Canton d'Appenzell Rhodes-Extérieures

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Canton d'Appenzell Rhodes-Extérieures
Blason de Canton d'Appenzell Rhodes-Extérieures
Héraldique
Localisation du canton en Suisse
Localisation du canton en Suisse
Noms
Nom allemand Kanton Appenzell Ausserrhoden
Administration
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Entrée dans la Confédération 1513
Abréviation AR
Chef-lieu Herisau, siège du gouvernement et du parlement ; Trogen, siège du tribunal, de la police et de l'école cantonaux
Communes 20[1]
Districts Aucun
Exécutif Regierungsrat (7 sièges)[2]
Législatif Kantonsrat (65 sièges)[3]
Conseil des États 1 siège[4]
Conseil national 1 siège[5]
Démographie
Population 53 017 hab. (31 décembre 2010)
Densité 218 hab./km2
Rang 21e[6]
Langue officielle allemand
Géographie
Coordonnées 47° 03′ N 9° 01′ E / 47.05, 9.0166666666667 ()47° 03′ Nord 9° 01′ Est / 47.05, 9.0166666666667 ()  
Altitude Min. Lutzenberg 430 m – Max. Säntis[7] 2 502 m
Superficie 24 286 ha = 242,86 km2
Rang 23e[8]

Le canton d'Appenzell Rhodes-Extérieures (en allemand Kanton Appenzell Ausserrhoden, AR) est un canton suisse.

Nom[modifier | modifier le code]

Le canton d'Appenzell Rhodes-Extérieures tire son nom de l'ancien canton d'Appenzell, dont il est issu. Appenzell, le village ayant donné son nom au pays, est mentionné pour la première fois en 1071 sous le nom d'Abbacella, puis en 1223 sous celui d’Abbatiscella, puis enfin Abtenzelle, signifiant « la retraite de l’abbé », faisant référence à une résidence secondaire de l'abbé de Saint-Gall[9].

Le canton d'Appenzell était divisé en rhodes, subdivisions jouant un rôle judiciaire et économique. Lors de la séparation du canton en deux demi-cantons en 1597, Appenzell Rhodes-Extérieures fut formé à partir des six rhodes de l'ancien bailliage de Trogen, à majorité protestante.

En allemand, la langue officielle du canton, il est nommé Appenzell Ausserrhoden ; en italien, Appenzello Esterno ; en romanche, Appenzell Dador.

Histoire[modifier | modifier le code]

La région d'Appenzell commence à être colonisée au VIIe siècle, le long de la rivière Glatt. Le monastère de Saint-Gall influence grandement la vie de la population locale. Herisau est mentionnée pour la première fois en 907. Le nom d'Appenzell l'est en 1071.

La canton connait un certain nombre de batailles au cours des siècles, dont la bataille du Vögelinsegg en 1403 ou la bataille au Stoss en 1405.

En 1513, Appenzell rejoint l'ancienne Confédération suisse comme 13e canton. En 1597, le canton est divisé pour des raisons religieuses en deux demi-cantons : Appenzell Rhodes-Extérieures est la partie protestante, Appenzell Rhodes-Intérieures la partie catholique.

Entre 1798 et 1803, lors de la République helvétique, le canton est intégré dans le canton du Säntis. Il est rétabli après l'acte de médiation.

La première constitution cantonale est adoptée en 1834 et modifiée en 1876 et 1906. La construction de nombreuses lignes ferroviaires entre 1875 et 1913 aide l'industrie locale ; la population du canton atteint un maximum en 1910 avec 57 973 habitants (à comparer aux 53 200 habitants en 2001).

En 1934, Johannes Baumann est le premier citoyen d'Appenzell Rhodes-Extérieures à devenir conseiller fédéral. Le droit de vote et d'éligibilité des femmes est introduit au niveau local en 1972, mais seulement en 1989 au niveau cantonal ; deux femmes sont élues pour la première fois au gouvernement en 1994. La Landsgemeinde est abolie en 1997.

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte topographique du canton d'Appenzell Rhodes-Extérieures.

Le canton d'Appenzell Rhodes-Extérieures est situé dans l'est de la Suisse et borde les cantons de Appenzell Rhodes-Intérieures et de Saint-Gall. Les deux cantons d'Appenzell sont enclavés à l'intérieur de Saint-Gall.

Le canton culmine au Säntis, à 2 502 m d'altitude.

Avec 243 km2, Appenzell Rhodes-Extérieures est l'un des plus petits cantons de la Confédération suisse ; seuls les cantons d'Appenzell Rhodes-Intérieures, de Bâle-Ville et de Zoug sont plus petits.

Démographie[modifier | modifier le code]

Population[modifier | modifier le code]

Le canton d'Appenzell Rhodes-Extérieures compte 52 654 habitants en 2007, soit 0,7 % de la population totale de la Suisse ; parmi eux, 6 959 (13,2 %) sont étrangers[10]. Seuls cinq cantons sont moins peuplés (Appenzell Rhodes-Intérieures, Glaris, Nidwald, Obwald et Uri). En revanche, la densité de population atteint 215 habitants par km², nettement supérieure à la moyenne suisse.

Religion[modifier | modifier le code]

Un peu plus de la moitié de la population du canton revendique l'appartenance au protestantisme, un peu moins du tiers au catholicisme romain[11].

Le tableau suivant détaille la population du canton suivant la religion, en 2000[11] :

Religion Population  %
Protestants 27 495 51,4
Catholiques romains 16 307 30,5
Chrétiens-orthodoxes 1 568 2,9
Musulmans 1 528 2,9
Catholiques chrétiens 45 0,1
Communauté de confession juive 41 0,1
Aucune appartenance 4 482 8,4
Autres 2 038 3,8
Total 53 504 100,0

Note : les intitulés des religions sont ceux donnés par l'Office fédéral de la statistique ; les protestants comprennent les communautés néo-apostoliques et les témoins de Jéhovah ; la catégorie "Autres" inclut les personnes ne se prononçant pas.

Langues[modifier | modifier le code]

La langue officielle du canton est l'allemand. Les dialectes suisses allemands parlés diffèrent légèrement suivant les districts. Les dialectes locaux ne sont plus qu'à peine parlés dans beaucoup de communes depuis les deux dernières génération ; parmi eux, l'allemand de Saint-Gall est le plus parlé.

Le tableau suivant détaille la langue principale des habitants du canton en 2000[12] :

Langue Locuteurs  %
Allemand 48 810 91,2
Langues slaves de l'ex-Yougoslavie 1 266 2,4
Italien 905 1,7
Albanais 401 0,7
Espagnol 396 0,7
Turc 299 0,6
Portugais 272 0,5
Français 187 0,3
Romanche 75 0,1
Autres langues 893 1,7
Total 53 504 100,0

Vie politique[modifier | modifier le code]

Représentation fédérale[modifier | modifier le code]

En tant qu'ancien demi-canton, Appenzell Rhodes-Extérieures possède un siège au Conseil des États. Du fait de sa faible population, il n'en possède également qu'un au Conseil national.

Aujourd'hui, les représentants du canton sont les suivants :

Pouvoir exécutif[modifier | modifier le code]

Le gouvernement du canton est composé de sept conseillers.

Pouvoir législatif[modifier | modifier le code]

Le canton d'Appenzell Rhodes-Extérieures possède une assemblée de canton de 65 membres, élus dans la commune où ils habitent. Chaque commune a le droit à au moins un siège. Les sièges restants sont attribués en proportion de la population de chaque commune.

En 2008, la répartition est la suivante :

Landsgemeinde[modifier | modifier le code]

Jusqu'à son abolition en 1997, toutes les votations et élections cantonales étaient tenues annuellement le dernier dimanche d'avril lors d'une Landsgemeinde, une assemblée populaire directe. Elle avait lieu alternativement à Trogen et à Hundwil.

Partis[modifier | modifier le code]

Répartition des sièges du Kantonsrat en fonction des partis.

Le parti radical-démocratique est de loin le principal parti du canton. En 2008, il possède quatre des sept sièges du Regierungsrat, deux autres étant détenus par l'union démocratique du centre et un par le parti socialiste suisse. Au Kantonsrat, le PRD possède 30 des 65 sièges, l'UDC 9, le PS 5, le PDC 3 et les sans-partis 18. Dans les communes, des candidats non-affiliés à un parti sont souvent recommandés par des sociétés de lecture, ce qui explique le nombre important d'élus sans parti au Kantonsrat.

Culture[modifier | modifier le code]

Le matin de la Saint-Sylvestre, mais aussi le 13 janvier (le jour de la Saint-Sylvestre dans le calendrier julien), les groupes de Silvesterkläuse, masqués et costumés, se rendent dans tous les villages et hameaux[13].

Administration[modifier | modifier le code]

Communes[modifier | modifier le code]

Communes d'Appenzell Rhodes-Extérieures.

Le canton est subdivisé en vingt communes (Einwohnergemeinden en allemand) (population au 31 décembre 2010[6]) :

Anciens districts[modifier | modifier le code]

Le canton a été subdivisé en trois districts entre 1858 et 1995. Bien qu'abolis, ils peuvent encore être rencontrés dans la vie courante (par exemple dans les noms des équipes sportives ou des associations). Les anciens districts étaient :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [xls] « Liste officielle des communes de la Suisse - 01.01.2008 », sur Office fédéral de la statistique (consulté le 8 décembre 2008)
  2. (de) « Regierungsrat », sur ar.ch (consulté le 6 décembre 2008)
  3. (de) « Kantonsrat », sur ar.ch (consulté le 6 décembre 2008)
  4. « Liste des conseillers aux Etats par canton », sur parlement.ch (consulté le 8 décembre 2008)
  5. « Liste des conseillers nationaux par canton », sur parlement.ch (consulté le 8 décembre 2008)
  6. a et b « Population résidante permanente et non permanente selon la région, le sexe, le lieu de naissance et l'état civil, en 2010 », sur Office fédéral de la Statistique (consulté le 15 décembre 2011).
  7. [xls] « Les points culminants des cantons suisses », sur Office fédéral de la statistique (consulté le 8 décembre 2008)
  8. « Statistique de la superficie 2004/09 : Données communales », sur Office fédéral de la Statistique (consulté le 23 septembre 2010)
  9. Dictionnaire des noms de lieux – Louis Deroy et Marianne Mulon (Le Robert, 1994) (ISBN 285036195X)
  10. « Cantons, communes — état et structure de la population », Office fédéral de la statistique,‎ 2008 (consulté en 25/11/2008)
  11. a et b « Religions », Office fédéral de la statistique,‎ 2008 (consulté en 25/11/2008)
  12. « Langues », Office fédéral de la statistique,‎ 2008 (consulté en 25/11/2008)
  13. Textes de Éric Schwabe, Fêtes et traditions de Suisse, tome 1, éditions Avanti,‎ 1985, 30 - 34 p.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]