Argyroneta aquatica

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Argyronète

Argyroneta aquatica
Description de cette image, également commentée ci-après

Un couple : la femelle à gauche, le mâle à droite

Classification selon The World Spider Catalog
Règne Animalia
Embranchement Arthropoda
Sous-embr. Chelicerata
Classe Arachnida
Ordre Araneae
Sous-ordre Araneomorphae
Famille Cybaeidae
Genre Argyroneta

Nom binominal

Argyroneta aquatica
(Clerck, 1757)

Synonymes

  • Araneus aquaticus Clerck, 1757
  • Aranea urinatoria Poda, 1761
  • Aranea amphibia Müller, 1776
  • Clubiona fallax Walckenaer, 1837
  • Argyroneta aquatica japonica Ono, 2002

Argyroneta aquatica, l'Argyronète, est une espèce d'araignées aranéomorphes de la famille des Cybaeidae[1]. Elle vit quasi intégralement sous l'eau.

Distribution[modifier | modifier le code]

Cette espèce se rencontre en zone paléarctique[1]. En France, elle a été considérée comme une espèce « nordique », manquant dans le Midi (Germain et Seguy, 1957 ; Perrier, 1968) et, à fortiori, sur le littoral méditerranéen. Cette assertion a été infirmée par sa découverte en Camargue (in Lopez et Llinares,1972) et dans l'ouest du département de l' Hérault où elle est trouvée en 1994 sur l'étang de Capestang (Biterrois)[2].

Habitat[modifier | modifier le code]

L’argyronète vit dans les plans d’eau calme et claire. Il faut cependant une présence de plantes aquatiques pour qu’elle puisse arrimer sa toile et pour se reproduire.

Description[modifier | modifier le code]

Argyroneta aquatica
Argyroneta aquatica mâle

Les mâles mesurent de 10 à 15 mm et les femelles de 8 à 9 mm[3]. L'Argyronète est un arthropode de la classe des Arachnides car elle possède quatre paires de pattes articulées.

Cette araignée possède un venin qui n'est pas dangereux pour les humains, mais sa morsure est plutôt douloureuse, comme l'ont signalé Maeterlinck et Berland (1932) car ses chélicères sont assez puissantes pour percer la peau. Son mode de vie fait que les rencontres avec l’homme restent très rares.

Anatomie interne[modifier | modifier le code]

Fig.3 - Glande à venin d'une argyronète en coupe histologique transversale montrant ses deux lobes accolés. L, lumière de la partie principale - l, lumière de la partie accessoire - M, muculature commune.

Les particularités essentielles de l'anatomie interne sont un système trachéal remarquablement élaboré (Crome,1952-1953 ; Levi, 1967),des glandes à venin volumineuses formées par deux portions [4] se rattachant à un nouvel aspect dit « type à deux lobes affrontés »[5] et l'abondance des cellules à guanine dans les diverticules intestinaux (chylentériques) de l'abdomen[4]. Le grand développement des trachées ne semble pas assurer une réserve d'air périviscérale mais aurait plutôt un rôle hydrostatique, déterminant le centre de gravité (Lévi et Kirber,1976) et facilitant les déplacements de l' araignée comme le sont ceux de Coléoptères aquatiques à système trachéal modifié (Wesenberg-Lund,1943). La structure particulière des glandes venimeuses pourrait être liée à la nature des proies (Crustacés, petits poissons) que doit maîtriser leur sécrétion, proies expliquant, par ailleurs, la richesse de l'intestin en guanine. Il existe peut être une relation entre cette même anatomie et le caractère douloureux des morsures.

Mode de vie[modifier | modifier le code]

Elle a la particularité de demeurer sous l'eau. Plus précisément, dans une poche d'air piégé par une toile qu'elle a liée sous l'eau et accrochée à des plantes aquatiques (d'où son nom d'argyronète qui signifie toile argentée) et dans laquelle elle amène des bulles prises à la surface à l'aide des poils de son abdomen. Seule la femelle construit ces cloches à air. Quand arrive l'été, celle-ci renforce la paroi de sa bulle et s'y isole.

Bien qu’elle n’ait pas de branchies mais un système respiratoire adapté pour le monde terrestre, elle vit en milieu aquatique. Elle possède des trachées et se construit une toile dans l'eau qu'elle remplit d'air pour respirer. Elle va régulièrement chercher de l’air à la surface, qu’elle emprisonne dans ses poils hydrofuges. Voyage après voyage elle remplit sa toile de bulles d’air, ce qui lui constitue une réserve d’air. Elle peut ainsi respirer l'air grâce à ses trachées, tout en vivant dans l'eau. Il semblerait que la diffusion de l’oxygène produit par les plantes contribuerait également au recyclage de l’air dans la toile.

L’Argyronète est une prédatrice. Elle nage rapidement entre les plantes et attrape sous l’eau les proies qu’elle tue avec son venin. Les proies sont ensuite emmenées dans la cloche d’air où elles seront consommées.

Elle peut donc depuis son repaire immergé, vivre et se nourrir.

Les relations prédateur-proie ont été étudiées en aquarium et en laboratoire. Elle se montre capable de capturer, immobiliser et manger de petits poissons, ce qui peut la faire classer, avec le genre Dolomedes, parmi les « araignées ichtyophages »[6].

Publication originale[modifier | modifier le code]

  • Clerck, 1757 : Svenska spindlar, uti sina hufvud-slågter indelte samt under några och sextio särskildte arter beskrefne och med illuminerade figurer uplyste. Stockholmiae, p. 1-154.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b WSC, consulté lors d'une mise à jour du lien externe
  2. A. Lopez et F. Marcou, « Présence d’Argyroneta aquatica (Clerck) (Araneae : Argyronetidae) dans l’étang de Capestang », Bulletin de la Société d'étude des sciences naturelles de Béziers, vol. 15, no 56,‎ , p. 36-41
  3. unibe
  4. a et b André Lopez et D. Llinares, « A propos de quelques particularités histologiques observées chez Argyroneta aquatica Cl. (Araneae) », Bull. Soc. zool. France, vol. 98, no 2,‎ , p. 307-312
  5. André Lopez, « Un nouvel aspect des glandes venimeuses chez les Aranéides : le type à deux lobes affrontés », Bull. Soc. Zool. France, vol. 102, no 2,‎ , p. 139-143
  6. Nyffeler & Pusey, 2014 : Fish Predation by Semi-Aquatic Spiders: A Global Pattern. Plos One, vol. 9, no 6, p. e99459, (texte intégral).