Argot parisien

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L'argot parisien est l'argot en usage à Paris. Il s'agit d'un géolecte.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'argot parisien a deux sources principales : l'argot des métiers et l'argot dit des voleurs. Il reste très vivace dans les rues de la capitale jusqu'aux années 1970. L'évolution sociologique de la population parisienne explique en grande partie cette « mort » de l'argot parisien, qui ne se pratique plus que dans les vieux quartiers ou dans la banlieue de la capitale sous une forme ayant évolué.
L'argot parisien intègre des expressions dont l'étymologie est régionale ou étrangère.

Récemment, les plus grandes inventions argotiques reviennent à Frédéric Dard (San Antonio), au dialoguiste de films Michel Audiard, aux chanteurs Pierre Perret, Renaud, aux sketches comiques de Coluche.

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

C'est surtout la littérature qui diffuse « la langue verte »: Essai sur l'argot, d’Honoré de Balzac, essai philosophique, linguistique et littéraire sur l’argot, les filles et les voleurs, 1834.

On peut également citer :

Dans la chanson[modifier | modifier le code]

Divers auteurs et interprètes célèbres de chansons emploient l'argot : Georges Brassens, Renaud, Jacques Brel, Edith Piaf...

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Certains films, à des fins d'humour, utilisent massivement l'argot. On peut notamment citer Les Tontons flingueurs.

Exemples de termes d'argot parisien[modifier | modifier le code]

  • Argent : artiche, as, aspine, aubert, avoine, balles, beurre, biftons, blanquette, blé, boules, braise, brèles, brique, bulle, caire, carbure, carme, craisbi, douille, faf, fafiots, fifrelins, flouze, fourrage, fraîche, fric, galette, galtouse, ganot, gen-ar, gen-gen, gibe, graisse, grisbi, japonais, love, maille, mornifle, némo, os, oseille, osier, patate, pélot, pépettes, pèse, picaillons, pimpions, plâtre, pognon, radis, ronds, sacs, soudure, talbin, trèfle, thune…
  • Boire : piave (tzigane), tiser, séti, pichtav (tzigane), bibiner, se mettre la tête, se pochtronner…
  • Femme : bombe, fraicheur, frangine, feumeu, gamoss, gazelle, gerce, gisquette, gonzesse, greluche, greluse, grognasse, meuf, morceau, nana, nière, polka, poupée, sœur, souris, star, taupe, go, gnasse, sac, tas…
  • Homme : branque, cave, gland, hottu, lavedu, pégreleu, gadjo, gonze, keum, keumé, mec, nombo, raclo…
  • Manger : becqueter, bouffer, boulotter, briffer, casser la croûte, casser la graine, claper, croûter, galimafrer, grailler, grailletence, jaffer, mastéguer, morfiler, tortorer, damer, daller, casser la dalle…
  • Policier : archer, bleu, bignolon, bourdille, chtar, chmits, cogne, condé, flic, képi, keuf, matuche, pandore, perdreau, poulet, poulagas, poulardin, pouleman, roussins, royco, schmitt, bourres…
  • Siège de la PJ : grande volière, maison parapluie, maison poulaga, maison pullman…
  • Faire l'amour : baiser, cartoucher, dauffer, donner, démonter, ken (niquer, en verlan), kentance, niquer, pinner, troncher, bourrer, défoncer, harponner, tringler, limer, fourrer, bouillave (tzigane), taraud, douiller, culbuter (derrière le buisson), tirer, sauter...
  • Frapper : péta[N 1], pefra, marave (tzigane), défoncer, ruiner, éclater, terminer…
  • Bar : troquet, rade, bistrot...

Notes et références[modifier | modifier le code]

Note[modifier | modifier le code]

  1. Péta signifie plus communément voler

Références[modifier | modifier le code]

  1. Victor Hugo, Les Misérables. L'auteur consacre le septième livre de la quatrième partie de son ouvrage à un brillant exposé sur l'argot.

Ouvrages[modifier | modifier le code]