Appoggiature (ornement mélodique)

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En musique, une appoggiature est un ornement mélodique servant à retarder la note suivante, la note principale, sur laquelle on veut insister. L'appoggiature prend la forme d'une petite figure de note dont la durée doit être soustraite de la note principale. Le terme vient du verbe italien appoggiare, qui signifie soutenir.

Le même mot désigne également une note étrangère à l'harmonie : le plus souvent, l'appoggiature (en petite note ou appoggiature mélodique) constitue également une note étrangère (ou appoggiature harmonique) ornant l'accord sur lequel elle se produit.

Une appoggiature mélodique peut être altérée.

Il existe deux sortes d'appoggiatures mélodiques, la longue et la brève. Toutes deux sont habituellement attaquées sur le début du temps.

Depuis le XIXe siècle, une pratique s'est développée qui consiste à soustraire la durée de l'appoggiature de la valeur de la note précédente.

Appoggiature longue[modifier | modifier le code]

Appoggiatures longues

Une appoggiature longue est une petite figure de note de valeur déterminée (une blanche, une noire, une croche, etc). Elle peut être simple ou double, voire triple (par exemple, dans la première mesure de l'opus 62-6 Frühlingslied de Felix Mendelssohn).

Appoggiature brève[modifier | modifier le code]

Appoggiatures brèves

Une appoggiature brève ou acciacatura est une petite figure de note barrée, le plus souvent une croche, qui s'exécute très rapidement. On lui affecte très souvent le quart de la valeur de la note qu'elle précède. Les règles d'interprétation sont très souples et il existe des appoggiatures de plusieurs notes placées plus librement.

L'appoggiature en tant qu'ornement mélodique n'est plus guère employée depuis le milieu du XIXe siècle. Lorsqu'il y a véritablement appoggiature au sens harmonique du terme, celle-ci est simplement notée avec des figures ordinaires s'intégrant dans le calcul des valeurs de chaque mesure. Étant donné que chaque appoggiature mélodique — comme d'ailleurs tout ornement mélodique — peut également s'écrire en valeurs ordinaires, il est permis de s'interroger sur la différence qu'il y a entre les deux types de notation. La notation baroque présente peut-être l'avantage d'une plus grande souplesse dans l'exécution des ornements notés tels quels, par rapport à leur équivalent en notation moderne — en figures ordinaires. Mais surtout, la notation baroque, en opérant sur le papier une discrimination entre les notes principales — représentées par les figures ordinaires —, et les notes secondaires — représentées par les petites figures —, invite le lecteur/interprète à opérer une analyse mélodique élémentaire de la partition. En notation moderne, par contre, toutes les figures ayant la même taille, leur importance relative par rapport au contexte tonal et harmonique, est moins apparent, surtout si l'on ne dispose pas de la partition complète — le conducteur d'orchestre. Du point de vue de l'auditeur, cependant, le résultat musical n'est pas nécessairement perceptible.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Adolphe Danhauser, Théorie de la musique : Édition revue et corrigée par Henri Rabaud, Paris, Henry Lemoine, , 128 p. (ISMN 979-0-2309-2226-5)
  • Claude Abromont et Eugène de Montalembert, Guide de la théorie de la musique, Librairie Arthème Fayard et Éditions Henry Lemoine, coll. « Les indispensables de la musique », , 608 p. [détail des éditions] (ISBN 978-2-213-60977-5)
  • Stéphanie Abeloos, Préparez vos mouchoirs, Le Soir, 18 février 2012, p. 37.