Armée populaire de libération et détachements de Partisans de Yougoslavie

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Armée populaire de libération et détachements de Partisans de Yougoslavie (NOVJ)
Image illustrative de l'article Armée populaire de libération et détachements de Partisans de Yougoslavie

Période 19411945
Pays Yougoslavie
Allégeance Alliance antifasciste, formée par le Parti communiste de Yougoslavie et d'autres partis politiques
Effectif estimation haute : à la fin du conflit  jusqu'à 800 000 personnes
Surnom Partisans
Guerres Seconde Guerre mondiale
Batailles Campagne de Yougoslavie (1941-1945)
Commandant historique Tito

L'Armée populaire de libération et détachements de Partisans de Yougoslavie (NOVJ) (serbo-croate : Narodnooslobodilačka vojska i partizanski odredi Jugoslavije; slovène : Narodnoosvobodilna vojska in partizanski odredi Jugoslavije; macédonien : Narodno osloboditelna vojska i partizanski odredi na Jugoslavija, initiales NOV i POJ) est le nom officiel utilisé à partir de 1942 par l'armée des Partisans yougoslaves, souvent appelés simplement Partisans (Partizan, pluriel Partizani). Ce mouvement armé de résistance yougoslave d'inspiration communiste était dirigé par Josip Broz Tito, et combattit contre l'État indépendant de Croatie, l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste durant la Seconde Guerre mondiale.

Mouvement de guérilla au début du conflit, les Partisans évoluèrent progressivement pour devenir une armée de métier qui compta jusqu'à 800 000 hommes. Ils portèrent successivement les noms officiels de Détachements partisans de libération populaire de Yougoslavie (Narodnooslobodilački partizanski odredi Jugoslavije, ou NOPOJ) de juin 1941 à janvier 1942, puis Détachements partisans de libération populaire et Armée des volontaires de Yougoslavie (Narodnooslobodilačka partizanska i dobrovoljačka vojska Jugoslavije, ou NOP I DVJ) de janvier à novembre 1942, avant d'adopter leur nom définitif.

Le terme de Partisans désigne exclusivement, dans les pays de l'ex-Yougoslavie et dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale, les résistants communistes.
Le sigle NOP désigne le Mouvement de libération nationale.

Contexte[modifier | modifier le code]

Dans les années 1930, depuis la révolte ratée de 1929 et la dictature du roi Alexandre Ier et les communistes de yougoslaves, rassemblés au sein de la Ligue des communistes de Yougoslavie, étaient contraints à l'exil ou à la clandestinité. Le parti s'était progressivement réorganisé, sous la direction de Josip Broz, dit Tito. En avril 1941, après le coup d'État du roi Pierre II contre le régent Paul, les forces de l'Axe envahissent le Royaume de Yougoslavie, démantelé en plusieurs états. La répression, organisée notamment en Croatie par les milices Oustachis, incite la population au soulèvement. Les communistes de Tito agissent alors pour organiser des factions anti-fascistes et se préparer à entrer en action. Le pacte germano-soviétique les prive cependant du soutien de l'Union soviétique et les contraint à l'expectative.

Soulèvement armé et consolidation des troupes[modifier | modifier le code]

Le 4 juillet 1941, après l'attaque allemande contre l'Union soviétique, les communistes déclenchèrent leur soulèvement armé.

Le développement des partisans se fit d'abord dans l'État indépendant de Croatie de Ante Pavelić (la première unité formée sera baptisée première brigade partisane de Sisak) et dans les régions occupées par le gouvernement collaborateur Serbe. Les Serbes de Croatie et de Bosnie formeront 90 % de l'armée des partisans et seront pour la plupart amenés à soutenir ou à rejoindre les Partisans après avoir été chassés de leur maison par les Oustachis.

Le 24 septembre, les Partisans libérèrent la ville d'Užice, baptisant leur place forte, qui englobait l'ouest de la Serbie centrale, du nom de République d’Užice, mais les Allemands massèrent cinq divisions et reprirent la ville le 25 novembre. Les partisans furent en grande partie chassés de Serbie à la date du 1er décembre.

Le 21 décembre, la première Brigade d'assaut prolétaire fut officiellement formée. En 1942, les groupes de partisans communistes furent officiellement fédérés au sein de l'Armée populaire de libération et des détachements de Partisans de Yougoslavie.

Plutôt que comme un mouvement purement communiste, les forces dirigées par Tito se présentèrent sous la bannière d'une large coalition antifasciste, les communistes unissant leurs forces à celles d'autres mouvements de Yougoslavie. Le 26 novembre 1942, le Conseil antifasciste de libération nationale de la Yougoslavie (Antifašističko V(ij)eće Narodnog Oslobođenja Jugoslavije), équivalent d'un parlement, qui regroupait des représentants des groupes partisans, communistes et non communistes, fut officiellement constitué pour administrer les territoires reconquis par les partisans.

Lorsque Tito fut chassé de Bihać, il créa à Jajce, toujours en Bosnie, un "Comité de libération nationale", équivalent de gouvernement provisoire.

Les Partisans communistes firent initialement front commun avec les Tchetniks de Draža Mihailović, mais les deux formations résistantes s'affrontèrent ensuite. Certaines unités Tchetniks rejoignirent les rangs collaborateurs, renforçant la position des Partisans dans le mouvement de résistance.

En décembre 42, il y avait encore, selon les mots de Tito, "une immense majorité de Serbes" dans cette Armée de Libération Nationale Yougoslave(ALNY) [1].

Pendant les années 1942-43, le centre de gravité des partisans glissa plus à l'ouest, en Bosnie. Le développement des partisans s'opèra d'abord chez les populations serbes de l'État indépendant de Croatie, du fait des massacres qui y étaient perpétrés (Voir l'article Camp d'extermination de Jasenovac et Yougoslavie dans la Seconde Guerre mondiale). Mais comme les partisans ne se livraient pas à des représailles contre les Musulmans et les Croates, ces derniers grossirent peu à peu leurs rangs au fur et à mesure que les Allemands et leurs alliés oustachis devenaient de plus en plus impopulaires en Yougoslavie[1]. Les Partisans avaient comme avantage de ne pas baser leur militantisme sur la défense de l'identité ethnique, ce qui leur permit d'attirer progressivement des membres d'autres communautés que les Serbes.

La direction des Partisans avait pour programme la création d'une Yougoslavie fédérale, respectueuse des différentes nationalités yougoslaves.

Tito (à droite) et d'autres officiers Partisans, 1944.

Soutien des Alliés[modifier | modifier le code]

Au début de l'insurrection, l'équipement des partisans venait essentiellement des prises de guerre, mais à partir de 1943, les partisans reçurent des armes envoyées par les Britanniques. Du fait du soutien des Alliés à Tito et de leur abandon de Draža Mihailović, certaines unités de Tchetniks se rallièrent à Tito, tandis que d'autres passèrent à la collaboration avec l'occupant. Après la Conférence de Téhéran, à l'instigation de Joseph Staline, les Alliés traitèrent Tito comme le seul partenaire fiable dans la région.

Les Partisans prirent progressivement le contrôle de vastes zones dans la partie ouest de la Yougoslavie, notamment en Croatie où ils réduisirent l'autorité du pouvoir oustachi.

En 1944, le quartier général fut déplacé à Drvar qui fut assailli par les Allemands en juin de la même année. A ce moment-là, l'armée de Tito ne comprenait pas moins de 300 000 hommes présents dans toutes les régions de Yougoslavie où ils avaient libéré de nombreuses zones.

En juin 1944, le gouvernement en exil du roi Pierre II, soutenu par les alliés, signa un accord avec le mouvement de Tito, reconnaissant les Partisans comme l'armée régulière de la résistance yougoslave et ordonnant aux Tchetniks de se joindre à eux. Le 12 septembre, le roi nomma officiellement Tito comme chef de l'armée yougoslave de l'intérieur.

Tito utilisa les armes reçues des alliés aussi bien contre les Tchetniks que contre les Allemands. L'une des plus grandes réussites de la résistance yougoslave fut de parvenir à immobiliser de 12 à 20 divisions de l'Axe durant toute la durée de la guerre, handicapant les troupes allemandes.

Dans le courant de 1944, les Partisans, désormais armés également par les Soviétiques, passèrent à la contre-attaque en Serbie[1]. En octobre, le gouvernement collaborateur serbe cessa d'exister dans les faits. Une partie des résistants Tchetniks, auxquels une amnistie avait été promise, fit défection pour rejoindre les forces de Tito. À la fin du conflit, les effectifs des troupes de Tito étaient estimées à 800 000 hommes

En mars 1945, l'Armée populaire de libération devint l'Armée populaire yougoslave, qui devint en novembre de la même année l'armée officielle de la République fédérale populaire de Yougoslavie.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Paul Garde, Vie et mort de la Yougoslavie, Fayard,‎ 12 janvier 2000, broché [détail de l’édition] (ISBN 2213605599)