Antoine Sanguinetti

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Antoine Sanguinetti
Antoine Sanguinetti (1981).jpg
Antoine Sanguinetti (1981)
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Antoine Sanguinetti est un vice-amiral d'escadre et un militant politique français, né le au Caire et mort le à Bastelicaccia.

Il est le frère cadet d'Alexandre Sanguinetti, député et ministre gaulliste[1].

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Antoine Sanguinetti, né au Caire le , fils de Joseph Sanguinetti, fonctionnaire au ministère égyptien de l'Intérieur, et de Lucie Pietri, est le frère cadet d'Alexandre Sanguinetti.

Il sort de l’École navale en 1939, puis sert dans la marine de Vichy après la défaite de 1940. il devient pilote de chasse. En il est en Afrique du nord et rejoint donc naturellement les Forces françaises combattantes. Fin 1943, il est envoyé en mission secrète en France occupée et en revient par les Pyrénées en 1944. Il participe au débarquement de Provence dans les commandos. Il fait un passage dans les fusiliers marins, mais l’essentiel de sa carrière se déroule dans l’aéronavale.

En 1961, il prend publiquement position contre le putsch d'Alger. Du au , le capitaine de vaisseau Sanguinetti commande le porte-avions Clemenceau, lors de la deuxième campagne de tirs des essais nucléaires français dans le Pacifique.

Il est nommé major général de la Marine en 1972. Élevé au rang et appellation de vice-amiral d’escadre en 1974, il est nommé membre du conseil supérieur de la marine (1974 – 1975) puis président de la Commission permanente des essais des bâtiments de la flotte (1975 – 1976).

Jugeant trop peu ambitieuse la politique du nouveau président de la République à l'égard de la marine, il la critique ouvertement et à plusieurs reprises. En 1976, il est donc mis à la retraite anticipée[2].

Sanguinetti ne sera réintégré dans les cadres (de réserve) et admis en deuxième section qu'en 1983[3].

Militantisme[modifier | modifier le code]

Il reste actif en politique, comme gaulliste de gauche, puis au Parti socialiste, dont il est également exclu en 1982 (pour avoir figuré sur une liste dissidente) ; en 1994, il figure sur la liste de Léon Schwartzenberg aux élections européennes.

Il enquête en 1978 sur les dictatures militaires en Argentine et en Uruguay. Il continue de militer à la Ligue des droits de l'homme et au Mouvement de la Paix[4] et manifeste notamment pour le démantèlement des missiles Pershing américains et SS-20 soviétiques en Europe, et en faveur des immigrés clandestins. Il parraine la création du mouvement Ras l'front en 1990. Il succède à Henri Noguères comme président du comité Droits et libertés dans l’institution militaire (DLIM)[5]. Il signe des pétitions, dont un appel de 60 généraux européens, russes et américains pour l’abandon des armes nucléaires (1996), l’Appel des Cent et la pétition « Crimes sans châtiment en Tchétchénie » protestant contre les exactions de l’armée russe.

En 1996, il se tient aux côtés des sans-papiers africains, réfugiés dans l'Église Saint-Bernard, à Paris[6].

En 2001 il soutient et milite auprès de l'AVEN (l’Association des vétérans des essais nucléaires). Antoine Sanguinetti, ex-pacha du Clemenceau, l’une des cautions morales de l’association, a toujours dénoncé la contamination de ses hommes et le peu de suivi sanitaire du personnel. Il militait également pour le développement de la Corse, et contre l’autonomisme et l’indépendantisme corse.

Il était surnommé Tony Carabine.

Opinions[modifier | modifier le code]

Il dénonce dans une interview en 1983 le professeur de Harvard et membre du Conseil National de Sécurité américain Richard Pipes d'avoir envisagé une guerre nucléaire en Europe comme un mal nécessaire[7].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Chansons de Marine, Paris, Éditions maritimes et d’outre-mer, 1966
  • Le fracas des armes, Paris, Hachette, 1975
  • Résistance, marine et libération, Ivry sur Seine, Fondation des élèves officiers et sous-officiers de réserve républicains, 1994, in : Défense et citoyen, no 64, p. 26-27.
  • Mémoires d'actions et de réactions, Éditions L'Harmattan, 2002
  • Histoire du soldat de la violence et des pouvoirs, Paris, Ramsay, , 366 p. (OCLC 1010187887)

Décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Dominique Merchet, « Mort de l'amiral Sanguinetti », Libération,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  2. et non pas versé dans la deuxième section, ce qui constitue, pour un officier général, une double sanction
  3. après la quatrième loi d’amnistie, relative au statut des anciens putschistes d'Alger (1982)
  4. Bernard Boudouresques, Roger Mayer, amiral Antoine Sanguinetti, « Informer l'opinion », Le Monde,‎
  5. Bertrand Main et Bernard Wallon, « Le comité Droits et libertés dans l’institution militaire », Hommes et Libertés, no Supplément au 128 « 1898 - 2004 : Une mémoire pour l’avenir »,‎ , p. 75 (lire en ligne)
  6. Antoine Sanguinetti: «Nous avons des devoirs absolus envers les Africains de Saint-Bernard», l'Humanité, 14 août 1996
  7. Lui (magazine), juillet 1983, Interview d'Antoine Sanguinetti, Certains américains sont décidés à déclencher une guerre limitée en Europe: une façon de détruire l'Europe et de supprimer le chômage pour quarante ans aux États-Unis… Je l'ai entendu dire par l'un d'eux, il n'y a pas si longtemps. Selon cet individu les États-Unis ont deux riveaux. L'un politico-idéologique: c'est l'URSS. L'autre économique: c'est l'Europe. Alors si on parvenait à faire s'entre-détruire ces deux rivaux, ce serait une bonne opération pour les américains… Face à la montée du tiers-monde, du chômage occidental, quoi de mieux que de supprimer les deux tiers des occidentaux… Car croyez-vous que l'on pourra longtemps maintenir l'ordre économique mondial sans une opération chirurgicale de ce genre ? Le gars qui expliquait cela en novembre 1979, lors d'une conférence à Madère, n'était que professeur à Harvard. Mais un an plus tard il entrait au Conseil National de Sécurité. Il s'appelle Richard Pipes.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]