote de chasse de la Première Guerre mondiale, pendant laquelle il remporte 27 victoires homologuées, ainsi qu'un général devenu une personnalité de la Collaboration en France durant la Seconde Guerre mondiale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Service militaire et Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Né dans une famille d'agriculteurs, Armand Pinsard s'engage dans l'armée en 1906 et sert au 2e régiment de Spahis au Maroc jusqu'en 1908 où il est affecté au 1er régiment de chasseurs à cheval en France[1]. Il se porte alors volontaire pour servir dans l'aviation militaire, et, obtenant son brevet de pilote le 15 février 1913, est l'un des rares pilotes militaires d'avant-guerre. Il sert dans l'Escadrille MS23 (en) en août 1914.

Envoyé au front dès le début des hostilités, avec l'escadrille SPA 23, créée à Saint-Cyr-l'École, où il croise Roland Garros, il est fait prisonnier le , après que son appareil ait effectué un atterrissage forcé derrière les lignes allemandes.

Il entreprend plusieurs tentatives d'évasion ; après plusieurs échecs et une année de captivité, il réussit à s'évader en compagnie d'un camarade en creusant un tunnel sous le mur de leur prison.

Après avoir rejoint les lignes alliées, il est promu lieutenant et reprend l'entraînement pour prendre en mains les nouveaux avions de chasse mis en service pendant sa captivité.

Il est alors versé dans l'Escadrille N 26 où il pilote le tout premier chasseur SPAD S.VII envoyé au front, puis la N78 dont il prend le commandement, et finit la guerre à son ancienne escadrille, la SPA 23. , remportant un total de 27 victoires aériennes confirmées entre le et le , dont 9 sur des ballons d'observation ennemis. Il a été l'un des premiers pilotes à combattre avec le SPAD S.VII, son appareil étant peint en noir.

En 1916, il est décoré de la Légion d'honneur, puis est élevé au titre d'officier en 1917. Il est 8e dans la "liste des as" pour le nombre d'avions abattus confirmés[2].

Resté dans l'armée en tant que militaire d'active, il va progressivement monter en grade et accéder à diverses postes à responsabilité dans l'aviation de chasse durant l'entre-deux-guerres. En 1929, il est impliqué dans une affaire de corruption en ayant accepté une rétribution d'une société aéronautique en échange de son appui pour une commande - l'affaire sera étouffée par le ministre de l'air Laurent-Eynac[1].

En 1932, il crée et commande la 7e escadre de chasse, sur le terrain de Dijon.

En novembre 1936, il commande la 11e Brigade de Chasse, affectée à la base aérienne 122 Chartres-Champhol.

En 1940, avec le grade de général il commande le groupe de chasse 21, à Gouvieux-Chantilly.

Seconde Guerre mondiale et collaboration[modifier | modifier le code]

Armand Pinsard sert toujours dans l'Armée de l'Air française pendant la Seconde Guerre mondiale en tant que commandant du Groupe de Chasse 21. Il a à sa dispostion un Morane Saulnier 406 qu'il a fait peindre en noir, marqué de la cigogne de l'ex-SPA 26, qu'il baptise "Le Pirate". Il sera blessé, au sol, le 6 juin 1940 lors du bombardement de l'aérodrome des Aigles, à Gouvieux-Chantilly (Oise), où il sera très grièvement blessé. Hospitalisé à Paris et soigné par le docteur Thierry de Martel, il évacue la capitale dans une ambulance juste avant l'arrivée des troupes allemandes[3].

Réfugié en Zone Libre où il passe sa convalescence au Canet, il y rumine contre les causes de la défaite en écrivant une lettre au maréchal Pétain dans laquelle il plaide pour une dictature militaire implacable pour redresser le pays : "Le français ne demande qu'à être dirigé, il suffit donc de lui donner les chefs qui en sont aptes"[1]. Guéri de ses blessures, Pinsard va s'installer à Vichy et va y militer pour l'acquittement d'Emile Dewoitine, incarcéré par le régime de Vichy. Il est en fait rétribué par le gouvernement japonais qui souhaite embaucher l'industriel français. Le général Jean Bergeret fait alors expulser le général Pinsard de Vichy. Ce dernier s'installe alors à Paris au début de l'année 1942 où il va se rapprocher des cercles collaborationnistes et soutenir le gouvernement de Pierre Laval lors de réunions politiques. Au mois d'août 1943, il accepte la responsabilité d'inspecteur général des œuvres sociales de la Légion des volontaires français contre le bolchevisme LVF[4].

Il est arrêté par la police à la libération le 1er septembre 1944 et interné à la prison de Fresnes, d'où il sera jugé pour faits de collaboration et condamné le 6 novembre 1944 aux travaux forcés à perpétuité et confiscation des biens par la Cour de justice de la Seine[4]. Il va cependant bénéficier des mesures de clémence et voir sa peine commuée en 1946 à 10 ans de prison, puis libéré en 1947 et rétabli dans ses droits à pension de général en 1948. Son fils Jacques, qu'il a fait inscrire à la Milice en 1944, est condamné à l'indignité nationale et part pour l'Argentine où il va décéder d'un accident de la route en 1947.

Armand Pinsard décède le , âgé de 65 ans à Ceyzériat (Ain), lors d'un dîner d'anciens pilotes, les "Vieilles Tiges". Le corps du général Pinsard a été inhumé une première fois à Bourg-en-Bresse puis transféré ultérieurement au cimetière d'Arcachon (carré 15).

Compétitions aéronautiques[modifier | modifier le code]

En mai 1922, Pinsard participe à la Coupe Lamblin, qui est une course à handicap sur le circuit Paris – Bruxelles – Londres – Paris et en prend la tête le 31 mai 1922 avec son biplan Nieuport de 300 chevaux[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Dossier individuel Armand Pinsard au Service Historique de la Défense, cote 1P 23808/2
  2. Le cinéaste Jean Renoir, aviateur d'observation pendant la Grande Guerre, a été sauvé in extremis par l'adjudant Armand Pinsard. Celui-ci lui a servi de modèle pour le personnage du lieutenant Maréchal (Jean Gabin) dans son film La Grande Illusion.
  3. Témoignage oral du commandant Jacques Leps (adjoint de Pinsard au GC 21), enregistré au Service Historique de la Défense.
  4. a et b Compte-rendu du procès Pinsard, archives nationales, cote 334 AP 8 (Fond Bluet)
  5. Le 31 mai 1922 dans le ciel : Pinsard en tête de la Coupe Lamblin

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • David Méchin, Armand Pinsard, la chute du faucon noir, dans Aérojournal n°49 (octobre-novembre 2015)
  • Général Armand Pinsard, Du ciel à l'enfer, Éditions Irminsul, septembre 2004, 292 pages.
  • SPA 23 et Armand Pinsard
  • Les As

Liens externes[modifier | modifier le code]