Apprenance

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L'apprenance est un néologisme qui définit une attitude et des pratiques individuelles et collectives. C'est la volonté de rester en phase avec son écosystème.

Elle exprime une volonté d’apprendre et d’apprendre ensemble à quatre niveaux : individuel, organisationnel, interorganisationnel et sociétal. C'est la démarche utilisée par les organisations apprenantes.

L’apprenance permet de s'enrichir de sa propre réflexion dans l’action, des découvertes des uns et des autres, des enseignements en groupe, de fluidifier la circulation de l'expérience, et de s’adapter aux changements. C’est travailler en transparence dans des réseaux transverses formels ou informels. Pratiquer l'apprenance est une question de survie. Dans un environnement de plus en plus changeant et évolutif, l'entreprise doit apprendre à se mouvoir. Elle est comparable à un organisme vivant dont l’existence biologique est faite d'interactions. Les différences sont et font sa richesse, la créativité se développe, l'intelligence collective émerge.

Ce néologisme est apparu dans la première moitié des années 1990, lié aux travaux américains de Peter Senge et d'Alain Gauthier. Il est repris en France notamment dans la revue Management et conjoncture sociale no 518, par Thierry Groussin puis par Jacques Chaize dans Le Grand écart en 1998.

SoL France, la Société pour l'organisation apprenante (Society for Organizational Learning), a approfondi la démarche depuis 1998 dans ses séminaires « Fondements de l'organisation apprenante » et a dessiné des « grilles de l'apprenance » qui permettent aux organisations de mieux comprendre là où elles en sont sur le chemin de l'apprenance. Les recherches sur la logique du vivant sont celles du sociologue Alain de Vulpian. L'attitude et la démarche sont aussi largement décrites par Philippe Carré, professeur à l'Université de Nanterre, L'Apprenance, vers un nouveau rapport au savoir, (Dunod 2005). Quant à Hélène Trocmé-Fabre, J'apprends, donc je suis..., (les éditions d'Organisations, 1987), fait la relation avec la neuropédagogie.

L’apprenance se distingue enfin de l'apprentissage qui a une dimension plus individuelle, parfois plus contractuelle, du « maître » à « l’élève ». Apprenance et apprentissage sont néanmoins deux attitudes complémentaires.

Les réseaux apprenants[modifier | modifier le code]

En associant l'apprenance aux nouveaux systèmes d'organisations basés sur les réseaux sociaux, les réseaux apprenants sont un nouveau moyen privilégié pour favoriser l’engagement des salariés et donner au manager une nouvelle posture basée sur l’influence.

Selon Thierry Raynard, référent des réseaux apprenants à la SNCF, la définition des réseaux apprenants est : « Apprendre ensemble dans l’action, autour d’un objet de travail, pour co-construire, dans son cercle d’influence, le changement avant de le conduire ». C'est le parti pris du potentiel humain individuel et collectif.

  • « Quand vous mettez une machine en route, elle commence à se dégrader, quand vous mettez un homme en route, il commence à s’améliorer » John von Neumann, mathématicien, précurseur de l’informatique (1903 - 1957).
  • « Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin » auteur de la citation inconnu.

Pour faire des managers les acteurs du changement en partant de la réalité opérationnelle, susciter l’engagement des équipes et créer une dynamique d’adaptation permanente primordiale dans un monde où l’avantage concurrentiel ne saurait être permanent, la mise en œuvre des principes de l’intelligence collective est dorénavant préconisée. Les réseaux apprenants dont le but est de regrouper un grand nombre d’acteurs opérationnels dans la stratégie, l’innovation et les sauts de performance afin de confronter leurs visions et faire face à un changement, constituent la démarche à entreprendre et marquent le besoin d’une rupture culturelle au sein des organisations professionnelles, de coopération[1].

Avec l'objectif de libérer la parole et redynamiser les collectifs, les réseaux apprenants constituent des dispositifs de changement au cœur de l'activité avec le souci de la performance et du bien-être.

L’organisation apprenante pour penser et agir sur le travail[2][modifier | modifier le code]

Quelles sont les particularités des organisations apprenantes ? En quoi permettent-elles de dépasser les écueils de modes de management devenus obsolètes ?

Les notions d’apprenance et d’entreprise apprenante présentent quatre caractéristiques majeures.

  • Créer les modalités permettant aux salariés de devenir acteurs et producteurs des conditions dans lesquelles ils travaillent ainsi que de faire l’apprentissage de nouvelles pratiques en situation réelle de travail.
  • Apprendre ensemble à s’ajuster en réunissant les différents niveaux hiérarchiques ; travailler les solidarités locales ; ne pas hésiter à aborder les écarts de points de vue.
  • Organiser le travail en tenant compte de la part de savoir de chaque salarié, et assembler ces savoirs — ce qui n’est autre que de l’intelligence collective.
  • Faire expérimenter par les acteurs eux-mêmes les innovations qu’ils ont produites, dans leur cercle d’influence.

La philosophie de l’apprenance permet de développer une culture forte du client car elle aide à s’ouvrir à des besoins nouveaux et évolutifs. Elle habitue à prendre du recul, à être décentré, à accepter d’être secoué dans ses représentations, à entendre d’autres points de vue et à bouger. Aussi l’entreprise apprenante répond-elle particulièrement au besoin de développement d’une culture de service qui nécessite une adaptation permanente et des marges de manœuvre en réponse aux besoins du client.

L'émergence de nouvelles pratiques dans les entreprises[3][modifier | modifier le code]

Les réseaux apprenants aident les dirigeants à mettre les organisations en mouvement en encourageant le pouvoir d'action des collaborateurs et leur prise d'initiative. Pour impulser une telle évolution des modes de management, il importe de travailler en premier lieu auprès des équipes dirigeantes. De nombreuses entreprises mènent des expérimentations et des recherches sur la possibilité de refonder le management en ce sens, en particulier au Canada, en Europe du Nord et dans une partie de l'Asie. La France quant à elle est nettement moins avancée. Dans de grandes organisations, l'on voit cependant des groupes de managers se réunir régulièrement autour des problématiques et des enjeux des démarches apprenantes.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Carré, L'Apprenance: vers un nouveau rapport au savoir, Dunod,
  • Philippe Carré et Michel Lebelle, « Apprenance », dans L'ABC de la VAE, ERES, , 75-76 p. (lire en ligne)
  • David Autissier, Jean-Pierre Hureau, Thierry Raynard, Isabelle Vaudangeon-Durumez, Les réseaux apprenants, une démarche d'accompagnement du changement dans la relation de service SNCF", Eyrolles, 2014 - (ISBN 978-2-212-55823-4)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Les réseaux apprenants favorisent-ils la qualité de vie au travail ? – Thierry Raynard – SNCF », sur http://jaimelelundi.com/, (consulté le 31 juillet 2014)
  2. David Autissier, Jean-Pierre Hureau, Thierry Raynard, Isabelle Vaudangeon-Durumez, Les réseaux apprenants, une démarche d'accompagnement du changement dans la relation de service SNCF, Eyrolles, , 191 p. (ISBN 978-2-212-55823-4), p. Le changement est devenu une constante des organisations, obligeant celles-ci à s’adapter en permanence pour préserver et accroître leur performance. Ce n’est évidemment pas sans conséquence sur le bien-être des individus. Pour déployer un changement quel qui soit, deux méthodes sont le plus souvent appliquées : le management hiérarchique et le mode projet. Elles présentent toutefois de nombreuses limites. Les réseaux apprenants proposent une alternative à cette voie classique. Ils consistent à faire travailler ensemble des individus sur un sujet de changement, de manière organisée et en réunissant différents niveaux hiérarchiques (on parle de fonctionnement a-hiérarchique) ainsi que différents métiers, pour tout à la fois comprendre et agir.
  3. David AutissierJean-Pierre HureauThierry RaynardIsabelle Vendangeon-Derumez, Les réseaux apprenants Une démarche d’accompagnement du changement dans la relation de service à la SNCF, Eyrolles,

Articles connexes[modifier | modifier le code]