Armand Avril

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Armand Avril
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Naissance
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Armand Avril, né à Lyon en 1926, est un peintre surtout connu pour les assemblages qu'il a réalisés à partir de 1968. D'origine modeste, mais cependant très tôt intéressé par l'art et les musées où le poussait son père, il s'essaie d'abord à la peinture. Mais il ne commence à trouver son véritable style qu'à l'âge de quarante deux ans. Il vit à Cotignac dans le Var.

Enfance[modifier | modifier le code]

Avril naît à Lyon d'un père parisien et d'une mère corse. Bien que vivant modestement, son père, Marcel Avril, collectionne les œuvres d'art et participe aux expositions du groupe Témoignage à la galerie Folklore de Lyon, en compagnie de Jean Bertholle, Alfred Manessier, René-Maria Burlet, Jean Duraz, César Geoffray, Jean Le Moal, Étienne Martin, Marcel Michaud, André Lenormand, François Stahly, Louis Thomas, Dimitri Varbanesco[1].

Armand Avril raconte dans la vidéo de l'exposition 2008 au musée des beaux-arts de Lyon que son père poussait ses enfants à visiter les musées, et que l'artiste aurait, du coup, pompé sur tout le monde[2].

Mais, bien avant de se lancer dans l'art, le jeune homme est entré dans la vie active en tant que plâtrier-peintre, puis ouvrier[3]. Dans les musées, dès 1940, il découvre les artistes belges : Constant Permeke, James Ensor. Mais en 1941, son père, militant de gauche et résistant est emprisonné trois mois. Il éloigne son fils en l'envoyant à l'école des bergers du domaine du Merle[note 1] à Salon-de-Provence. Armand ne revoit son père qu'une seule fois, lorsque celui-ci vient lui rendre visite à l'école des bergers. Marcel est ensuite arrêté par la Gestapo et envoyé en camp de concentration où il meurt en 1944[4].

Tout en continuant son travail de berger qu'il exerce dans plusieurs fermes, Avril a toujours sur lui un livre d'art qu'il consulte régulièrement[4].

Évolution artistique[modifier | modifier le code]

Entre 1945 et 1956, à Villeurbanne, Armand est ouvrier, ou exerce divers métiers manuels, mais il commence déjà à peindre des huiles en copiant les classiques du musée des beaux-arts ou du musée Guimet de Lyon. Il est alors sous l'influence de Raoul Dufy, Henri Matisse, de l'école lyonnaise. Sous l'influence de son père qui collectionnait les arts primitifs, il va devenir lui même un grand collectionneur d'art africain au cours d'un voyage au Sénégal où il expose ses peintures. Sa plus grande découverte reste cependant Gaston Chaissac, en 1968, dont il lit une critique illustrée dans la revue L'Architecture d'aujourd'hui. Il achète une peinture de Chaissac cette même année. Et, alors qu'il fête la victoire de l'Association sportive de Villeurbanne et de l'Éveil lyonnais rugby où il joue pendant quatorze ans, Avril découvre les possibilités plastiques d'un bouchon de champagne qu'il taille machinalement. Ce bouchon sera sa matière première pour les assemblages dans des casses[5].

Il s'investit alors dans ce nouveau moyen d'expression : les assemblages d'objets ou montages, réalisant des bas reliefs élaborés d'éléments divers, pinces à linge, éléments de jouets d'enfants, boules de croquet, filasse, glu, clous, boîtes de conserves vides. Il travaille essentiellement avec des rebuts et pièces détachées. « Le peu de prix devient sans prix quand il bricole ». Les constructions d'Armand Avril sont des inventions ludiques à partir d'objets délaissés[6].

Son art s'apparente à un style dit « art singulier », art brut, proche des « arts primitifs » ou « arts premiers » chers aux surréalistes dont il fait collection, en particulier l'art africain. Il s'inspire notamment des objets de culte de l'artisanat africain et océanien, de rites primitifs avec leurs personnages protecteurs à partir de 1971. Vingt cinq ans plus tard, lors d'un voyage en Indonésie, Avril découvre une similitude entre certains de ses assemblages et les tapisseries traditionnelles réalisées selon la technique de l'Ikat [7].

Œuvres sélection de quelques périodes[modifier | modifier le code]

  • 196é, Nu assis, huile sur toile, 92 × 75 cm[8],
  • 1969, série Les Binettes, assemblages composés de bouchons de champagne découpés placés dans des casses, dont Les Binettes 1, 50 × 85 cm[9].
  • 1970, La Mer à Cassis, assemblages composés principalement de pinces à linge désossées, installées dans les cases d'une casse. Il n'y a qu'une seule rangée de bouchons dans le bas 73 × 92 cm[10].
  • 1971- 1976, La Mort blanche, assemblage, composé de nombreux petits crânes 92 × 60 cm[7], présenté en septembre 1993 à la Halle Saint-Pierre dans le cadre de l'exposition Les Marges de l'art contemporain[11]
  • 1973, Personnage en rouge, assemblage de couleur vive, morceaux de bois découpés, objets divers, pinces à linge et bouchons, 12 × 60 cm[12].
  • 1974, Reliquaire, assemblage de couleur sombre composé de figurines empaquetées, de fagots de buchettes, de joncs placé en arc, d'une croix et d'un Christ fortement sexué, 178 × 116 cm[13].
  • 1976, Alignements, assemblage de couleur sombre composé de poupées alignées sur six rangées en étroite largeur, et six rangées en hauteur, entourées de bois superposés formant cadre, 146 × 92 cm[14].
  • 1978, Boli et poupées Koko, assemblage composé d'une face lunaire en bois assemblé, entourée de poupées à chevelure filasse, et souligné par trois rangées de deux animaux qui hésitent entre ours, rhinocéros. Inspiration africaine, 116 × 90 cm[15].
  • 1970-1985, Les Tireurs de langue, série d'assemblages composés de petites têtes rondes qui tirent la langue, parfois incluses dans La Mer à Cassis comme Mer à Cassis et tireurs de langue (1970), assemblage, 164 × 65 cm[16],
  • 1970 -2000, La Mer à Cassis nouvelle manière : assemblage composé des mêmes éléments que les premières Mer à Cassis, installés dans les cases d'une casse, mais disposés différemment, en longue colonne, 333 × 114 cm[17],
  • 2000 Sauteuse à la corde (série), peinture et collage sur carton 67 × 18 cm[18].
  • 2000-2003, Roboz, série d'assemblages comprenant des figurines en bois découpées, entourées de bouchons et pinces à linge peints de couleurs vives, avec parfois une réapparition des crânes blancs : 122 × 50 cm[19].

Expositions[modifier | modifier le code]

Expositions personnelles, sélection depuis les années 1990[modifier | modifier le code]

  • 2010, Galerie Laurent de Puybaudet, Paris[20]
  • 2008 : Armand Avril, 20 juin au 29 septembre 2008 musée des beaux-arts de Lyon[21]
  • 2005 : Après nous le déluge, du 25 juin au 27 novembre à la Malmaison de Cannes[22]
  • 2003 : Peintures et assemblages (1962 à 2002), du 29 juin au 3 novembre, Le Tremblay, Centre National d'Art Contemporain, (Fontenoy), Yonne.
  • 2003 : Armand Avril 20 janvier - 2 mai 2003 à la Halle Saint-Pierre, 2 rue Ronsart, 75018 Paris[23]
  • 2002 : Donation de Muguette et Paul Dini, et de l'Association Armand Avril, du 6 octobre au 22 décembre, au Musée Paul-Dini de Villefranche-sur-Saône[24]
  • 1998 : Galerie Alphonse Chave, Vence
  • 1993 : Espaces Culturels des Tours, Noyers
  • 1992 : Jaski Art Gallery, Amsterdam

Expositions collectives[modifier | modifier le code]

Cette sélection est extraite de la liste figurant dans le catalogue publié par le Musée Paul-Dini de Villefranche-sur-Saône lors de l'exposition Armand Avril, peintures et assemblages en juin-novembre 2003. Pour ne pas violer le copyright, elle n'est pas reproduite intégralement ci-dessous. Le choix se porte de préférence sur les musées et organismes publics, et sur les principales galeries.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Frédéric Ballester, Après nous le déluge et vive la couleur!, Cannes, Centre d'art La Malmaison, , 143 p. (ISBN 9782952074582).
    catalogue établi à l'occasion de l'exposition du Centre d'art de La Malmaison Cannes.
  • Collectif Villefranche, Armand Avril, itinéraire, peintures et assemblages, Villefranche-sur-Saône, Musée Dini et Association des amis d'Armand Avril, , 140 p..
    catalogue établi à l'occasion de l'exposition au Musée Paul-Dini de Villefranche-sur-Saône.
  • Bernard Gavoty, Marcel Michaud : Lyon 1933-1958 , Stylclair, Groupe témoignage, Lyon, Espace Lyonnais d'Art Contemporain, , 70 p.
  • Avril l'enchanteur, 1987
  • Danielle Attali, article Le Monde du 9 mars 2003

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Devenu une école d'ingénieurs agronomes domaine du Merle actuellement.

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]