Arc de Titus

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 Ne doit pas être confondu avec l'arc de Vespasien et Titus du Circus Maximus.
Arc de Titus
Image illustrative de l'article Arc de Titus
Façade orientale de l'arc de Titus.

Lieu de construction Velia
Date de construction Après 81 ap. J.-C.
Ordonné par Domitien
Type de bâtiment Arc de triomphe
Le plan de Rome ci-dessous est intemporel.
Planrome2b.png
Arc de Titus
Localisation de l’arc de Titus
dans la Rome antique (en rouge)

Coordonnées 41° 53′ 27″ Nord, 12° 29′ 19″ Est
Liste des monuments de la Rome antique

L'arc de Titus (en latin : Arcus Titi) est un arc de triomphe romain à une baie érigé à Rome par l’empereur Domitien en 81 ap. J.-C. pour célébrer les victoires de son frère Titus durant la guerre de Judée entre 66 et 73 ap. J.-C. L’arc est consacré après la mort de Titus.

Localisation[modifier | modifier le code]

L'arc borde le Clivus Palatinus près de son intersection avec la Voie Sacrée, au sommet de la Velia (in summa Sacra Via). Il est possible qu'il ait été légèrement déplacé vers le sud et tourné lors de la construction du temple de Vénus et de Rome[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'arc est érigé peu après la mort de Titus en septembre 81 ap. J.-C. pour commémorer la prise de Jérusalem et la destruction du Second temple de Jérusalem.

Les statues qui décorent l'arc, dont deux éléphants en bronze, sont retrouvées sur la Via Sacra entre 535 et 536[a 1]. L’arc est intégré dans une forteresse des Frangipani au cours du Moyen Âge. Une chambre est construite dans la partie supérieure du passage voûté. L'édifice est libéré des constructions alentours en 1822 et est reconstruit par l’architecte italien Giuseppe Valadier. Il reconstitue une grande partie de la partie supérieure et la moitié externe des deux piliers avec du travertin[2]. La frise et l’inscription sont donc préservées seulement du côté tourné vers le Colisée.

Description[modifier | modifier le code]

L'architecture[modifier | modifier le code]

L'arc, recouvert de marbre du Pentélique, n'est composé que d’une seule arche contre trois pour les arcs de Septime Sévère et de Constantin par exemple. Il est large de 13,50 mètres, haut de 15,40 mètres et profond de 4,75 mètres. La voûte atteint 8,30 mètres de haut et 5,36 mètres de large[3]. Chaque façade est ornée de deux paires de colonnes engagées dans les deux piliers de l'arc. Leurs fûts sont cannelés et les chapiteaux sont d'ordre composite avec des volutes et des feuilles d'acanthe. Les colonnes se dressent sur des piédestaux carrés et encadrent de petites niches rectangulaires creusés dans les piliers.

La partie supérieure, l'attique, est haute de 4,40 mètres. C'est sur l'attique qu'est gravée l’inscription qui est préservée seulement du côté oriental[a 2]. Le sommet de l'arc était orné d'un groupe statuaire en bronze comprenant un quadrige tiré par des éléphants dans lequel se trouvait l'empereur déifié[1]. L’inscription figurant sur la face orientale est gravée en capitales (quadratæ), des points médians séparant les mots. La qualité du tracé des lettres en a fait un modèle pour l’alphabet latin épigraphique, au même titre que l’inscription de la colonne Trajane. À l’origine, les cavités sont occupées par des lettres de bronzes, disparues de nos jours.

Le texte peut être traduit par : « Le sénat et le peuple romain pour le divin Titus Vespasien, Auguste, fils du divin Vespasien. » L'expression DIVO TITO montre que Titus est décédé lors de l'édification de l'arc puisque l'adjectif divo (« divin ») n'est utilisé que pour parler de défunts. Les trois premiers mots latins : SENATVS POPVLVSQVE ROMANVS sont abrégés le plus souvent en SPQR.

Les reliefs[modifier | modifier le code]

La frise de l'entablement[modifier | modifier le code]

Les colonnes engagées dans les deux principaux piliers supportent un entablement simple dont la frise est ornée d'un long haut-relief représentant une procession triomphale qui fait tout le tour de l'arc mais dont seule la section du côté oriental a été préservée[3]. À l'extrémité gauche de la section préservée, une figure allongée sur un ferculum porté par trois hommes a été identifiée à une personnification du fleuve Jourdain[3]. Le reste du cortège se compose de diverses personnalités civiles et militaires et d'animaux menés au sacrifice.

Les reliefs des façades[modifier | modifier le code]

Dans les écoinçons figurent des victoires ailées. Elles encadrent les voussoirs centraux de l'arche sur les deux faces (les pierres placées en clé de voûte) qui sont ornés de petites statues représentant probablement Honos à l'ouest et Virtus à l'est[3].

Les reliefs sous l'arche[modifier | modifier le code]

À l’intérieur de l’arche figurent deux reliefs dans de grands panneaux rectangulaires qui occupent quasiment toute la profondeur des piliers. Les deux reliefs présentent deux scènes se déroulant durant le triomphe célébré à Rome par Titus pour ses victoires en Judée.

Sur le pilier sud, le bas-relief montre des soldats portant les objets de valeur pris dans le Tabernacle du Second Temple de Jérusalem avant sa destruction. On reconnaît le « Chandelier » à sept branches, la « table des pains de proposition » (une table en bois recouvert d’or où sont placés douze pains saints renouvelés tous les sept jour et que seuls les sacrificateurs peuvent manger) et les trompettes sacrées. Les porteurs du butin passent sous un arc représenté à l'extrême droite du relief, surmonté d’un double quadrige. Il pourrait s'agir de l'arc que Vespasien et Titus ont fait construire dans le Circus Maximus.

Sur le bas-relief du pilier nord figure Titus en triumphator coiffé de lauriers, conduisant un quadrige et accompagné d'une victoire ailée[1].

Au centre du plafond du passage voûté est représentée l'apothéose de Titus qui est porté jusqu’au ciel par un aigle[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Sources modernes :
  1. a, b, c et d Richardson 1992, p. 30.1.
  2. Richardson 1992, p. 30.1-2.
  3. a, b, c et d Richardson 1992, p. 30.2.
  • Sources antiques :
  1. Cassiodore, Variæ 10, 30
  2. CIL VI, 945

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Lawrence Richardson, A New Topographical Dictionary of Ancient Rome, Johns Hopkins University Press, , 488 p. (ISBN 0801843006)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]