Aram (pays biblique)

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Le Proche-Orient en 830 av. J.-C.

L'Aram est une région mentionnée dans la Bible située dans le centre de la Syrie actuelle. À son apogée, l'Aram s'étendait des montagnes libanaises jusqu'à l'Euphrate, comprenant certaines parties de la vallée du fleuve Khabour dans le nord-ouest de la Mésopotamie, à la frontière de l'Assyrie. La région était connue sous le nom de Terre d'Amurru pendant l'Empire Akkadien (2335-2154 avant J. -C.), l'Empire Néo-Sumérien (2112-2004 avant J. -C.) et l'Ancien Empire Assyrien (2025-1750 avant J.-C.) en référence à ses habitants en grande partie amorrites. Pendant l'empire néo-assyrien (911-605 av. J. -C.), l'empire néo-babylonien (612-539 av. J. -C.) et l'empire achéménide (539-332 av. J. -C.), Aram était connu sous le nom d'Eber-Nari

Étymologie[modifier | modifier le code]

L'étymologie peut être liée à haramis, arami, aramija ou ahlamu, c'est-à-dire aux bandits. Une explication standard est la signification originale de "hautes terres ". Cela a été interprété en opposition avec Canaan, ou "basses terres". [1]

Premières références[modifier | modifier le code]

La tradition judéo-chrétienne prétend que le nom dérive de l'Aram biblique, cinquième fils de Sem, petit-fils de Noé dans la Bible[2]. Cependant, aucun document ancien du Levant ou de la Mésopotamie n'a jamais été trouvé qui mentionnent une telle personne, mais il existe des documents de différents peuples sémitiques à l'ouest de la Mésopotamie où sont désignés des Ahlamu et et des Amorrites de langue cananéenne[3].

Le nom Aram peut être trouvé dans de nombreuses sources anciennes. Le toponyme A-ra-mu apparaît dans une inscription du royaume sémite oriental d'Ebla, qui énumère les noms géographiques, et le terme Armi, qui est le terme éblaïte pour Alep, apparaît fréquemment dans les tablettes d'Ebla (vers 2300 av. J. -C.). Une des annales de Naram-Sin d'Akkad (vers 2250 av. J. -C.) mentionne qu'il a capturé "Dubul, l'ensí de A-ra-me" (Arame est apparemment une forme génitive), au cours d'une campagne contre Simurrum dans les montagnes du nord[4]. D'autres références sont apparues dans les archives de Mari (vers 1900 av. J. -C.) et d'Ugarit (vers 1300 av. J. -C.).

Il n' y a guère de consensus sur les relations, s'il y en avait, entre les lieux ou sur la preuve que les habitants d'Aram étaient bel et bien des Araméens. La plus ancienne mention incontestée des Araméens en tant que peuple remonte aux inscriptions du roi assyrien Teglath-Phalasar Ier (1114-1076 av. J. -C.) dans la dernière partie de l'Empire assyrien moyen.

Plusieurs des territoires araméens situés dans l'Aram sont également référencés dans la Bible hébraïque. Ils comprennent Aram-Naharaim, Paddan-Aram, Aram-Damas, Aram-Rehob et Aram-Zobah.

Historique[modifier | modifier le code]

Les Araméens semblent avoir déplacé les premières populations amorrites sémitiques de la Syrie antique entre 1100 av. J.-C. et 900 av. J.-C., époque sombre pour tout le Proche-Orient, l'Afrique du Nord, le Caucase, les régions méditerranéennes, avec de grands bouleversements et des mouvements massifs de population.

Les Araméens ont émergé dans une région qui était en grande partie sous la domination de l'empire assyrien moyen (1365-1050 avant J.-C.), et peu après leur apparition, ils ont été conquis par Teglath-Phalasar Ier (1115-1077 avant J.-C.) de l'Assyrie, et ont été incorporés dans l'empire assyrien moyen qui a englobé une grande partie du Proche-Orient et de l'Asie mineure[5].

Cependant, l'Assyrie a connu un déclin temporaire à partir de la seconde moitié du XIe siècle avant J.-C. jusqu' à la fin du Xe siècle avant J.-C., ce qui a permis aux Araméens d'établir une série d'États dans le Levant. Au cours de la période 1050 - 900 avant J.-C., les Araméens sont venus à dominer la plupart de ce qui est maintenant la Syrie, mais a ensuite été appelé Eber-Nari et Aram. 

Deux royaumes araméens de taille moyenne, Aram-Damas et Hama, ainsi que plusieurs royaumes plus petits et des villes-États indépendantes, se sont développés dans la région au début du premier millénaire av. J.-C.. Les plus remarquables d'entre eux sont Bit Adini, Bit Bahiani, Bit Hadipe, Aram-Rehob, Aram-Zobah, Bit-Zamani, Bit-Halupe et Aram-Ma'akah, ainsi que les tribus araméennes des Gambulu, Litau et Puqudu.

Il y a eu une certaine synthèse avec des populations de néo-hittites dans le nord de la Syrie et le sud de l'Anatolie centrale, et un certain nombre de petits États dits syro-hittites ont vu le jour dans la région, comme Tabal. La côte est de la Méditerranée était largement dominée par les villes phéniciennes telles que Tyr, Sidon, Berytus et Arvad.

Avec l'avènement de l'Empire néo-assyrien (911-605 av. J.-C.), la région tomba une fois de plus sous le contrôle de l'Assyrie[6]. Un grand nombre de personnes qui y vivaient ont été déportées en Assyrie, à Babylonie et ailleurs. Quelques stèles qui nomment les rois de cette période ont été trouvées, comme la stèle de Zakkur du VIIIe siècle. Les Assyriens et les Babyloniens eux-mêmes adoptèrent une forme araméenne mésopotamienne, connue sous le nom d'araméen impérial au VIIIe siècle av. J.-C., lorsque Teglath-Phalasar III en fit la lingua franca de son vaste empire. Les dialectes néo-araméens encore parlés par les indigènes assyriens et mandéens du nord de l'Irak, du sud-est de la Turquie, du nord-est de la Syrie et du nord-ouest de l'Iran descendent de cette langue. 

L'empire néo assyrien fut fragilisé par une guerre civile ininterrompue à partir de 626 av. J.-C., ce qui l'affaiblit sévèrement et lui permit d'être attaqué et détruit par une coalition de ses anciens vassaux entre 616 et 605 av. J.-C. [7]

Les Babyloniens et les Égyptiens se sont ensuite battus pour la région, ces derniers étant tardivement venus en aide à leurs anciens seigneurs assyriens. Les Babyloniens l'emportèrent et Aram devint une partie de l'empire néo-babylonien pour une courte durée (612-539 av. J.-C.) où il demeura appelé Eber-Nari. 

L'empire perse achéménide (539-332 av. J.-C.) renversa les Babyloniens et conquit la région. Ils conservent l'araméen impérial introduit par les Assyriens, et le nom d'Eber-Nari. 

En 332 av. J.-C., la région fut conquise par le souverain grec Alexandre le Grand. À sa mort en 323 av. J.-C., cette région devint une partie de l'empire séleucide grec, et le grec remplaça l'assyrien comme langue officielle de l'empire, tout comme les noms d'Eber-Nari et d'Aramea. Cette région et d'autres parties de l'ancien empire assyrien à l'est (y compris l'Assyrie elle-même) ont été rebaptisées Syrie (Syrie séleucide). [8] C'est à partir de cette période que surgit la controverse entre la Syrie et l'Assyrie sur la dénomination, les Séleucides appliquèrent confusément le nom non seulement à la terre mésopotamienne de l'Assyrie elle-même, mais aussi aux terres à l'ouest d'Euphrate qui n'avaient jamais fait partie de l'Assyrie elle-même, mais seulement aux colonies habitées par les Araméens, Phéniciens, Néo-Hittites et Sutéens. Quand ils ont cédé le contrôle de l'Assyrie aux Parthes, le nom Syrie a survécu, mais a été coupé de son sens originel, et a été appliqué seulement à la terre à l'ouest de l'Euphrate qui avait autrefois fait partie de l'empire assyrien. Cependant, cette situation a conduit les Assyriens et les Araméens à être surnommés Syriens et plus tard Syriaques dans la culture gréco-romaine. Cette région, aujourd'hui appelée Syrie, fut combattue par les Séleucides et les Parthes au IIe siècle avant J.-C., et plus tard encore par les Romains et les Perses Sassanides. Palmyre, un puissant royaume araméen apparut durant cette période, et pendant un certain temps, il domina la région et résista avec succès aux tentatives de conquête romaines et perses. La région est finalement passée sous le contrôle de l'Empire byzantin. Le christianisme commença à s'imposer du Ier au IIIe siècle après J.-C., et la langue araméenne supplante progressivement le cananéen en Phénécie et l'hébreu en Israël/Palestine.

Au milieu du VIIe siècle de notre ère, la région tomba à la conquête arabo-islamique. La langue araméenne a survécu parmi une partie non négligeable de la population syrienne, qui a résisté à l'arabisation. Cependant, l'araméen occidental natif de la population chrétienne araméenne de Syrie n'est aujourd'hui parlé que par quelques milliers de personnes, la majorité d'entre elles ayant maintenant adopté la langue arabe. L'araméen oriental mésopotamien, qui contient encore un certain nombre de mots empruntés à la langue akkadienne, ainsi que des similitudes structurelles, survit toujours parmi la majorité des Assyriens ethniquement distincts, qui sont principalement basés dans le nord de l'Irak, le nord-est de la Syrie, le sud-est de la Turquie et le nord-ouest de l'Iran. 

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. H. B. Tristram, « Bible Places: Or, the Topography of the Holy Land, a Succinct Account of All the Places, Rivers, and Mountains of the Land of Israel, Mentioned in the Bible, So Far as They Have Been Identified : Together with Their Modern Names and Historical References », Gorgias Press,
  2. See Genesis 10:22
  3. F. Leo Oppenheim – Ancient Mesopotamia
  4. « T2K3.htm », ucla.edu
  5. Georges Roux – Ancient Iraq
  6. Isaac Asimov ; maps by Rafael Palacios, Asimov's guide to the Bible : the Old and New Testaments, New York, Wings Books, (ISBN 0-517-34582-X), p. 54
  7. ^ Assyria 1995: Proceedings of the 10th Anniversary Symposium of the Neo-Assyrian Text Corpus Project / Helsinki, September 7–11, 1995.
  8. « The Terms "Assyria" and "Syria" Again » [archive du ] [PDF] (consulté le 19 juin 2011)

Bibliographie[modifier | modifier le code]