Armand Gensonné
| Armand Gensonné | |
Armand (Arnaud) Gensonné, estampe de François Bonneville, Paris, BnF, département des estampes, 1796. | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Député de la Gironde | |
| – (2 ans, 1 mois et 27 jours) |
|
| Législature | Assemblée nationale législative puis Convention nationale. |
| Groupe politique | Gauche, Girondins |
| Président de la Convention nationale | |
| – (1786 ans) |
|
| Prédécesseur | Edmond Louis Alexis Dubois-Crancé |
| Successeur | Jean Antoine Debry |
| Président de l'Assemblée législative | |
| – | |
| Prédécesseur | Louis-Bernard Guyton-Morveau |
| Successeur | Dorizy |
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Bordeaux |
| Date de décès | (à 35 ans) |
| Lieu de décès | Paris |
| Nature du décès | guillotiné |
| Nationalité | Française |
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Armand Gensonné, ou Arnaud[1] Gensonné, né à Bordeaux le , guillotiné à Paris le , était un député de la Gironde à la Convention nationale.
Avant la Révolution
[modifier | modifier le code]Fils de Jean-Baptiste Gensonné, chirurgien militaire ayant fait fortune à Saint-Domingue, et de Marie Tranchere, Armand Gensonné fit des études de droit et devint avocat au Parlement de Bordeaux. Il est un des fondateurs en 1783, avec Saige et Pierre Victurnien Vergniaud, du Musée de Bordeaux, société de pensée annonçant les clubs révolutionnaires. En 1784, il épouse sa cousine germaine, Marie Désirée Leysson, fille d'Élie Leysson, capitaine de navire et lieutenant de frégate à brevet, et de Marie Tranchere[2].
Sous la Révolution
[modifier | modifier le code](musée de la Révolution française)
Armand Gensonné refuse la désignation de secrétaire de la ville de Bordeaux par le roi, mais accepte d'être élu membre de la municipalité et de devenir procureur de la commune en 1790. Élu à l'Assemblée législative, il soutint Jacques Pierre Brissot et se rangea dans le camp des Girondins. Lors de son arrivée à Paris, il s'inscrit à la société des amis des Noirs dont l'objectif était d'obtenir l'égalité entre les hommes blancs et de couleurs. Comme rapporteur du Comité diplomatique, il se signala par la demande de mise en accusation des frères du roi et la déclaration de la guerre à l'Autriche ().
Mandat à la Convention
[modifier | modifier le code]En septembre 1792, Armand Gensonné est réélu député de la Gironde, le troisième sur douze, à la Convention nationale[3].
Il prend part aux institutions de la Convention girondine :
- Le 18 octobre 1792, il est élu secrétaire aux côtés de Charles Barbaroux (député des Bouches-du-Rhône), de Georges Danton (député de la Seine), d'Armand de Kersaint (député de Seine-et-Oise) sous la présidence d'Élie Guadet[4].
- Le 4 janvier 1793, en tant que membre du Comité de constitution, il est élu membre du Comité de défense générale aux côtés de ses collègues Bertrand Barère (député des Hautes-Pyrénées) et Emmanuel-Joseph Sieyès (député de la Sarthe)[5]. Le 26 mars, il est réélu membre de la Commission de Salut public composée de vingt-cinq membres[6].
- Le 7 mars, il est élu président de la Convention et ses secrétaires sont Jean-Antoine Grangeneuve (député de la Gironde), Louis-Bernard Guyton-Morveau (député de la Côte-d'Or) et Maximin Isnard (député du Var)[7]. Il avait échoué à être élu président face à Edmond Dubois-Crancé (député des Ardennes) lors du précédent renouvellement du bureau, le 21 février[8]. Son élection provoque un incident entre les députés de la droite et ceux de la gauche qui demandent que le scrutin soit reporté en raison de l'absence de nombreux députés siégeant à gauche[9].
Il siège sur les bancs de la Gironde. Lors du procès de Louis XVI, il vote la mort, se prononce en faveur de l'appel au peuple mais rejette le sursis à l'exécution de la peine[10]. Il demande, dans le même temps, que soient poursuivis les auteurs des massacres de Septembre. Le 13 avril 1793, il se récuse lors du scrutin sur la mise en accusation de Jean-Paul Marat[11]. Le 28 mai, il vote en faveur du rétablissement de la Commission des Douze[12].
Gensonné est attaqué pour ses positions girondines. Le 15 avril 1793, il fait partie des députés accusés par les sections de Paris d'avoir « ouvertement violé la foi de leurs commettants »[13]. Le 9 mai, il fait partie des députés dénoncés par Marat dans son journal comme « membre de la faction des hommes d’État »[14].
Dénoncé par les sections de Paris, il fut décrété d'arrestation le 2 juin 1793 avec les Girondins, il aurait pu s'enfuir grâce à des complicités, il s'y refuse : « Je ne me fais aucune illusion sur le sort qui m'attend, mais je subirai sans m'avilir. Mes commettants m'ont envoyé ici : je dois mourir au poste qu'ils m'ont assigné. » Il fut traduit devant le Tribunal révolutionnaire du (3 au 9 brumaire an II ; condamné à mort, il fut guillotiné le 10 brumaire an II, avec vingt des vingt et un condamnés. Il fut inhumé au cimetière de la Madeleine.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ « Arnaud Gensonné (1758-1793) », sur data.bnf.fr (consulté le )
- ↑ Archives historiques du département de la Gironde, 1896, p. 469-470.
- ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 52, Liste des députés par départements »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
- ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 52, séance du soir du 18 octobre 1792 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
- ↑ Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 1 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
- ↑ Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 2 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
- ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 59, séance du soir du 7 mars 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
- ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 59, séance du soir du 21 février 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr (consulté le )
- ↑ Vincent Cuvilliers, Matthieu Fontaine et Philippe Moulis, « Présider les séances de la Convention nationale », Annales historiques de la Révolution française, vol. 381, no 3, , p. 129–153 (ISSN 0003-4436, DOI 10.4000/ahrf.13625, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Froullé, Jacques-François (≃1734-1794) et Levigneur, Thomas (≃1747-1794), « Liste comparative des cinq appels nominaux. Faits dans les séances des 15, 16, 17, 18 et 19 janvier 1793, sur le procès et le jugement de Louis XVI [...] »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
- ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 62, séance du 13 avril 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
- ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 65, séance du 28 mai 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
- ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 65, séance du 15 avril 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
- ↑ Michel Pertué, « La liste des Girondins de Jean-Paul Marat », Annales historiques de la Révolution française, vol. 245, no 1, , p. 379–389 (DOI 10.3406/ahrf.1981.4254, lire en ligne, consulté le )
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Sources primaires
[modifier | modifier le code]- 1790 - Lettre a M. Gensonné, procureur de la commune, ou Réfutation de son réquisitoire, concernent le serment des prêtres fonctionnaires publics
- 1792 - Opinion sur les colonies
- 1793 - Lettre écrite a Gensonné . Par un administrateur du département de la Gironde
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Bertrand Favreau, « Gensonné, ou la fatalité de la Gironde », dans François Furet et Mona Ozouf (dir.), La Gironde et les Girondins, Paris, Payot, coll. « Bibliothèque historique Payot », , 468 p. (ISBN 2-228-88400-6, présentation en ligne), p. 409-435.
- « Armand Gensonné », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]
- Pierre Bécamps, Arnaud Gensonné et les Girondins dans le tumulte de la Révolution, Edition J. J. Bécamps, 532 p., Bordeaux, 2009.
Liens externes
[modifier | modifier le code]- Ressource relative à la vie publique :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- « Armand Gensonné », sur Sycomore, base de données des députés de l'Assemblée nationale
- Personnalité française du XVIIIe siècle
- Membre de l'Assemblée législative de 1791-1792
- Député de la Convention nationale
- Conventionnel régicide
- Président de l'Assemblée nationale législative
- Président de la Convention nationale
- Naissance en août 1758
- Naissance à Bordeaux
- Décès en octobre 1793
- Décès à Paris
- Décès à 35 ans
- Personnalité guillotinée durant la Révolution française
- Personnalité inhumée au cimetière de la Madeleine