Aris Poulianos

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
image illustrant la Grèce
Cet article est une ébauche concernant la Grèce.

Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations des projets correspondants.

Aris N. Poulianos
Description de cette image, également commentée ci-après

Aris Poulianos

Nom de naissance Aris N. Poulianos
Naissance
Ikaria Drapeau de la Grèce Grèce
Nationalité Drapeau de la Grèce Grèce
Profession
Activité principale
Formation
Famille
  • Mari de Daphné Poulianou, médecin
    Père de Nikos Poulianos, anthropologue

Compléments

  • Fondateur de la Société Anthropologique de Grèce ;
    Fondateur du Département de Paléoanthropologie-Spéléologie du Ministère de la Culture grec

Aris Poulianos (grec moderne : Άρης Πουλιανός) est un anthropologue grec né à Ikaria, une île à l'est de la mer Égée dans la préfecture de Samos, le 23 juillet 1924. Fondateur de la Société Anthropologique de Grèce (en grec Ανθρωπολογική Εταιρεία Ελλάδος, AEE), il l'a présidée jusqu'à ce que Nikos Poulianos, son fils, en devienne président il y a quelques années[Quand ?]. Cette Société anthropologique a géré, entre autres sites archéologiques, celui de la grotte de Petralona pendant 40 ans[1], dont Aris Poulianos a nommé le fossile le plus notable, Archanthropus europaeus petraloniensis. Ses études de biologie ont aussi permis à Aris Poulianos d'étudier les groupes sanguins de la population grecque ; en accord avec plusieurs autres chercheurs, il en a conclu que le bassin de la mer Égée présentait une uniformité sanguine telle qu'elle révélait à l'origine un peuple méditerranéen stable et numériquement toujours dominant malgré les migrations[2].

Études[modifier | modifier le code]

C'est à l'Université de Moscou qu'il obtient son doctorat d'anthropologie en 1960 avec une thèse fort remarquée dans les milieux anthropologiques et ethnologiques[3], intitulée L'origine des Grecs[4]. Il y démontre en effet que les Grecs sont autochtones et que leurs racines remontent aux anciens Grecs ; ceci contredisait les théories précédentes communément admises, principalement en provenance de l'anthropologie allemande, qui donnaient aux Grecs des origines slaves et /ou provenant d'autres peuples étrangers. 1960 est aussi l'année de la découverte d'un de ses principaux sujets d'étude, le crâne de l'homme de Petralona dans la grotte de Petralona en Chalcidique. Son fils Nikos A. Poulianos, né en 1956 est aussi anthropologue.

Une carrière brillante semée d'embûches[modifier | modifier le code]

Les professeurs Pétros Kokkoros et Antonis Kanellis, de l'université de Thessalonique, ont récupéré le crâne de l'homme de Petralona en septembre 1960 des mains de Theodoridis, président du bureau de la communauté de Petralona. À l'époque il n'existait pas de spécialistes de paléoanthropologie en Grèce. Ils font donc appel à deux Allemands, l'anthropologue E. Breitinger et le paléoanthropologue O. Sickenberg. Dans le même temps, ils contactent aussi Aris Poulianos, professeur à l'université de Moscou.

Invité par Constantin Caramanlis à rentrer en Grèce, Aris Poulianos qui désirait revenir dans son pays et poursuivre des recherches dans la grotte de Petralona, est nommé en 1966 au conseil d'administration de la nouvelle université établie à Patras (Péloponnèse), et y crée une chaire de Biologie et une d'Anthropologie[3]. Il est également élu vice-président de la Société Hellénique de Spéléologie[5].

En 1967 il a déjà publié un certain nombre d'articles scientifiques expliquant la datation de plus de 700 000 ans qu'il propose pour l'homme de Petralona, datation qui remet en cause une partie des idées établies sur l'évolution de l'homme en Europe entre 750 000 et 550 000 ans. Cette année-là, Aris Poulianos est emprisonné par le régime militaire des colonels. Il est libéré cinq mois et demi plus tard grâce à l'intervention d'un étudiant[5] Finlandais qui, emprisonné avec lui puis libéré, fait publier un article dans un journal de Scandinavie racontant leur emprisonnement[6]. Une manifestation pour sa libération a lieu à Washington. Plusieurs membres de l'Union Internationale des Sciences Anthropologiques et Ethnologiques (IUAES (en)) écrivent des lettres de protestation au gouvernement grec[3]. Mais il doit s'exiler (volontairement ou non) pendant quelques mois sur les îles grecques de Gyaros et Leros[7].

En 1971 il fonde la Société Anthropologique de Grèce[3].

En septembre 1976 il participe à un colloque à l'université de Bordeaux, au cours duquel il présente toutes les données connues alors sur ce fossile et le nomme officiellement Archanthropus europaeus petraloniensis[8].

En 1987 Aris Poulianos devient membre de l'Académie des Sciences de New York[5].

Durant sa carrière, il poursuit des études anthropologiques en mer Égée, Thrace, Macédoine, y compris à l'étranger, chez les Aïnous (ethnie du Japon), et au pays basque d'Espagne, entre autres. Ces études ont contribué de façon significative au développement des connaissances sur les origines non seulement de la population balkanique, mais aussi de celle de l'Europe. Ses fouilles paléoanthropologiques de la grotte de Petralona sont tout aussi importantes, ainsi que celles qu'il a effectuées au site ouvert de Triglia en Chalcidique, et au site de mammouth de Perdikkas à Ptolemaïda[5] où a été mis au jour le squelette du plus vieux mammouth d'Europe (Archidiskodon meridionalis).

Pendant plusieurs dizaines d'années, Aris Poulianos a participé aux travaux du Conseil International des Sciences Anthropologiques et Ethnologiques de l'UNESCO. Il a participé à plus de quarante congrès scientifiques autour du monde, annonçant ses découvertes et conclusions en anthropologie. Il a publié cinq livres et plus de cent articles scientifiques dans de nombreux journaux scientifiques grecs et internationaux.

Toute sa vie il s'est battu contre les discriminations raciales, écrivant des articles à partir de 1947 et participant depuis 1964 à des groupes antiracistes de l'UNESCO[5].

Publications[modifier | modifier le code]

Quelques-unes de ses publications :

  • 1960 - The Origin of Greeks ; thèse de doctorat à l'Institut d'Anthropologie de Moscou, réimprimée à Athènes en 1962, 1965, 1968, et 1988.
  • 1961 - Discovery of a Skull of Palaeolithic Man in Greece, dans Voprossi Anthropologhii, 8:162.
  • 1963 - New Palaeolithic Finds of Greece, dans Sov. Arheologhia, 2: 227-229.
  • 1965 - On the Position of the Petralona Man within Palaeoanthropi, dans Sov. Ethnografia, 2: 91-99.
  • 1967 - The Place of the Petralonian Man among Palaeoanthropi, dans Anthropos C 19, (N.S.11): 216-221. Dans Akten Anthropologischen Kongresses Brno.
  • 1971 - Petralona : A Middle Pleistocene Cave in Greece, dans Archaeology, 24: 6-11.
  • 1975 - Palaeoanthropological excavations at Petralona, dans Prakt. Archaeology; Et.: 131-136. Athènes.
  • 1977 - Stratigraphy and Age of the Petralonian Archanthropus, dans Anthropos, 4: 37-46. Athens.
  • 1980 - The Petralona Finds, dans Yearbook of the Society of Macedonian Studies : 65-76. Thessalonique.
  • 1981 - Pre-sapiens Man in Greece, dans Current Anthropology, 22 (3): 287 - 288.
  • 1981 - Climatic Fluctuations at Petralona Cave, dans Terra Cognita.

Une bibliographie plus complète est disponible ici.

Biographies[modifier | modifier le code]

En 2006 Daphné Poulianou (médecin gynécologue) a écrit en grec une biographie dédiée à son compagnon de 50 ans :

  • (el) Δάφνη Πουλιανού, Άρης Ν. Πουλιανός, Ανατροπές, Απο τη ζωή του και το έργο του, Αθήνα, Ιδιωτική Έκδοση, 2006, (ISBN 978-960-631-323-3)

Zahos Samoladas a fait un film biographique en 2007 : One Life in History: The Story of Dr. Aris Poulianos[9].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Une mesure d'expulsion a été prise en 2004 contre la Société anthropologique de Grèce et Aris Poulianos, gestionnaires de la grotte de Petralona en violation depuis 1983 des conventions internationales sur l'administration des sites archéologiques. Au terme d'une longue bataille judiciaire, cette Société anthropologique et son président ont été déboutés, et la gestion de la grotte a été définitivement confiée, depuis 2011, à l'éphorie de paléontologie, dépendant du Ministère grec de la Culture et du Tourisme.
  2. Paul Faure, La Vie quotidienne en Grèce au temps de la guerre de Troie, 1250 av. J.-C., Hachette, 1983, p. 52.
  3. a, b, c et d (en) Poulianos' discoveries and corresponding opposition
  4. The origin of the Greeks. Par Aris N. Poulianos, 1961, douze éditions successives, chacune enrichie de nouvelles données.
  5. a, b, c, d et e (en) Aris Poulianos sur le site de la grotte par la Société Anthropologique de Grèce.
  6. Finnish student in greek jail beaten and rejected. Dans Helsingen Saanomat, 16/08/67. (η περιπέτεια στη φυλακή ενός Φιλανδού κατά τύχη συγκρατούμενου του Άρη Πουλιανού, ήδη από μηνός εκεί…).
  7. The 46th anniversary since the discovery of the Petralona archanthropus’ skull. Par Nickos A. Poulianos, Président de l'Association Anthropologique de Grèce. 2000.
  8. Para Conocer al Hombre - chapitre 3 : In Honour of Santiago Genovès, Archanthropus europaeus petraloniensis. Par A. N. Poulianos, p. 215-218. Ce livre est un recueil de textes écrits par de multiples auteurs (1990 (ISBN 968-36-1023-4) (OCLC 40742614)).
  9. One Life in History: The Story of Dr. Aris Poulianos, film biographique sur A. N. Poulianos.