Archipel d'Ogasawara

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Archipel d'Ogasawara
小笠原諸島 Ogasawara shotō (ja)
Carte de l'archipel d'Ogasawara (îles légendées en noir).
Carte de l'archipel d'Ogasawara (îles légendées en noir).
Géographie
Pays Drapeau du Japon Japon
Archipel Nanpō
Localisation Mer des Philippines et océan Pacifique
Coordonnées 27° 00′ N, 141° 42′ E
Superficie 104 km2
Nombre d'îles 41
Île(s) principale(s) Île Haha, île Chichi
Point culminant 916 m sur Île Minamiiwo
Géologie Îles volcaniques
Administration
Sous-préfecture Ogasawara
Démographie
Population 2 821 hab. (2009)
Densité 27,13 hab./km2
Plus grande ville Ogasawara
Autres informations
Fuseau horaire UTC+9

Géolocalisation sur la carte : Japon

(Voir situation sur carte : Japon)
Archipel d'Ogasawara
Archipel d'Ogasawara
Archipels au Japon

L'archipel d'Ogasawara (小笠原諸島, Ogasawara shotō?) est un archipel du Japon composé de 41 îles pour 73 km2 de superficie, situé à environ neuf cents kilomètres au sud de Honshū. L'île principale, Haha-jima, se trouve à 933 km de Nojima Zaki, un cap japonais à proximité de Chiba (Honshū). Toutefois, depuis ce même cap, il est nécessaire de parcourir 1 799 km vers le sud-est pour rejoindre Minamitori shima, une des îles les plus excentrées. Cet archipel forme, avec l'archipel d'Izu, l'archipel de Nanpō, un ensemble insulaire plus vaste qui s'étend de la péninsule d'Izu aux îles Mariannes. L'archipel d'Ogasawara s'étend le long de la fosse océanique d'Izu Bonin. Il correspond à l'entité administrative de la sous-préfecture d'Ogasawara (小笠原支庁, Ogasawara-shichō?), sous-préfecture de Tōkyō.

Géographie[modifier | modifier le code]

L'archipel d'Ogasawara (小笠原諸島, Ogasawara shotō?) est composé de quatre groupes d'îles :

  • les îles d'Ogasawara (小笠原群島, Ogasawara guntō?), autrefois appelé îles Bonin, constituées de trois chaînes d'îles, du nord au sud :
    • la chaîne de Mukojima (聟島列島, Mukojima rettō?) :
      • Muko-jima (聟島?, litt. « île gendre »)
      • Yome-jima (嫁島?, litt. « île bru »)
      • Nakōdo-jima (媒島?, litt. « île intermédiaire »)
      • Kitano-jima (北ノ島?, litt. « île du nord »)
    • celle de Chichijima (父島列島, Chichijima rettō?) :
      • Chichi-jima (父島?, litt. « île père »)
      • Ani-jima (兄島?, litt. « île grand-frère »)
      • Otōto-jima (弟島?, litt. « île petit-frère »)
    • et celle de Hahajima (母島列島, Hahajima rettō?) :
      • Haha-jima (母島?, litt. « île mère »)
      • Ane-jima (姉島?, litt. « île grande-sœur »)
      • Imōto-jima (妹島?, litt. « île petite-sœur »)
  • Nishino-shima (西之島?, litt. « île de l'ouest »), à l'ouest de ces trois groupes d'îles
  • la chaîne Kazan (火山列島, Kazan rettō?, litt. « îles volcaniques »), au sud :
    • Kita Iwojima (北硫黄島, Kitaiōjima/Kitaiōtō?, litt. « île soufre du nord »)
    • Iwo Jima (硫黄島, Iōjima/Iōtō?, litt. « île soufre »)
    • Minami Iwojima (南硫黄島, Minamiiōjima/Minamiiōtō?, litt. « île soufre du sud »)
  • et deux îles isolées plus au sud :
    • Okinotori-shima (沖ノ鳥島?, litt. « île oiseau du large »), très à l'ouest
    • Minamitori-shima (南鳥島?, litt. « île oiseau du sud »), très à l'est

Il arrive que les trois premiers groupes d'îles soient dénommés archipel de Nanpō au sens strict.

L'ensemble de l'archipel mesure 104 km2 de superficie. Iwo Jima est la plus importante des trois îles volcaniques tandis que la plus élevée est l'île Minamiiwo avec 970 mètres d'altitude.

La zone économique exclusive de l'archipel est de 862 782 km2.

Un îlot volcanique est apparu en novembre 2013 au sud-sud-est de l’île inhabitée de Nishino[1].

Farallon de Pajaros, l'île la plus septentrionale des îles Mariannes du Nord, est séparée de l'île Minamiiwo par une distance de 323 milles nautiques. La frontière entre les États-Unis et le Japon passe une médiane située à 200 milles de ces deux points.

Histoire[modifier | modifier le code]

Une partie de l'archipel était connu à l'époque d'Edo sous le nom d'îles Bunin (無人島, Bunin-jima?, litt. « île sans personnes », se lirait aujourd'hui Mujin-tō). Jusqu'au XIXe siècle, les îles ne sont pas habitées de façon permanente, seules des présences saisonnières sont attestées[2].

Ces îles d'Ogasawara sont pour la première fois retranscrites sur une carte par Jean-Pierre Abel-Rémusat en 1817 sous l'orthographe Bonin[réf. souhaitée]. En 1830, un groupe d'environ 25 colons partis de l'île d'Oahu à Hawaii s'établissent à Chichi-jima, comptant sur une demande d’échanges commerciaux. Au début des années 1850, Matthew Perry, qui commande la marine américaine des Indes orientales, visite Chichi-jima avec l'idée de réclamer Ogasawara pour les États-Unis. Dans les années 1860, le shōgun envoie à son tour l'interprète Nakahama Manjirō à bord du navire Kanrin Maru afin de prendre possession des îles. Ces deux tentatives restent vaines, et le peuplement avec d'ex-marins devenus colons et venus de tous horizons continue, indépendamment de toute autorité étatique[2].

L'archipel est réclamé par le Japon au Royaume-Uni en 1875 et placé sous la préfecture de Tokyo en 1880[réf. souhaitée]. Tous les habitants d'ascendance « étrangère » sont naturalisés « sujets japonais » dans une catégorie spéciale de sujets « naturalisés » avant 1882[2]. Les pêcheurs et les mineurs japonais de soufre arrivent en 1887 et le Japon annexe ces îles en 1891[réf. souhaitée].

Au début du XXe siècle, l'archipel est inondé de colons japonais venant cultiver des cannes à sucre. Pour l'empire japonais, qui planifie alors son grand projet colonial du Pacifique Sud, Ogasawara est son modèle de développement. À la fin des années 1920, le prix du sucre s'effondre, les agriculteurs profitent alors du climat des îles pour produire des légumes d'été pendant l'hiver métropolitain, ce qui conduisit à l'âge d’or d'Ogasawara dans les années 1930. À Iwo Jima, c'est cependant la culture de la coca et la transformation en cocaïne qui dominaient[2].

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les îles constituent alors un important bastion militaire japonais jusqu'à ce qu'elles soient prises par la marine américaine en 1945. Iwo Jima a joué un rôle historique pour les Américains au cours de la Seconde Guerre mondiale, une photo mythique de marines soulevant le drapeau américain, Raising the Flag on Iwo Jima, y a notamment été prise. En 1944, quand la guerre entre dans sa phase finale, 7 000 des 8 000 habitants de l'archipel sont évacués de force[2].

Occupées par les forces Alliées, les îles sont placées sous l'administration des États-Unis à partir de 1945. En 1946, les États-Unis autorisent le retour à Chichi-jima des descendants de ceux qui vivaient dans les îles avant l'annexion japonaise : 130 personnes retrouvent leur île, et trouvent un emploi auprès de la marine américaine[2].

Les îles retournent en 1968 sous administration japonaise, et les réfugiés japonais sont autorisés à revenir, bien qu'Iwo Jima reste réservée aux Forces japonaises d'autodéfense[2].

Démographie[modifier | modifier le code]

Seules les îles Chichi et Haha sont peuplées d'environ 2 000 et 440 habitants. Elles abritent le village d'Ogasawara (小笠原村, Ogasawara-mura?) de la sous-préfecture d'Ogasawara (小笠原支庁, Ogasawara-shichō?).

La population est principalement japonaise mais elle compte quelques Coréens ainsi que des Taïwanais.

Économie et environnement[modifier | modifier le code]

Iles d’Ogasawara *
L'île de Mina-jima
L'île de Mina-jima
Pays Drapeau du Japon Japon
Type Naturel
Critères (ix)
Superficie 7 939 ha
Numéro
d’identification
1362
Zone géographique Asie et Pacifique **
Année d’inscription 2011 (35e session)
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

Les principaux produits de l'archipel d'Ogasawara sont le bois de construction et l'industrie fruitière, tel que les bananes et les ananas. Il existe aussi des plantations de canne à sucre et des mines de soufre. On y trouve également des coraux, parfois péchés illégalement, notamment par des bateaux chinois[3].

La faune et la flore ont évolué de façon différente sur chacune de ces îles et l'archipel d'Ogasawara est ainsi parfois comparé aux îles Galápagos[4]. Parmi les espèces endémiques aujourd'hui disparues, on trouve la grive, le roselin et le pigeon des Bonin, ainsi que le zeuxine boninensis. Parmi les espèces menacées, on trouve l'apalopteron familiare ou méliphage des Bonin, de la famille des zosteropidae, la pipistrellus sturdeei ou pipistrelle des Bonin, la pteropus pselaphon ou roussette des Bonin, voire le puffinus lherminieri bannermani ou le pigeon violet. On y trouve également au large des calmars géants. Ces espèces sont parfois observables dans le parc national d'Ogasawara.

Le 24 juin 2011, l'archipel est nommé site naturel au patrimoine mondial de l'humanité par le comité du patrimoine mondial de l'UNESCO à Paris[5],[6].

Références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Bonin Islands » (voir la liste des auteurs).
(ja) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en japonais intitulé « 小笠原諸島 » (voir la liste des auteurs).
  1. Une éruption crée une île dans le Pacifique, Nouvel Obs, le 22 novembre 2013
  2. a b c d e f et g « L’histoire des îles d’Ogasawara : un chaos au nom de la raison d’État », sur Nippon.com, (consulté le 2 août 2018).
  3. Yōji Kōda, « Le Japon face au braconnage maritime chinois », Nippon.com, le 10 février 2015
  4. Fumiko Yamaoka, « Saving an endangered bird in 'Orient's Galapagos' », sur The Japan Times, (consulté le 8 janvier 2009)
  5. (en) Saki Ouchi, « Ogasawara Islands named World Natural Heritage site », Yomiuri Shinbun, le 26 juin 2011
  6. (en) Ogasawara Islands join World Heritage family, Kyodo sur Japan Times, le 26 juin 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]