Arènes de la rue Pergolèse à Paris

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Arènes de la rue Pergolèse à Paris
Données générales
Nom officiel Arènes de la rue Pergolèse à Paris
Coordonnées 48° 51′ 46″ nord, 2° 16′ 34″ est
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département 75116
Ville Paris
Organisation
Données historiques et techniques
Date de construction 1865 et 1889
Date d'inauguration 1889
Capacité d'accueil 22 000 places

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Arènes de la rue Pergolèse à Paris

Les arènes de la rue Pergolèse est un édifice de spectacles taurins et équestres aujourd'hui disparu, construit au 60, rue Pergolèse [1], dans le 16e arrondissement de Paris en 1889 et détruit en 1893.

Dénommées Plaza de toros de l'Exposition, ces arènes sont construites en vingt-huit jours, au printemps 1888, pour l'Exposition universelle de Paris de 1889. Leur architecture de brique est calquée sur celle des arènes espagnoles et leur contenance est de 14 000 spectateurs. Inaugurées le 28 juin 1889, elle accueillent corridas espagnoles et spectacles équestres.

Description[modifier | modifier le code]

En , des spectacles tauromachiques existaient déjà à l'hippodrome de Paris (hippodrome de l'Alma), mais ce n'est que pour l'Exposition universelle de 1878 que l'on décida de faire une arène, édifice en bois qui pouvait contenir 14 000 spectateurs[2]. Construite en vingt-huit jours, inaugurée le de cette année-là, l'arène accueillit des figuras (« vedettes ») espagnoles : « El Gordito », « El Gallo ». Le 4 juillet, « Lagartijo » y tua illégalement le premier taureau. Mais cette fiesta brava parisienne n'eut pas de suite et les arènes disparurent dès le mois de septembre[3].

En , une société composée d'éleveurs espagnols décide de financer la construction de nouvelles arène pour l'Exposition universelle de 1889[4]. Construite en briques avec une base en pierres et un toit en métal, l'arène avait la forme d'un polygone avec une piste de 56 mètres de diamètre[5]. D'une jauge de 22 000 places, avec fauteuils individuels, loges et couverture amovible[1]. Elle pouvait accueillir un grand orchestre[1] .

Avec ses onze rangées de gradins, des écuries avec quarante stalles, six corrals de 10 m2 chacun entourés de murs épais, des patios et une grande salle d'exposition où étaient présentée une collection de costumes de lumières, des objets et documents tauromachiques, et elle se flattait de n'avoir rien à envier aux arènes de Madrid[6].

Historique[modifier | modifier le code]

Les photographies de l'époque montrent qu'elles étaient en effet monumentales. La construction, terminée pour l'Exposition universelle de Paris de 1889, avait été financée en grande partie par des éleveurs espagnols[6]. Dès le 14 juillet, on annonça la participation des plus grands matadors du moment : Luis Mazzantini, Lagartijo , qui débarquèrent à la gare des Batignolles avec 50 toros, 20 cabestros, 40 chevaux, et 200 personnes[6]

Les arènes furent inaugurées le samedi [1] en présence du ministre de l'Intérieur, Ernest Constans. Adolphe Sax dirigeait un orchestre de cent vingt musiciens qui joua, pour le paseo, La Giralda puis La Gracia de Dios ', deux paso-doble célèbres[1] du compositeur espagnol Ramón Roig y Torné. Le spectacle comprenait un paseo comptant un peloton de soldats de la garde, quatre alguaziles à cheval, deux à pied[7].

Les quatre matadors au cartel de cette corrida étaient : Currito, Felipe Garcia, Ángel Pastor, et Frascuelo qui combattra trois fois dans cette arène[8], ainsi que deux rejoneadors portugais : Alfredo Tinoco et Luis do Rago[9],[7]

Vingt-huit corridas se déroulèrent cette année-là dans l'arène où les taureaux emboulés n'étaient ni piqués ni tués, dans les premiers spectacles. Puis le préfet autorisa les règles de la corrida espagnole qui furent appliquées dès l'année suivante. En , il y eut 41 corridas, mais le préfet se ravisa de nouveau et il interdit la mise à mort.

L'année suivante, il n'y eut plus que 26 spectacles, et comme les figuras[10] (matadors vedettes) refusaient de se prêter à une parodie de tauromachie, le public déserta bientôt les gradins. On essaya divers autres spectacles détournés de la corrida : charlotades, toreo comique, mais dès 1893, la société qui gérait les arènes était en faillite et l'édifice qui avait coûté une fortune fut démoli[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Robert Bérard, Histoire et dictionnaire de la Tauromachie, Paris, Bouquins Laffont, , 1056 p. (ISBN 2221092465)
  • Claude Popelin, Le Taureau et son combat, Paris, de Fallois, , 210 p. (ISBN 2877061779)
  • Paul-Louis Mignon, Histoire de la corrida en France du second empire à nos jours, Paris, Julliard, (ISBN 2260000711)

Articles[modifier | modifier le code]

  • Francis Marmande, « Le saxophone de M. Sax et les arènes taurines », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 15 octobre 2016).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]