Apprentissage par le jeu

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

L'apprentissage par le jeu est un concept utilisé en éducation et en psychologie pour décrire comment un enfant apprend en donnant du sens au monde qui l'entoure par l'activité de jeu. À travers le jeu, l'enfant peut développer des aptitudes sociales et cognitives, une maturité émotionnelle et acquérir suffisamment de confiance en soi pour s'engager dans de nouvelles expériences et de nouveaux environnements[1].

Activité de jeu[modifier | modifier le code]

L'activité de jeu, que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur, seul ou à plusieurs, de manière silencieuse ou bruyante, permet aux enfants de découvrir ce que sont les choses qui les entourent, les essayer et mettre en pratique des idées et des aptitudes, prendre des risques, explorer leurs sentiments, apprendre de leurs erreurs, être en contrôle et à penser de façon créative.

Facteurs permettant l'apprentissage[modifier | modifier le code]

Selon une étude menée en 2009 par le ministère de l'Éducation anglais[2], la méthode clé qu'utilise les jeunes enfants pour apprendre est le jeu. Celui-ci contient en lui-même de nombreux facteurs qui permettent l'apprentissage :

  • Être en relation avec d'autres personnes, enfants et adultes, permet à l'enfant d'approfondir une sécurité émotionnelle et des aptitudes sociales et ainsi de se sentir supporté dans l'exploration d'idées et motivé pour continuer son apprentissage.
  • Être actif, pour apprendre et comprendre ses expériences, le jeune enfant est en mouvement constant. Une inactivité prolongée peut être le signe de trouble chez l'enfant.
  • Explorer de nouvelles choses et expériences, la curiosité profonde de l'enfant l'amène à utiliser tous ses sens pour explorer des activités de ses propres mains et ainsi lui permet de rassembler les informations dans son esprit pour structurer sa pensée et donner du sens au monde.
  • Se parler à soi-même, l'enfant structure sa pensée par un dialogue intérieur (ou extérieur) qui règle et clarifie la pensée, il le fait en jouant des rôles et répétant ses compétences.
  • Communiquer avec ceux qui réagissent à leurs idées et à ce qu'ils font, même avant qu'ils aient des mots pour parler, les enfants ont le désir de partager leurs idées par des sons, des gestes et le langage du corps. Parler aide les enfants à comprendre ce dont ils font l'expérience. Il est important pour eux qu'ils puissent exprimer leurs propres idées et de pouvoir discuter avec d'autres pour entendre de nouvelles idées, étendre leur pensée et utiliser le langage pour apprendre.
  • Représenter et reproduire leurs idées et expériences, Les enfants approfondissent leur compréhension à mesure qu'ils recréent leur expérience ou communiquent de manière différente leur pensée, dans des jeux de rôle ou des petits mondes où ils peuvent jouer avec des images, du mouvement, des modèles (marionnettes, poupées…) et des paroles.
  • Faire face à des défis physiques et mentaux, faire des essais, échouer, rencontrer des difficultés, persévérer, résoudre un problème, chercher par lui-même et faire une découverte est le moyen pour l'enfant de développer une véritable compréhension. Ces défis réalisés par le jeu préparent l'enfant aux situations de défis de la vie quotidienne.
  • S'informer sur comment faire quelque chose, les enfants apprennent de nouvelles compétences en observant les autres les mettre en pratique, ses pairs et les adultes qui lui montrent comment faire une chose lui sont précieux.
  • Pratiquer, répéter et mettre en application leurs compétences, les compétences que l'enfant souhaite maitriser, les répète et les met en pratique tant qu'il trouve ces compétences agréables.
  • S'amuser, il n'y a pas de place pour l'ennui et les activités répétitives, le rire, le plaisir et la joie, parfois fantaisiste et sans signification aux yeux de l'adulte, est la meilleure condition pour favoriser l'apprentissage. Avec l'état d'esprit de jeu, l'enfant peut entreprendre toutes sortes d'activités qui ne sont parfois pas considérées comme du jeu.

Éléments du jeu chez l'enfant[modifier | modifier le code]

Selon les promoteurs du concept, le jeu permet aux enfants de donner un sens à leur monde. Les enfants possèdent une curiosité naturelle pour l'exploration et le jeu est le moyen pour la mettre en pratique. Dans le livre Einstein n'a jamais utilisé de cartes mémoires, cinq éléments du jeu chez l'enfant sont listés [3] :

  • Le jeu doit être plaisant et agréable.
  • Le jeu ne doit pas avoir d'objectifs externes, aucune prescription d'apprentissage ne doit exister.
  • Le jeu est spontané et volontaire.
  • Le jeu exige un engagement actif de la part du joueur.
  • Le jeu nécessite de faire semblant.

Définition du jeu[modifier | modifier le code]

  • La créativité : les jeux de rôle et les jeux qui imitent la réalité, par exemple fabriquer des accessoires pour les utiliser ou trouver des objets pour servir d'accessoires. Le jeu peut aussi être créatif lorsque la personne est amenée à construire avec des blocs, utilise de la peinture ou utilise différents matériaux pour construire un objet. La créativité n'est pas un but en soi mais le processus qu'utilise le scénario du jeu.
  • L'imagination : elle est utilisée pendant le jeu quand la personne impliquée crée des images dans son esprit pour combiner ses intuitions, ses pensées et ses idées. La personne utilise alors ces images dans son jeu[4].

Sept caractéristiques communes du jeu sont listées dans Jouer et Apprendre de Beverlie Dietze et Diane Kashin[5] :

  • Le jeu est actif
  • Le jeu est initié par le joueur
  • Le jeu est un processus orienté
  • Le jeu est intrinsèque
  • Le jeu est épisodique
  • Le jeu est gouverné par des règles
  • Le jeu est symbolique

Tandis que Tina Bruce a présenté les douze caractéristiques de l'enfant en relation au jeu [4] :

  1. Les enfants utilisent des expériences de vie de première main.
  2. Les enfants créent des règles pendant le jeu de manière à garder le contrôle.
  3. Les enfants décrivent symboliquement pendant qu'ils jouent, créant et adaptant des accessoires de jeux.
  4. Les enfants choisissent de jouer, ils ne peuvent pas être conduits à jouer.
  5. Les enfants entraînent leur futur dans leur jeu de rôle.
  6. Les enfants jouent parfois seuls.
  7. Les enfants font semblant lorsqu'ils jouent.
  8. Les enfants jouent de manière coopérative avec des adultes et d'autres enfants en binômes ou en groupes.
  9. Les enfants ont des objectifs de jeu personnel, qui peuvent ou peuvent ne pas être partagés.
  10. Les enfants sont profondément impliqués et difficiles à distraire de leur profond apprentissage tandis qu'ils sont immergés dans leurs jeux et apprentissages.
  11. Les enfants essayent de mettre en pratique les compétences et aptitudes qu'ils ont acquises le plus récemment comme s'ils célébraient ce qu'ils connaissaient.
  12. Les enfants coordonnent les idées et les sentiments et donnent du sens aux relations avec leurs familles, leur amis et leurs cultures.

Le jeu et le travail[modifier | modifier le code]

Certains chercheurs distinguent une différence critique entre le jeu et le travail. Le jeu est principalement une activité que choisit la personne pour elle-même plutôt qu'une prescription venant d'une autre personne. Il s'agit d'un processus et non un produit ou un résultat prévu. Le travail, d'un autre côté a un objectif défini et un résultat précis[6].

Selon Doris Bergen :

Pour qu'une activité soit considérée comme du jeu, l'expérience doit inclure un contrôle de l’intérieur, une habilité à manipuler et à inventer la réalité et une forte pulsion de motivation à jouer. Si les parents et les éducateurs essayent d'étiqueter des expériences comme du jeu mais auraient en réalité des conditions particulières pour l'activité, alors celle-ci deviendrait du travail et non du jeu. Par exemple, il est impossible de jouer avec des cartes mémoires qui ont pour objectif de faire mémoriser à l'enfant ce qui se trouve sur chaque carte. Ce n'est pas du jeu et l'enfant fait rapidement la différence entre un jeu pur et du travail déguisé en jeu[7].

Le jeu n'est pas une perte de temps, mais plutôt du temps passé à la construction de nouvelles connaissances à partir des expériences précédentes[8]. Toutefois sur le long terme, les qualités développementales du jeu sont difficiles à rechercher[9]. Il existe différentes façons qu'utilisent les chercheurs pour regarder les différences entre le travail et le jeu. Les chercheurs peuvent choisir des définitions du jeu ou du travail selon différentes bases :

  • Premières activités : même si la culture considère que les actions de l'enfant sont du jeu, un chercheur peut considérer de définir les actions de l'enfant comme du travail parce qu'elles ajoutent une valeur immédiate à l'unité de la famille [9].
  • La conception du parent : les parents de différentes cultures définissent les actions de l'enfant différemment[9]. Par exemple, une mère Maya qui a une fille qui installe son propre stand de fruit considère cela comme du jeu. Toutefois de nombreux Occidentaux considéreraient cela comme du travail si l'enfant est en réalité un vendeur de marchandise derrière un stand. Un enfant des États-Unis qui gère un stand de limonade est vu comme quelqu'un travaillant pour de l'argent.
  • La conception de l'enfant : l'enfant a différentes idées de ce qu'est jouer et travailler en comparaison aux adultes. Un enfant qui fait semblant de cuisiner peut avoir la croyance qu'il est en train de travailler et contribuer aux besoins de la famille.

Articles Connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jack Kahn et Susan Elinor Wright, Human growth and the development of personality, Pergamon Press (ISBN 978-1-59486-068-3)
  2. (en) Learning, playing and interacting. Good practice in early years foundation stage. (lire en ligne), p. 9
  3. Kathy Hirsh-Pasek et Roberta Michnick Golinkoff, Einstein Never Used Flash Cards, Rodale Inc. (ISBN 978-0-08-023383-3)
  4. a et b Tina Bruce, Learning Through Play: For Babies, Toddlers and Young Children, London, Hodder Education, , 2e éd. (ISBN 9781444137163)
  5. Beverlie Dietze et Diane Kashin, Playing and Learning in Early Childhood Education, Pearson Prentice Hall (ISBN 978-0135125465), p. 46
  6. Greta Fein et Nancy Wiltz, « Play as Children See It », Play from Birth to Twelve: Contexts, Perspectives, and Meanings,‎ (ISBN 978-0415951128)
  7. Play As a Medium for Learning and Development, Doris Bergen, 2009, PDF
  8. Play: A Necessity for All Children dans la revue Childhood Education, Joan Packer Isenberg, Nancy Quisenberry un article lié à l'ouvrage
  9. a b et c article Play, Work and Learning de Gary Chick dans The Anthropology of Learning in Childhood, 2010, (ISBN 978-0-7591-1322-0)