Antonia Tryphaena

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Antonia Tryphaena
Titre
Reine du Pont
Prédécesseur Pythodoris de Trallès
Successeur / (procurateur romain)
Biographie
Date de naissance ca. 10 av. J.-C.
Date de décès ca. 55 ap. J.-C.
Père Polémon Ier
Mère Pythodoris de Trallès
Conjoint Cotys VIII
Enfants Rhémétalcès III, Cotys IX, Polémon II, Gepaepyris, Phythodoris II

Antonia Tryphaena (née en 10 av. J.-C. et morte en 55 ap. J.-C.) est la reine titulaire du Pont de 21 à 27, ainsi que la tutrice de son fils Cotys IX et de son neveu Rhémétalcès II, rois thraces des Odryses, entre 19 et 38.

Biographie[modifier | modifier le code]

Arrière-petite-fille de Marc Antoine, fille de la reine Pythodoris de Trallès et du roi Polémon Ier du Pont, elle épouse le roi thrace sapéen des Odryses Sextus Julius Cotys VIII (12 à 19), fils de Rhémétalcès Ier, son prédécesseur[1]. Cotys VIII est assassiné par son oncle et co-roi de Thrace, Rhescuporis III, en 19[2].

Le royaume de Thrace est alors divisé entre Rhémétalcès II, fils de Rhescuporis III, qui s'est ouvertement opposé aux plans de son père, et les très jeunes enfants de Cotys, dont Rhémétalcès III et Cotys IX (qui sont élevés à Rome), au nom desquels le propréteur Titus Trebellenus Rufus est nommé régent[2] ainsi que leur mère Antonia Tryphaena, veuve de Cotys VIII. L'empereur Tibère maintient en la faveur de Rhémétalcès II le partage de la Thrace qui a été ordonné par Auguste après la mort de Rhémétalcès Ier.

Leurs trois fils se voient rétablis par Caligula dans différents États vers l'an 38[3] :

Le couple a également deux filles :

Lien avec le judaïsme ou le christianisme[modifier | modifier le code]

Dans les Actes de Paul et Thècle, Tryphaena apparaît comme une reine orientale, identifiable avec la veuve du roi Cotys de Thrace[5]. Elle y est décrite comme parente de l'empereur, dans la ville d'Antioche de Pisidie, alors que les sources plus historiennes indiquent que Tryphaena est la petite-nièce de l'empereur Claude[5]. Elle « assiste au supplice de Thècle d'Iconium, la défend et la prend chez elle[5]. » Elle est aussi citée dans l'Épître aux Romains que Paul de Tarse envoie à une date inconnue. L'apôtre supposait donc au moment de l'envoi qu'elle était toujours vivante et qu'elle se trouvait à Rome. Les critiques situent souvent la rédaction de cette épître vers 56-57, en fonction des reconstitutions tentées sur la base de toutes les Épîtres de Paul et des Actes des Apôtres qui sont deux sources totalement inconciliables en termes de chronologie. Les historiens situent en général la mort de Tryphaena en 55. Paul envoie son salut à Tryphène et Tryphose « qui se fatiguent dans le service du Seigneur[6] (Rm 16:12) ». Dans cette salutation, Tryphose est probablement la mère ou la sœur de Tryphanea[5]. Les Martyrologes connectent son nom par la suite avec la ville d'Iconium.

Le frère de Tryphaena, Polémon II épousa la princesse Julia Bérénice et à travers leur mariage, Polemon se convertit au judaïsme. Il est possible que la forme de judaïsme qu'il avait adopté soit ce qui est appelé « la Voie du Seigneur » dans les Actes des Apôtres, c'est-à-dire la tendance du judaïsme qui deviendra le christianisme au début du IIe siècle.

Tryphaena est associée à la vie de Sainte Thècle dans les Actes de Paul et Thècle. Une parente plus jeune qu'elle, Tryphène de Cyzicus (en) est la sainte patronne de la ville de Cyzique et son nom lui aurait été donné en l'honneur de Tryphaena.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Strabon, Géographie, Livre XII, « Le Pont », chap. 3, § 29.
  2. a et b Tacite, Annales, II, 67.
  3. Maurice Sartre, « Les provinces de Méditerranée orientale d'Auguste aux Sévères », dans Le Haut-Empire romain.
  4. a et b Dion Cassius, Histoire romaine, Livre LIX, 12.
  5. a, b, c et d Marie-Françoise Baslez, Saint Paul, Paris, 2012, éd. Pluriel, p. 485.
  6. Bible de Jérusalem, Épître aux Romains, 16, 12 : « Saluez Tryphène et Tryphose, qui se fatiguent dans le Seigneur ».

Bibliographie[modifier | modifier le code]