Architecture Art déco à Bordeaux

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Maison de style Art déco dans le quartier Lescure

L'Art déco à Bordeaux s'est développé sous l'impulsion de son maire Adrien Marquet et de l'architecte en chef de la ville Jacques D'Welles[1].

Historique[modifier | modifier le code]

À l'image du couple Édouard Herriot et Tony Garnier pour la ville de Lyon, Adrien Marquet, maire de Bordeaux de 1925 à 1944 et ministre du Travail en 1934, formera avec Jacques d’Welles, architecte et urbaniste en chef de la ville, un tandem qui inscrira à Bordeaux un urbanisme et une architecture modernes.

La municipalité de Bordeaux adopte en 1930 un important programme d'urbanisme appelé Plan Marquet qui permettra le développement de la cité en utilisant un vocabulaire architectural commun. Ce plan a aussi pour objectif d'engager des grands travaux afin d'atténuer les conséquences de la crise de 1929[2].

Bâtiments Art déco bordelais[modifier | modifier le code]

Équipements publics Art déco[modifier | modifier le code]

Les bains douches de La Bastide

Bâtiments privés Art déco[modifier | modifier le code]

  • Maison Saint-Louis Beaulieu : maison diocésaine et ancien séminaire de Bordeaux, dont le cloître et la chapelle sont de style Art déco. Cet ancien couvent des Capucins est racheté par le diocaise en 1910, et subit d'importants travaux de rénovation entre 1937 et 1940, réalisé par les frères Louis et Marcel Garros, architectes bordelais. La décoration a été effectuée par Jean Gaudin et Louis Mazetier, artistes parisiens, et se révèle toute en mosaïques et carreaux dans les tons ocre.[13].
  • Quartier Lescure : dès 1930, le parc Lescure est à l'origine du nouveau quartier qui présente des constructions privées de style Art déco[14].
  • Le Café du Levant : face à la gare Saint-Jean, sur l'actuelle Esplanade des Justes, l'ancienne brasserie du Café du Levant construit en 1923 et exploité de 1932 à 1985 par la même famille, la famille Begout. Le fronton en mosaïque et le réaménagement est de l'architecte Jacques-Abel Prévot[15].
  • L'hôtel Frugès ou maison Frugès est un hôtel particulier réhabilité entre 1913 et 1927, par l'architecte Pierre Ferret et décoré par des artistes et artisans de l'époque comme Gaston Schnegg, Robert Wlérick, Jean Dupas, René Buthaud, Jean Dunand[16].
  • Maison du 119, rue du Palais-Gallien : au lendemain de l'Exposition parisienne des Arts décoratifs et industriels modernes de 1925, l'entrepreneur Jean Lambert réalise un immeuble de style Art dèco.

Dans la métropole bordelaise[modifier | modifier le code]

  • Piscine municipale de Bègles, réalisée entre 1930 et 1932 par l'architecte Blanchard également ingénieur de la commune.
  • Bains-douches du Bouscat[17], construit d’après les plans dressés par Albert Dumons, architecte municipal. L'édifice et ouvre ses portes en 1930. Sa façade typique du style Art déco, est composée de moellons, briques, pierres, avec deux entrées distinctes pour séparer les hommes et les femmes. En 1982 le bâtiment devient la médiathèque, jusqu'en 2016 où il accueille une association et des familles démunies[18].
  • Mairie de Saint-Médard-en-Jalles : en 1934 la commune décide de moderniser et agrandir le bâtiment datant du XVIIIe siècle qui accueillait la mairie. Deux ans plus tard le maire Antonin Larroque inaugure la nouvelle mairie qui conserve le rez-de-chaussée de l’ancienne, surélevé d’un étage. Ses ornements mêlent l'architecture classique avec des éléments de style Art déco[19].

Architectes et artistes[modifier | modifier le code]

Participeront à cette mise en place des architectes locaux comme Cyprien Alfred-Duprat, Jacques D'Welles, Pierre Ferret, Raoul Jourde, Léon Jaussely, Pierre-Henri Avinen[20], mais aussi parisiens comme Roger-Henri Expert, Jacques Debat-Ponsan, Louis Madeline. De même, de nombreux artistes mettront leur art au service de la ville ; tels les peintres Jean Dupas, Camille de Buzon, François-Maurice Roganeau, Jean Despujols, des sculpteurs tel Alfred Janniot, les céramistes Gentil & Bourdet, René Buthaud, le ferronnier Edgar Brandt ou le laqueur Jean Dunand[21].

Alfred Janniot[modifier | modifier le code]

Le sculpteur parisien Alfred Janniot est un proche de Jean Dupas qu'il a connu à la villa Médicis, ce dernier l'a présenté au maire Adrien Marquet. Janniot recevra cinq commandes de la ville de Bordeaux[22].

Pour l'Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes de 1925 à Paris, le pavillon de Bordeaux est dans une des 4 tours (construites par Charles Plumet) réservées aux vins français. La décoration intérieure de la tour bordelaise fut confiée à Pierre Ferret, (architecte bordelais auteur de l'hôtel Frugès). Quatre peintres bordelais (Dupas, Marius de Buzon, Roganeau et Despujols) réalisèrent des fresques à la gloire de l'Aquitaine. Après l'exposition les 4 œuvres sont rachetées par la ville pour être installées à l'Athénée de Bordeaux, et sont désormais visibles au Musée d'Aquitaine[23]. Au centre, Alfred Janniot réalise une sculpture polychrome sur la vigne, l'édifice a été détruit depuis. Le buste du maire Adrien Marquet n'a « rien de remarquable ». En 1936, il obtient une grande fresque de 4 m par 7 m de haut qui décore la façade de la bourse de Bordeaux. Toujours en 1936, un bronze lui est commandé pour le stade Lescure (futur stade Chaban-Delmas) mais celui-ci sera installé seulement en 1941[22].

Galerie[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  •  Bordeaux années 20-30 Portrait d'une ville  Édition Le Festin 2008
  • Spécial Art Déco Édition Le Festin numéro 91, automne 2014

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Source : Connaissance des arts
  2. Source : Le Point octobre 2008
  3. Site de la ville de Bordeaux
  4. « Notice sur la Bourse du travail de Bordeaux », notice no PA00083158, base Mérimée, ministère français de la Culture. Consultée le 18 septembre 2009
  5. Les équipements publics art déco de Bordeaux
  6. Notice no PA00132929, base Mérimée, ministère français de la Culture
  7. « Cité Universitaire de Budos - Bordeaux - Journées du Patrimoine 2019 », sur www.journees-du-patrimoine.com (consulté le 5 mai 2020)
  8. « Bordeaux : la poste passe à la culture », sur SudOuest.fr (consulté le 21 avril 2020)
  9. Dossier Crèche et bains-douches de Bacalan ; 5 p.
  10. « notice de la crèche et des bains-douches de Bacalan au label de Patrimoine du XXe siècle », notice no EA33000005, base Mérimée, ministère français de la Culture, consultée le 30 mars 2016.
  11. « Place Adolphe Buscaillet », sur Bordeaux.fr (consulté le 30 mars 2016).
  12. https://www.bordeaux.fr/l25/theatre-la-pergola
  13. « La Maison », sur Maison Saint Louis Beaulieu - Diocèse de Bordeaux (consulté le 20 avril 2020)
  14. Le quartier du Stade
  15. « Brasserie du Levant », (notice de 13 p. avec ill.), sur renaissancedescites.org, (consulté le 11 mai 2019)
  16. L'Hôtel Frugès à Bordeaux de Robert Coustet, Édition Le Festin, 2013 pages 87 et suivantes
  17. « De jolis bains douches », sur SudOuest.fr (consulté le 21 avril 2020)
  18. https://www.emergences-sud.com/IMG/pdf/Focus-La_Source.pdf
  19. « La maison THEVENARD », Le patrimoine de Saint-Médard-en-Jalles, bulletin n°40,‎ , p. 1-2 (lire en ligne)
  20. Robert Coustet, Marc Saboya, Bordeaux la conquête de la modernité, architecture et urbanisme à Bordeaux et dans l'agglomération de 1920 à 2003, éditions Mollat, 2005
  21. L'Art déco à Bordeaux dans l'entre-deux-guerres
  22. a et b Spécial Art Déco Édition Le Festin numéro 91, automne 2014
  23. Voir les peintures sur le site du Musée d'Aquitaine : "Les colonies" de Marius de Buzon ; "La vigne et le vin" de Jean Dupas ; "L'agriculture" de Jean Despujols ; "La forêt landaise" de François-Maurice Roganeau.