Arcadi Gaydamak

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Arcadi Gaydamak
Description de l'image Arcadi Gaydamak.JPG.
Nom de naissance Arkadi Aleksandrovitch Gaïdamak
Naissance
Moscou (Russie)
Nationalité Drapeau de la France France
Drapeau d’Israël Israël
Drapeau du Canada Canada
Drapeau de l'Angola Angola
Drapeau de la Russie Russie
Profession
Homme d'affaires
Distinctions

Arcadi Gaydamak (en russe : Аркадий Александрович Гайдамак, Arkadi Aleksandrovitch Gaïdamak ; en hébreu : ארקדי גאידמק) est un homme d'affaires né le 8 avril 1952 à Moscou[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans une famille juive, après une enfance passée à Moscou, sans avoir suivi d'études supérieures dans sa jeunesse, Arcadi Gaydamak décide de partir pour Israël ; il y pratique quelques petits métiers comme docker à Haifa, avant de partir en France en novembre 1972. Il en est expulsé car étant sans papiers pour y résider. Il s'installe alors à Rome, avec sa future femme, Irina Tsiroulnikova, une étudiante en médecine russe.

Il devint, dans les années précédant la chute du mur de Berlin, interprète auprès de personnalités soviétiques, se constituant ainsi un premier réseau de relations qu'il mit à profit quand il débuta dans les affaires, à la fin des années 1980. Correspondant du KGB, il entre aussi en contact régulier avec la DST, où il devint proche de Raymond Nart le no 2 de cette structure de renseignement français[2]. En effet la DST était désireuse d'approfondir ses informations sur la nomenklatura soviétique. Cette activité de renseignement favorisa sa connaissance du milieu des affaires internationales. Parallèlement il prit l'attache du FSB, puis des services secrets israéliens du Mossad. Ces divers contacts lui permirent alors de transformer son modeste bureau de traduction en véritable affaire lucrative. À cette fin, il créée la SOTRADOC en association avec Olivier Dassault fils de Serge Dassault à Neuilly-sur-Seine[3] Après une année d'activité en France, il achète un appartement à Paris dans le 17e arrondissement et son bureau de traduction est installé avenue des Champs-Élysées[2].

Sa fortune grandissante peut s'expliquer par la chute du mur de Berlin, les apparatchiks russes profitant du libéralisme. Ces nouveaux milliardaires ont besoin de contact pour investir leur nouveau patrimoine à l'ouest. Gaydamak est un de ces discrets mais précieux relais. Il devint ainsi ami de l'oligarque Mikhail Khodorkovski. Ainsi ce sera en toute simplicité qu'il obtiendra le soutien dans ses propres affaires, de la banque Menatep, la banque russe de la nomenklatura moscovite. Il semble aussi prendre quelques participations - à hauteur de 1 % auprès du cartel stratégique russe Gazprom.

Il saura profiter sous Eltsine de l'ouverture du marché en Russie, pour réaliser à son compte des opérations financières. Ainsi Gaydamak va acquérir une petite banque commerciale, la Moskva bank. Cette banque se positionne ensuite sur le marché des devises, par des opérations spéculatives. Il va devenir aussi administrateur de la banque Russysky kredit qui est chargée de réaliser de grands flux financiers de provenance opaque comme le montre l'enregistrement de la banque sous les comptes no 76010 et 82685 ouvert avant le 31/10/1994 auprès de la chambre de compensation Clearstream.

Durant les années 1990, il organisa quelques repas d'affaires où l'on pouvait côtoyer l'ambassadeur de Russie, divers parlementaires russes et Jacques Attali, nouveau président à l'époque de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement[4].Comme beaucoup de nouveaux millionnaires russes, il va diversifier aussi ses investissements dans la sphère médiatique russe en faisant l'acquisition du groupe de presse de ligne éditorale pro libéral les nouvelles de Moscou dirigé par son associé Alexei Linstkj.

Désormais, installé depuis les années 1980 dans un somptueux appartement de 600 m2, avenue Foch à Paris, Gaydamak est devenu un florissant intermédiaire. Gilles-William Goldnadel, son avocat lors du procès dit de l'« Angolagate », a déclaré : Si j'ai bien compris, on reproche à mon client d'être immensément riche, et sur ce point on n'a pas tort[5].

Arkadi Gaydamak possède la double nationalité franco-israélienne ainsi que des passeports diplomatiques angolais et canadien[6].

Affaire des ventes d'armes vers l'Angola[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Angolagate.

Gaydamak se livre dans les années 1990 à de fructueuses affaires entre la Russie, la France, Israël et l'Afrique. Il prend une participation en Slovénie dans la société ZTS Ozos[7]. Société où le FSB investit jusqu'à 68 % du capital[8], une entreprise positionnée sur le marché des armes.[réf. nécessaire]

Il reprend, à très bon compte, la dette de l'Angola envers l'URSS et sert d'intermédiaire pour 500 millions de dollars de livraisons d'armes russes. (Affaire de la dette angolaise).

Gaydamak a affirmé disposer de « preuves matérielles » démontrant que l'ancien président français Jacques Chirac aurait « donné des ordres pour créer de toutes pièces l'Angolagate ». L'objectif de cette manœuvre aurait été de « ternir la réputation de Charles Pasqua »[9].

En 2008, Paul-Loup Sulitzer publie un thriller, Le Roi Rouge, largement inspiré d'Arcadi Gaydamak et de l'affaire des ventes d'armes à l'Angola, dans laquelle l'écrivain a été cité.

Le procès dit de l'Angolagate a lieu entre octobre 2008 et mars 2009 au palais de Justice de Paris (tribunal correctionnel). 42 prévenus sont impliqués dans cette affaire, notamment Pierre Falcone (relaxé en appel)[10], Jacques Attali, Charles Pasqua, Paul-Loup Sulitzer, Jean-Christophe Mitterrand, Jean-Charles Marchiani. Arcadi Gaydamak ne s'est pas présenté à l'audience.

Par jugement du Tribunal correctionnel de Paris le 27 octobre 2009, il est condamné à 6 ans de prison ferme pour "vente illicite d'armes", "abus de biens sociaux", "fraude fiscale", "trafic d'influence actif", "blanchiment". Réfugié en Russie, il est visé par plusieurs mandats d'arrêts internationaux délivrés par le juge Philippe Courroye.

Il est relaxé des délits de commerce illicite d'armes et de trafic d'influence par la Cour d'appel de Paris par un arrêt en date du 29 avril 2011, mais reste condamné à 3 ans de prison et 375 000 euros d'amende pour sa declaration fiscale de l'année 1994 et pour blanchiment[11],[12],[13].

Gaydamak se constitue partie civile le 17 septembre 2009 dans l'affaire Clearstream[14].

Jean-Charles Marchiani et le RPF[modifier | modifier le code]

Il aurait joué un rôle dans la libération d'otages français en Bosnie en 1995 et en Russie en 1998 et a reçu l'ordre national du Mérite de Jean-Charles Marchiani, élu du Rassemblement pour la France (RPF) de Charles Pasqua, sur le contingent de la Présidence de la République.

Rachat de France Soir[modifier | modifier le code]

Le 14 mars 2006, Arcadi Gaydamak a annoncé sa reprise du quotidien France-Soir par l'intermédiaire de sa société Moscow News. Le 28 mars 2006, l'homme d'affaires franco-égyptien Raymond Lakah, propriétaire de Montaigne Press, la holding qui détient France-Soir, a annoncé un accord avec Moscow News pour la reprise du quotidien et la poursuite de sa parution.

Carrière en Israël[modifier | modifier le code]

Arcadi Gaydamak

Le 10 juillet 2005, il a annoncé qu'il se lançait dans le sport, devenant le sponsor officiel de l'équipe de basket-ball israélienne Hapoel Jérusalem. Un mois plus tard, il donnait 400 000 dollars au club de football de Hapoël Bnei Sakhnin avant d'acquérir en août 2005 le Betar Jérusalem via une caution bancaire de 11 millions d'euros.

Arcadi Gaydamak dirige aussi plusieurs associations juives de bienfaisance et est le président du Congrès des organisations et des communautés juives religieuses de Russie (KEROOR), doyenne des organisations de défenses des Juifs religieux en Russie.En outre Il financera l'Agence juive qui aide au retour en Israël les juifs d'autres pays par un don de 10 millions de dollars.

Son fils, Alexandre Gaydamak, né en 1976, est aussi un homme d'affaires d'envergure internationale, qui vient de prendre 50 % du club de foot de Portsmouth, club qui entre temps devint déficitaire en 2008 à hauteur de plusieurs millions d'euros[réf. souhaitée].

En juin 2007, Arcadi Gaydamak annonce son intention de racheter la chaîne de supermarchés Tiv Ta'am, le principal fournisseur de produits non kasher en Israël, et de rendre les magasins kasher[15]. Ce rachat échoue quelques jours plus tard en raison de l'impossibilité de rompre le contrat entre Tiv Ta'am et son fournisseur Mizra sur la vente de produits non kasher, à laquelle s'ajoute le refus de Kobi Tribitch et Amit Berger, les propriétaires, de réduire le prix de vente de leur entreprise[16].

Il pourra néanmoins devenir l'actionnaire principal d'un société d'investissement immobilier OCIF à Tel Aviv.

Arcadi Gaydamak se lance en politique en Israël avec la création d'un parti, "Justice sociale" en juillet 2007. Il candidate à la mairie de Jérusalem[9]. Cette élection n'est selon lui « qu'une formalité administrative ». Il tente d'obtenir les faveurs des électeurs notamment en organisant diverses opérations pour des familles israéliennes soumises au tir des roquettes palestiniennes : hébergements dans des hôtels, camps de vacances à Nitzanim au sud de Tel Aviv, aides a des associations familiales, etc. Toutes ces opérations sont payés avant les élections par des distributions de plusieurs millions de dollars.

Néanmoins le 11 novembre 2008, il obtient 3,6 % des voix derrière le vainqueur Nir Barkat (52 %) et Meir Porush (43 %)[17] et ne réussit alors pas à rentrer au conseil municipal.

Il est ensuite accusé par les autorités judiciaires israéliennes de blanchiment d'argent et d'infractions au droit bancaire pour ses activités au sein d'une des principales banques de Jérusalem : la HAPOALIM (sommes en jeu dans cette affaires de plusieurs millions de dollars). Le 19 décembre 2008, il quitte Israël à bord de son jet privé, après avoir versé une caution de plus de 2 millions de shekels exigée par la justice israélienne pour l'autoriser à quitter le pays. Il aurait mis en vente une partie de son patrimoine. Arcadi Gaydamak serait confronté à des difficultés financières et souhaiterait vendre ses possessions et aurait quitté Israël de manière définitive[18],[19].

Il s'établit ensuite en Russie[12].

Arrêté fin novembre 2013 à Zurich, il est initialement détenu à Genève où le procureur Dario Zanni a retenu la plainte de Luis Fernandez, alors manager général du club de football du Betar Jérusalem en 2005 qui affirme ne jamais avoir reçu ses émoluments de 400 000 euros qui devaient transiter par la Suisse[12].

Le 24 novembre 2015, il se rend en France et se constitue prisonnier avant d'être transféré à la prison de Fresnes pour y purger sa peine relative a sa condamnation pour as declaration de l'année 1994[20],[21].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. selon d'autres sources à Berditchev en Ukraine[réf. nécessaire].
  2. a et b Nicolas Beau, La maison Pasqua, p. 114.
  3. Gilles Gaetner, Le Piège, Éd. Plon, 2002.
  4. Nicolas Beau, op. cit., p. 111-115.
  5. interview réalisé par Nicolas Beau en 2002
  6. ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel par le juge Philippe Courroye
  7. Falcone conteste la légitimité de l'enquête, Le Nouvel Observateur, 15 avril 2002
  8. Moskovkoe Novosti, décembre 2000.
  9. a et b Angolagate : Arcady Gaydamak se dit victime d'une machination orchestrée par Jacques Chirac - LeMonde.fr
  10. Angolagate : Pierre Falcone est libre, Le Nouvel Observateur, 30 avril 2011
  11. Angolagate : la cour d'appel de Paris relaxe Charles Pasqua, Le Monde, 29 avril 2011.
  12. a, b et c (ats/afp/Newsnet), « Le financier Arcadi Gaydamak est détenu à Genève », Tribune de Genève,‎ (lire en ligne)
  13. « Angolagate : Pasqua relaxé, peines réduites pour Falcone et Gaydamak », Jeune Afrique,‎
  14. Clearstream : Gaydamak partie civile, Le Figaro, 17 septembre 2009.
  15. « Tiv Taam, kosher? Gaydamak says yes », sur Jerusalem Post (consulté le 10 juillet 2009)
  16. (en) « Gaydamak, Tiv Ta'am deal falls through », sur Ynetnews (consulté le 10 juillet 2009)
  17. (en) Secular candidate Nir Barkat wins Jerusalem mayoral race, Haaretz, 12 novembre 2008.
  18. Arcadi Gaydamak, un départ sans retour d'Israël ?, Le Monde, 23 décembre 2008.
  19. (en) « Where will Arcadi Gaydamak make his new home? » Haaretz, 22 décembre 2008.
  20. Renaud Lecadre, « Arcadi Gaydamak : la case prison », Libération,‎
  21. « Angolagate : Arcadi Gaydamak se rend à la justice », Le Monde,‎
  • Cinq acteurs de l'économie de l'ombre : Arkadi Gaydamak, Le Monde, 27 novembre 2002
  • Natalia Kotliarov, une femme soupçonnée d'avoir transporté des fonds pour le RPF, mise en examen, Le Monde, 5 mai 2001
  • Arcadi Gaydamak, l'"Ange d'Israël", Le Monde, 10 juillet 2007
  • Le milliardaire Arcady Gaydamak lance son parti politique en Israël, Le Monde, 9 juillet 2007
  • "Maxi-procès" en vue pour les ventes d'armes à l'Angola, Le Monde, 28 mars 2007
  • Angolagate : Arcady Gaydamak se dit victime d'une machination orchestrée par Jacques Chirac, Le Monde, 3 août 2007

Liens externes[modifier | modifier le code]