Appel de Heidelberg

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L'appel de Heidelberg, composé par Michel Salomon, s'attache à dénoncer « l'émergence d'une idéologie irrationnelle qui s'oppose au progrès scientifique et industriel et nuit au développement scientifique et social »[1]. Il a été publié à l'occasion de la Conférence des Nations unies sur l'environnement et le développement en 1992 (sommet de la Terre de Rio de Janeiro) et signé par de nombreux scientifiques. Les signataires rappellent qu'ils partagent les objectifs du sommet mais mettent en garde les gouvernements et les autorités responsables de la gestion de la planète contre la prise de décisions qui ne seraient étayées que par des arguments pseudo-scientifiques ou des données fausses et non pertinentes.

Parmi les signataires et soutiens figurent environ 4 000 scientifiques et universitaires, dont 72 récipiendaires du prix Nobel[2],[3].

L'appel de Heidelberg est un court texte d'une dizaine de phrases qui plaide pour une écologie scientifique dans laquelle « le contrôle et la préservation soient basés sur des critères scientifiques et non sur des préconceptions irrationnelles »[1], et défendent l'idée d'une « nécessité absolue d'aider les pays pauvres à atteindre un niveau de développement durable [...], de les protéger contre les problèmes et dangers engendrés par les pays développés »[1]. Il se termine par la conclusion suivante[1] : « Les plus grands maux qui accablent notre Terre sont l'ignorance et l'oppression, et non la science, la technologie et l'industrie dont les instruments, lorsqu'ils sont adéquatement gérés, deviennent les outils indispensables à un futur façonné par l'Humanité, par elle-même et pour elle-même, lui permettant ainsi de surmonter les problèmes majeurs tels que la surpopulation, la famine et les maladies répandues à travers le monde. »

Critiques[modifier | modifier le code]

Une note interne à Philip Morris, diffusée en mars 1993, attribue l'origine de l'appel à l'industrie de l'amiante, rejointe plus tard par celle du tabac[4].

Le cabinet de conseil « Communications économiques et sociales » (CES), « qui organise et supervise, en France, le lobbying des industriels de l'amiante entre 1982 et 1996 », reconnaît être à l'origine de cet appel mais nie avoir été mandaté pour cela par des industries ou entreprises et affirme qu'il s'est agi d'une initiative bénévole après des contacts avec l'Académie des sciences[5]. À la suite de cet appel, le CES crée le « Centre international pour une écologie scientifique » en 1992[5]. Cette association est dirigée par Michel Salomon, « principal animateur de l'appel de Heidelberg »[6].

Toutefois la plupart des signataires ont adhéré à l'appel de Heidelberg « en conscience », sans connaitre les liens des initiateurs du texte avec l'industrie de l'amiante[5],[6],[7],[8]. En 2002, plusieurs des signataires de l'appel de Heidelberg, affirment au journal Libération qu'ils ne renient pas le texte signé dix ans plus tôt même si certains d'entre eux y apporteraient des nuances[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Texte de l'appel, sur le site de Global Chance.
  2. Les 264 premiers signataires de l'appel de Heidelberg, sur le site de Global Chance.
  3. (en) Tom DeWeese, « American Policy Center | The Heidelberg Appeal » (consulté le 4 décembre 2016).
  4. The Heidelberg Appeal, Legacy Tobacco Documents Library
  5. a, b et c Stéphane Foucart, « L'appel d'Heidelberg, une initiative fumeuse », Le Monde, .
  6. a et b « Climat : quand 72 prix Nobel traitaient les écologistes de charlatans », sur France Culture, (consulté le 16 novembre 2017).
  7. « À propos de l'« appel de Heidelberg » », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne).
  8. « L'appel d'Heidelberg », sur www-lagis.univ-lille1.fr (consulté le 1er janvier 2018)
  9. « Dix ans après, des scientifiques moins sceptiques », Libération,‎ (lire en ligne).

Articles connexes[modifier | modifier le code]