Apis mellifera mellifera

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L'abeille noire (Apis mellifera mellifera ou Apis mellifera mellifica) est une sous-espèce de l'abeille domestique européenne (Apis mellifera). Cette abeille est couramment utilisée en apiculture en Europe pour la production de miel.

Races[modifier | modifier le code]

Il existe trois races appartenant toutes à la lignée 'M' d'Apis mellifera, à savoir :

  • mellifera (abeille brune)
  • lehzeni (abeille des landes)
  • nigra (abeille noire),

qui ont des variétés locales, comme la brune de Poméranie, des Alpes noires, ou la noire de Scandinave.

Écotypes français[modifier | modifier le code]

De par sa large aire de répartition, l'abeille noire présente des écotypes très variables en fonction du climat et de la flore locale, en voici quelques exemples : Écotype Auvergne, Bretagne, Cévennes, Champagne, Corse, Hainaut, Highlands, Île-de-France, Landes, Languedoc, Loiret, Normandie, Provence, Savoie

Répartition[modifier | modifier le code]

Son aire de répartition originale s'étendait de l'ouest de la Russie à l'Europe du Nord et probablement à la péninsule ibérique. Elle a été domestiquée et des ruches ont été apportées en Amérique du Nord avec les premiers colons.

Description[modifier | modifier le code]

Elles sont grandes pour des abeilles à miel bien qu'elles aient des langues exceptionnellement courtes. On les appelle parfois abeilles noires allemandes.

L'abeille noire se distingue des autres sous-espèces par son aspect trapus, ses poils bruns abondants sur le thorax et plus rares sur l'abdomen, et sa coloration foncée globale; La nigra a aussi une pigmentation très foncée des ailes. Dans l'ensemble, lorsqu'elles sont vues de loin, elles paraissent noirâtres pour la nigra et brun foncé pour la mellifera. Les hybrides sauvages avec d'autres sous-espèces peuvent être distingués par un baguage plus léger et jaunâtre sur les côtés de l'abdomen, mais cela est souvent difficile. Pour la reproduction pure des abeilles noires selon la norme, les détails des veines d'aile sont aujourd'hui considérés comme le seul caractère distinctif fiable.

Caractère[modifier | modifier le code]

Les hybrides ont un caractère défensif et ont la réputation de piquer des gens (et d'autres créatures) sans raison apparente. Certaines colonies sont très « actives » sur le rayon et si excitables que les apiculteurs les considèrent difficiles à travailler. Cette caractéristique n'est cependant pas traditionnellement associée aux races d'abeilles noires, connues auparavant pour leur maniement assez facile (bien qu'elles n'aient jamais été considérées aussi placides que l'abeille de Carniol).

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

  • Forte rusticité hivernale (liée à leurs choix alimentaires en opposition à celle de l'abeille africaine (Apis mellifera scutellata)
  • Faible tendance à l'essaimage
  • Souvent agressive mais certaines lignées sont très douces
  • Défensive contre les envahisseurs tels que les guêpes
  • Cycle de ponte prudent et mesuré. La reine réduit sa ponte si les ressources sont insuffisantes.
  • Forte volonté de recueillir le pollen, entoure bien le couvain de provisions pour l’hivernage. Mais production de miel parfois faible.
  • Forte production de propolis
  • Longévité élevée des abeilles ouvrières et de la reine
  • Excellente tenue de vol même par temps froid
  • Éventuellement rusticité contre le Varroa
  • Ne pille pas,
  • Lent démarrage au printemps.
  • Seule race ayant la faculté que l'on appelle : anecbalie ou remérage. Les abeilles de ces colonies démarrent spontanément un élevage royal dès que la reine produit moins de phéromones. Celle-ci laisse se dérouler le processus jusqu’à la naissance, la fécondation et la ponte de la jeune reine. On aura alors une situation exceptionnelle au sein de la colonie : la présence simultanée de deux reines (la jeune et l'ancienne). Cet état n’est que transitoire, car la jeune tuera la vieille après quelques semaines de vie commune. C'est pour cette raison que l’on considère cette race comme étant très stable dans le temps puisqu’on aura toujours une reine jeune et productive dans la colonie.

Importance de l'espèce[modifier | modifier le code]

Apis mellifera mellifera n'est plus une sous-espèce commerciale importante de l'abeille à miel occidental, mais il existe un certain nombre d'apiculteurs amateurs spécialisés qui gardent ces abeilles en Europe et dans d'autres parties du monde. Les immigrants ont amené ces sous-espèces dans les Amériques. Avant leur arrivée, le continent américain n'avait pas d'abeilles. Les descendants hybrides des abeilles noires coloniales d'origine ont survécu en Amérique du Nord en tant qu'abeilles sauvages naturalisés. Les apiculteurs rapportent que, après l'arrivée de l'acarien Varroa sur le continent américain en 1987, certaines colonies d'abeilles sauvages ont survécu. La forme originale n'est plus présente en Amérique du Nord. Un mythe commun concernant les abeilles noires européennes est qu'elles ne peuvent pas piquer parce qu'elles n'ont pas d'aiguillon.

En Europe de l'Ouest, les races d'abeilles noires étaient le stock original d'abeilles jusqu'à la création de l'abeille Buckfast. Il s'agit d'une race hybride dont la descendance comprend les restes récupérés de l'abeille noire britannique, presque éteinte à ce moment-là en raison d'Acarapis woodi. Les stocks de reproduction en Europe centrale ont été presque détruits par ordre des nazis, qui considéraient que le rendement du miel n'était pas conforme aux normes modernes et voulaient « améliorer » les stocks d'abeilles maintenus dans les zones sous leur contrôle. Cela a conduit à la création de races plus agressives et à haut rendement (probablement par croisement de souches brunes et Buckfast à haut rendement avec des Apis mellifera carnica, qui étaient cependant très sensibles à l'infection par le Varroa et désagréables à manipuler. Ces hybrides ont donc été abandonnés lors de la Seconde Guerre mondiale, mais tout comme en Amérique du Nord, certaines colonies sauvages ont survécu. Aux États-Unis, des abeilles mellifères « M » ont été trouvées dans l'Arkansas, la Louisiane, le Mississippi, l'Oklahoma et le Missouri, sur la base de l'analyse du séquençage de l'ADN. Les éleveurs dévoués et les installations de recherche travaillent aujourd'hui sur la préservation et la diffusion de ce qui pourrait être sauvé des stocks d'origine. Il n'y a qu'une poignée de colonies présentes en Allemagne, mais un plus grand nombre a survécu en Norvège (lehzeni), les Alpes (nigra) et en Pologne et en Belgique (mellifera).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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