Arcades du Cinquantenaire

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Arcades du Cinquantenaire
Arcades Cinquantenaire.jpg
Présentation
Type
Architecte
Construction
Statut patrimonial
Localisation
Pays
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Accès et transport
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Métro(1)(5) Merode
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Tram(81) Merode
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Bus(22)(27)(61)(80)(N06) Merode
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Les Arcades du Cinquantenaire (en néerlandais : Triomfboog van het Jubelpark) sont un monument érigé à Bruxelles à l'initiative du roi Léopold II, à l'occasion du cinquantième anniversaire de l'indépendance de la Belgique. À leur construction, l'homme politique socialiste Émile Vandervelde les appela « les arcades des mains coupées » en pleine Chambre parlementaire, pour dénoncer le financement des travaux par l'argent du caoutchouc congolais (voir l'article sur l'Etat indépendant du Congo et l'ABIR)[1].

Histoire de la construction[modifier | modifier le code]

Le quadrige du Brabant
Triomfboog Jubelpark 4.JPG

En prévision de l'organisation de l'exposition et des festivités du Cinquantenaire de 1880, l'ancien champ de manœuvres militaire du plateau de Linthout est transformé en un lieu de foires commerciales et d'expositions. Il prendra le nom de Parc du Cinquantenaire.

Les plans de l'architecte Gédéon Bordiau prévoient en son centre la construction d'un palais à usage d'exposition. Les ailes symétriques doivent être reliées par une double colonnade semi-circulaire interrompue par une arcade monumentale. Il faudra attendre vingt-cinq ans avant de voir l'achèvement progressif du palais et du monument se terminer.

Les travaux se poursuivent après le jubilé, tandis que le site accueille en 1888 un « grand concours international des sciences et de l'industrie », puis l'exposition universelle de 1897. À cette époque, seuls les pieds verticaux de l'arche sont construits. Le temps et surtout les crédits venant à manquer, ils seront surmontés pour l'occasion d'un arc provisoire, fait de staff, mélange de plâtre et de fibres végétales, sur une structure de bois qui sera démontée ensuite. À l'arrière du palais est bâti un important hall d'exposition vitré sur une structure métallique.

Les autorités de la ville et le gouvernement rechignent à accorder les sommes nécessaires à la poursuite des travaux jugés par beaucoup pharaoniques. Le roi, qui tient à son projet et veut que celui-ci soit achevé pour les fêtes du 75e anniversaire de l'indépendance de la Belgique, finit par décider de financer le monument avec l'aide partielle de financiers privés[2] et au travers de la « Fondation de la Couronne » qui émarge en partie sur la cassette personnelle du roi, sur des placements en bourse et sur un fonds provenant de l'État indépendant du Congo.

En 1904, Bordiau étant mort, le roi fait appel à l'architecte français Charles Girault qui modifie les plans, dessinant un monumental arc de triomphe à trois arches. Il ne faudra que huit mois à 450 ouvriers se relayant jour et nuit pour le construire. Le projet de Girault nécessite la démolition à la dynamite des soubassements de l'arche de Bordiau et de quelques travées de la colonnade. Le hall métallique est en partie démonté derrière les arcades, dégageant une vaste esplanade.

L'inauguration de l'édifice qui coûta 7 500 000 francs-or se déroula le 27 septembre 1905.

Description du monument[modifier | modifier le code]

Le plafond à caissons sculptés des arcades

La triple arcade de 30 mètres de large pour 45 mètres de hauteur comporte trois baies de dimensions égales. L'ensemble est orienté face à la ville :

La décoration du monument et les sculptures qui l'ornent ont été confiées aux artistes les plus en vue de l'époque dans un esprit d'exaltation nationale. Le quadrige de bronze qui le surmonte et qui représente « le Brabant élevant le drapeau national », ainsi que les sculptures qui l'entourent sont l'œuvre de Thomas Vinçotte et Jules Lagae ; les huit autres provinces sont représentées assises aux pieds des piliers. La colonnade, à l'origine ouverte, fut fermée à l'arrière par un mur en 1905, qui fut ensuite décoré d'une frise en mosaïque de 360 mètres carrés dont le thème est « la glorification de la Belgique pacifique et héroïque ».

Un escalier en colimaçon, aujourd'hui flanqué d'un ascenseur, permet d'accéder à la salle d'exposition située sous le quadrige et aux deux terrasses situées de part et d'autre de ce dernier.

Le plafond des arcades, dont les arcs sont de plein cintre, est constitué de caissons de pierre ornés pour la moitié d'une couronne de laurier, et pour le reste du sigle signifiant « Le Roi, la Loi, la Liberté ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Annales Chambre des Représentants, débat parlementaire du 28 février 1905, cité par Jules Marchal in ED Morel contre Léopold II, vol 1, page 319
  2. Auguste Goffinet, homme de confiance du roi, est chargé de rassembler des fonds auprès de puissants donateurs privés

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