Antoinette Sasse

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Antoinette Sasse
Biographie
Naissance
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Antoinette KohnVoir et modifier les données sur Wikidata
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Conflit
Distinctions

Antoinette Sasse (Sasse pour Sachs de son nom de femme mariée), née Antoinette Kohn le à Paris et morte en 1986, est une artiste peintre et résistante française.

Années d'avant-guerre[modifier | modifier le code]

Elle est la seconde enfant d’Alexandre Kohn (1864-1940), juif d'origine hongroise, fondateur de la sucrerie d'Épernay et de Marguerite Lévy. Il y a d'abord Renée, puis Antoinette, un garçon, Aymery, et enfin, Suzanne .

Née en 1911 Suzanne deviendra aviatrice professionnelle. Dès 15 ans elle suit des cours d’aviation, obtient très jeune ses brevets de pilote puis elle est la première femme à réaliser du 25 mai au 19 juin 1939 le raid Paris-Madagascar.

Antoinette prend des cours de dessin et de peinture avec notamment Othon Friesz et fréquente des peintres tels que Chaïm Soutine ou Kees van Dongen dont elle devient l'amie. Elle expose aux salons de la Société des artistes français et au Salon d'automne et acquiert une certaine notoriété. Elle réalise des portraits mondains.

Elle épouse le 16 juillet 1920 Raymond Sachs (1892-1948), fils du compositeur Léo Sachs (3 avril 1856, Francfort[Lequel ?] - 13 novembre 1930, Paris). Ils divorcent en 1933.

Elle devient ensuite la compagne du poète Paul Géraldy[1].

Femme du monde bénéficiant d'une fortune importante elle fréquente de nombreux hommes politiques, dirigeants d’entreprise et en particulier comme le constructeur d’avions Félix Amiot grâce à sa sœur Suzanne, elle-même ayant passé son brevet de pilote.

En 1936 elle fait la connaissance, lors d’un diner organisé par Marie-Rose Wibault, femme de Michel Wybot, dont elle a réalisé le portrait, de Jean Moulin avec lequel elle se lie d’amitié, devient sa confidente et pour certains, sa maîtresse[2]. Jean Moulin l'aurait demandé en mariage ce qu'elle aurait refusé.

Résistante[modifier | modifier le code]

En juin 1940, elle aide Jean Moulin à mettre à l’abri ses papiers et ceux de Pierre Cot puis elle rejoint Bordeaux et s’embarque avec sa sœur Suzanne et des hommes politiques français sur le Massilia mais revient en France sur le voyage retour du paquebot et s’installe à Beauvallon (Sainte-Maxime) dans la villa de Géraldy.

Elle joue alors un rôle important auprès de Jean Moulin jusqu’à son départ à Londres en octobre 1941. En novembre 1941 elle se fait délivrer ainsi que les autres membres de la famille un certificat de non-appartenance à la race juive par le Commissariat général aux questions juives, Aymery Kohn, réfugié au Martinez, à Cannes, travaillera avec Henri Frenay[3]. Cependant cela ne ralentit pas l'action de la Police qui s'intéresse à eux. Leurs biens sont saisis. Aymery est déporté en Allemagne mais survivra.

Au retour de Jean Moulin en France, Antoinette devient sa secrétaire et du fait de son métier achète les toiles qu'il expose dans la galerie d’art qu’il ouvre à Nice. Daniel Cordier assurera à partir de la fin 1942 le secrétariat de Jean Moulin.

La situation d’Antoinette devient précaire et elle rejoint, en septembre 1943, en Suisse sa sœur Suzanne, secrétaire et compagne du colonel Groussard, résistant vichyste qui anime un réseau de renseignements, le réseau Gilbert, à la solde des britanniques. En 1971, Groussard épousera Suzanne.

De retour en France en septembre 1944, elle enquête avec Laure[4], la sœur de Jean Moulin pour éclaircir la trahison dont il a été victime et qui a abouti à son arrestation. Elles seront à l’origine des procès de René Hardy.

En 1983, elle lègue sa fortune et ses collections à la Ville de Paris pour réaliser un musée dénommé « Musée Jean Moulin ». Elle meurt en 1986. Le musée est inauguré le 3 septembre 1994, en tant que Musée du Général-Leclerc-de-Hauteclocque-et-de-la-Libération-de-Paris – musée Jean-Moulin

Décorations[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Exposition[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Paul Géraldy la décrira : « tête bouclée de petit pâtre grec, au corps insexué d'Artémis amazone et à la voix au timbre chaud comme dorée » (Jacques Baynac opus cité)
  2. https://www.lexpress.fr/informations/les-femmes-de-sa-vie_631274.html
  3. Pierre Péan, Laurent Ducastel, Jean Moulin, l’ultime mystère
  4. Laure Moulin lui dédicacera son livre sur la vie de son frère : « À celle qui ne craignit pas de partager ses risques, qui l’éclaira dans sa solitude et l’aida dans son action avec ma profonde gratitude et mon affectueuse amitié » (Jacques Baynac opus cité)
  5. a et b « Antoinette Sasse. Rebelle, résistante et mécène (1897-1986) », dossier de presse de l'exposition organisée au Musée du Général-Leclerc-de-Hauteclocque-et-de-la-Libération-de-Paris – musée Jean-Moulin du 12 avril 2016 au 29 janvier 2017, sur museesleclercmoulin.paris.fr (consulté le 9 janvier 2017) [PDF]
  6. « Exposition Antoinette Sasse. Rebelle, résistante et mécène (1897-1986) », sur museesleclercmoulin.paris.fr (consulté le 9 janvier 2017)