Arabie heureuse

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L’Arabie heureuse désignait pour les Grecs et Romains, l'Arabie du Sud (actuel Yémen), relativement humide grâce à ses montagnes et à un important système d'irrigation, centre de la riche civilisation des Sabéens.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'Arabie heureuse représentait, pour les Romains, le plus souvent une terre semi-fabuleuse, où habitait le phénix et d'où provenait l'encens nécessaire aux actes religieux, ainsi que d'autres épices :

« Au delà du débouché du Nil à Péluse se trouve, baignée par la Mer Rouge, l’Arabie dite heureuse, regorgeant de parfums et de richesses. On désigne ainsi le pays des arabes Cattabanes, Esbonites et Scénites, et hors ses frontières avec la Syrie elle est désertique, sans autre relief notable que le mont Casius. »

— Pline l'Ancien, Histoire Naturelle, livre V, chap. xii[1]

Elle pouvait aussi constituer une étape sur les routes maritimes vers l'Inde et l'Extrême-Orient. Au milieu du IIe siècle une présence militaire romaine est attestée sur les îles Farasan, non loin des côtes de l'Arabie romaine[2].

L'Arabie heureuse (Arabia felix)[Note 1] s'opposait par son nom aux autres "Arabies" connues par les Romains :

En 26 av. J.-Chr., le préfet d’Égypte Ælius Gallus est chargé par Auguste de mener une expédition dans cette région. Mal guidée et peu préparée à un environnement en réalité hostile, l'armée romaine de 10 000 hommes meurt : la traversée du désert d'Arabie nous a été rapportée par Strabon[3], Cassius Dion[4] et Pline l'Ancien[5],[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le terme d'Arabie heureuse vient d'une mauvaise traduction du latin : felix signifie en premier lieu fertile, et entre autres sens dérivés heureux. Cette zone étant la mieux irriguée de la péninsule, on l'a appelée "Arabie fertile".

Références[modifier | modifier le code]

  1. Texte original : « Ultra Pelusiacum Arabia est, ad Rubrum Mare pertinens et odoriferam illam ac divitem et beatæ cognomine inclutam. Hæc Cattabanum et Esbonitarum et Scenitarum vocatur, sterilis præterquam ubi Syriæ confinia attingit, nec nisi Casio monte nobilis. »
  2. F. Villeneuve et A.S. Lewin et P. Pellegrini (dir.), L’armée romaine en mer Rouge et autour de la mer Rouge aux IIe et IIIe siècles apr. J.-C. : à propos de deux inscriptions latines découvertes sur l’archipel Farasan, The Late Roman Army in the Near East from Diocletian to the Arab Conquest. Proceedings of a colloquium held at Potenza, Acerenza and Matera, Italy (May 2005), Oxford, BAR int., , p. 13-27.
  3. Strabon, Géographiques, livre XVI, p. 780-783.
  4. Cassius Dion, Histoire Romaine, livre LIII, 29
  5. Pline l'Ancien, Histoire naturelle [détail des éditions] [lire en ligne],, livre VI, §32.
  6. Charles Merivale, History of the Romans under the Empire, « 4 », et H. Krüger, Der Feidzug des Aelius Gallus nach dem glucklichen Arabien unter Kaiser Augustus, Erlangen, (lire en ligne).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Abdulghani Al-Hajebi, La Représentation de l'Arabie heureuse dans les récits des voyageurs français de la Renaissance à l’époque de la colonisation, Thèse, Université de Rouen, 28 janvier 2010, dir. François Bessire.

Articles connexes[modifier | modifier le code]