Aposématisme

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Aposematisme)
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Une coccinelle à sept points exsudant via ses articulations de l'hémolymphe chargée d'alcaloïdes légèrement toxiques
Comportement de défense d'une coccinelle à sept points exsudant via ses articulations de l'hémolymphe chargée d'alcaloïdes toxiques. Elle pratique l'autohémorrhée (saignée réflexe) lorsqu'elle est menacée par un prédateur qui n'a pas associé sa couleur aposématique pourtant bien visible à ce danger d'intoxication ou qui peut neutraliser ces alcaloïdes par détoxication.

L'aposématisme est la stratégie adaptative qui permet à certains organismes (généralement des animaux, parfois des plantes) d'émettre un signal d'avertissement clairement perceptible pouvant être visuel (le plus souvent il s'agit d'une coloration d'avertissement), sonore ou chimique[1]. On suppose que ce signal aposématique constitue un moyen de défense et qu'il avertit les prédateurs éventuels que ces animaux ostensibles représentent pour eux un danger et qu'ils doivent les éviter (émission de sémiochimiques répulsifs, de substances toxiques). Cette stratégie est ainsi à l'avantage à la fois du prédateur et de la proie.

Si son efficacité est établie, l'aposématisme n'évite pas systématiquement la prédation. Ainsi, des oiseaux comme des merles peuvent contourner cette défense chimique en avalant très rapidement les punaises avant qu’elle n’aient eu le temps de projeter leur jet âcre et toxique. Certaines espèces d'oiseaux très proches comme les mésanges n'y touchent pas du tout tandis que d'autres en consomment un peu[2].

Histoire de la théorie[modifier | modifier le code]

Alfred Russel Wallace, en réponse à un courrier de Charles Darwin en 1866, est le premier à avoir suggéré que l'aposématisme pouvait être un mécanisme évolutif. Darwin pensait que les couleurs voyantes pouvaient s'expliquer dans le cadre de la sélection sexuelle, mais que cela ne pouvait pas expliquer les couleurs voyantes de quelques espèces de chenilles, non sexuellement actives.

Wallace lui fit remarquer que les rayures jaunes d'un frelon avertissaient du danger de la piqûre et qu'il pouvait en être de même pour les chenilles. Il relata aussi l'observation de John Jenner Weir : les oiseaux de sa volière ne consommaient pas certains papillons blancs alors que ceux-ci leur étaient bien visibles. Après avoir convaincu Darwin, Wallace exposa sa théorie à la Société entomologique de Londres. La première preuve expérimentale fut fournie par Weir en 1869 après deux ans d'observation.

Dendrobates tinctorius, vue dorsale. Forêt primaire, montagnes de Kaw, Guyane française. D'après une diapositive.

Exemples d'organismes aposématiques[modifier | modifier le code]

Voici quelques exemples d'animaux possiblement aposématiques.

Mimétisme[modifier | modifier le code]

Micrurus tener.jpg Red milk snake.JPG
Un serpent venimeux :
le serpent corail (Micrurus tener)
Une imitation inoffensive :
la couleuvre faux-corail
(Lampropeltis triangulum)
Article détaillé : mimétisme.

Un certain nombre d'espèces inoffensives ont profité de ce moyen de défense pour imiter les signaux d'espèces aposématiques.

Autre espèce utilisant le mimétisme, chez les papillons, le Vice-roi mime le Monarque.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  1. Eisner, T. (1981). Toxicity, Odor Aversion, and "Olfactory Aposematism". Science, vol. 213, p. 476.
  2. (en) Alice Exnerová, Pavel Štys, Anton Krištín, Ondřej Volf & Martin Pudil, « Birds as predators of true bugs (Heteroptera) in different habitats », Biologia, vol. 58, no 2,‎ , p. 253—264.