Armand Pinsard

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Officier général francais 2 etoiles.svg Armand Pinsard
Image tirée de L'Illustration.
Image tirée de L'Illustration.

Naissance
Nercillac (Charente)
Décès (à 65 ans)
Ceyzériat (Ain)
Origine Drapeau de la France France
Arme Artillerie, Aéronautique militaire
Grade Général de brigade aérienne
Années de service 1906-1943
Conflits Première Guerre mondiale,
Seconde Guerre mondiale
Faits d'armes 27 victoires
Distinctions Légion d'honneur (Grand Officier),
Croix de Guerre avec 19 palmes,
Médaille militaire,
British Military Cross, Médaille militaire italienne.

Armand Pinsard, né le à Nercillac (Charente) et décédé le à Ceyzériat (Ain), est un pilote de chasse de la Première Guerre mondiale, pendant laquelle il remporte 27 victoires homologuées.

Biographie[modifier | modifier le code]

Service militaire et Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Déjà décoré deux fois avant le début de la guerre, ayant effectué son service militaire en Afrique à partir de 1906, il est l'un des rares soldats transféré au "Service aérien français" avant 1914. Il commence à voler en 1912 et sert dans l'Escadrille MS23 (en) en août 1914.

Envoyé au front dès le début des hostilités, avec l'escadrille SPA 23, créée à Saint-Cyr-l'École, où il croise Roland Garros, il est fait prisonnier le , après que son appareil a effectué un atterrissage forcé derrière les lignes allemandes.

Il entreprend plusieurs tentatives d'évasion ; après plusieurs échecs et une année de captivité, il réussit à s'évader en compagnie d'un camarade en creusant un tunnel sous le mur de leur prison.

Après avoir rejoint les lignes alliées, il est promu lieutenant et reprend l'entraînement pour prendre en mains les nouveaux avions de chasse mis en service pendant sa captivité.

Il est alors versé dans l'Escadrille N26, puis la N78 et la Spa73, remportant un total de 27 victoires aériennes confirmées entre le et le , dont 9 sur des ballons d'observation ennemis. Il a été l'un des premiers pilotes à combattre avec le SPAD S.VII[1].

En 1916, il est décoré de la Légion d'honneur, puis est élevé au titre d'officier en 1917. Il est 8e dans la "liste des as" pour le nombre d'avions abattus confirmés[2].

À la fin de la première guerre mondiale, il totalise donc 27 victoires, ce qui fait de lui un as français.

Il contribue activement à la préparation des armes, en vue du second conflit et inspire de nombreux pilotes de chasse.

En 1932, il crée et commande la 7e escadre de chasse, sur le terrain de Dijon.

En novembre 1936, il commande la 11e Brigade de Chasse, affectée à la base aérienne 122 Chartres-Champhol.

En 1940, avec le grade de général il commande le groupe de chasse 21, à Gouvieux-Chantilly.

Seconde Guerre mondiale et collaboration[modifier | modifier le code]

Armand Pinsard sert toujours dans l'Armée de l'Air française pendant la Seconde Guerre mondiale. Il pilote un Morane Saulnier 406, marqué de la cigogne de l'ex-SPA 26, qu'il baptise "Le Pirate". Il sera blessé, au sol, le 6 juin 1940 lors du bombardement de l'aérodrome des Aigles, à Gouvieux-Chantilly (Oise) et devra être amputé d'une jambe[3].

Ce héros de 1914-1918 et de 1940 demeure fidèle à la légalité et à la légitimité du maréchal Pétain, ce qui l'amène notamment à accepter des responsabilités dans la Légion des volontaires français contre le bolchevisme LVF. Il devient notamment inspecteur général des œuvres sociales. En 1944, les communistes l'arrêtent. La Cour de justice de la Seine le condamne le 6 novembre 1944, pour intelligence avec l'ennemi, aux travaux forcés à perpétuité, à la dégradation nationale à vie et et à la confiscation de tous ses biens présents et à venir[4]. Un arrêté disciplinaire du général Dassault, grand chancelier, le raye des matricules de la Légion d'honneur[5].

En juin 1944, Armand Pinsard prend son fils Jacques, âgé de 18 ans, comme garde du corps[6]. Pour qu'il soit autorisé à porter une arme, il l'inscrit d'office à la Milice, dont les membres ont réglementairement droit à un port d'arme. Jacques Pinsard est jugé à son tour la Cour de Justice de la Seine, 7e section, et condamné à cinq ans de travaux forcés[7]. Il meurt en 1947.

Armand Pinsard décède le , âgé de 65 ans à Ceyzériat (Ain), lors d'un dîner d'anciens pilotes, les "Vieilles Tiges". Le corps du général Pinsard a été inhumé une première fois à Bourg-en-Bresse puis transféré ultérieurement au cimetière d'Arcachon (carré 15).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

- Général Armand Pinsard, Du ciel à l'enfer, Éditions Irminsul, septembre 2004, 292 pages.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (en) Jon Guttman, SPAD VII aces of World War 1, Oxford, Osprey Aviation, coll. « Osprey aircraft of the aces » (no 39), (ISBN 1841762229 et 978-1-841-76222-7, lire en ligne), p. 7.
  2. Le cinéaste Jean Renoir, aviateur d'observation pendant la Grande Guerre, a été sauvé in extremis par l'adjudant Armand Pinsard. Celui-ci lui a servi de modèle pour le personnage du lieutenant Maréchal (Jean Gabin) dans son film La Grande Illusion.
  3. Frédéric Gondron, Un aerodrome peu connu "Les Aigles" : Gouvieux - Chantilly, aout 1939 - juin 1940, Gouvieux, Impr. Bédu, coll. « Bulletin de la Société Historique de Gouvieux, Oise » (no 10), 184 p. (OCLC 163347170)
  4. Archives nationales de France, 334 AP8 ; cote à la Cour de justice : F res 0334388 ; L'Humanité, 7 novembre 1944 ; Le Figaro, 7 novembre 1944.
  5. Cf. Dossier de la Légion d'honneur, n° 129318.
  6. Le Premier Régiment de France et la Résistance, Jean-Paul Gires, p. 22-23 et 69, Alice Lyner Éditions, Issoudun, 149 p., 2016 (ISBN 978-2-918352-76-1).
  7. Cf. Le Monde, 5 avril 1945.