Antoine Percheron

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Antoine Percheron
Antoine Percheron à Magnitot (Val d'Oise) 2.jpg
Antoine Percheron à Magnitot (Val d'Oise).
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Œuvres principales

Antoine Percheron est un écrivain français né à Orléans le 27 avril 1975, et mort le 21 novembre 2000 à Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Antoine Percheron, fils d'une journaliste et d'un sémiologue, passe les six premières années de sa vie à Paris. Puis, ses parents s’étant séparés, il suit sa mère et son futur beau-père à Magnitot, petit hameau campagnard du Val d’Oise. Ses études primaires et secondaires se passent dans des établissements locaux.

Après son baccalauréat, il entre à Paris III Sorbonne nouvelle, en section cinéma. Il se destine alors à la carrière de documentariste. Parallèlement, il fonde avec des amis « Rien à battre », un groupe de « rock bourin » dans lequel il est batteur, et avec lequel il se produit dans le Val d’Oise ainsi qu’à Paris. Ils enregistrent un CD autoproduit.

En mai 1997, il ressent les premiers symptômes d’une tumeur cérébrale, un oligodendrogliome[1].

Il soutient en 1998 un mémoire de maîtrise sur les rapports entre image et vérité historique[2]. Il obtient la mention « très honorable ».

Il travaille alors à la réalisation d’un documentaire, resté inachevé, sur le traitement de l’autisme dans un établissement spécialisé.

Après plusieurs hospitalisations et interventions chirurgicales (Pitié-Salpêtrière, Curie), il décède le 21 novembre 2000 à Paris. Il est inhumé quelques jours plus tard à Sammeron (Seine-et-Marne), où il avait passé les derniers mois de sa vie avec sa compagne, chez sa mère et son beau-père.

Végétal[modifier | modifier le code]

Couverture de Végétal

À sa mort, on a ouvert un fichier informatique qu'il avait installé sur l'ordinateur domestique en arrivant pour y travailler - ce que son état ne lui a pas permis de faire. Il s'agissait d'un texte, intitulé Végétal, dans lequel Antoine Percheron décrit sa transformation en arbre, et qui commence ainsi : « Un jour, j’ai changé d’odeur. Je me suis mis à sentir le végétal. D'un coup. »[3].

En l’état, avec ses blancs, ses phrases inachevées[1], il est publié en septembre 2001 à L’Escampette, près de Bordeaux. L’ouvrage remporte un grand succès critique et public (11000 exemplaires en quelques semaines[4], onzième au palmarès des meilleures ventes[5]). Il a fait l'objet d'une adaptation théâtrale, mise en scène par Guillaume Parra, avec Judith Gars[6] et d'une lecture-performance de Guillaume Lecamus[7].

Face à face[modifier | modifier le code]

En mars 2003, son beau-père, l’écrivain Jacques Drillon, publie à Face à face, qu'il qualifie lui-même de « récit de mort »[8], sur sa relation avec Antoine Percheron, du jour où ils se sont rencontrés, jusqu’à sa mort et à la publication de Végétal. « Mon beau-fils Antoine n'avait que cinq ans lorsque je l'ai connu : je n'ai pas eu un regard pour lui. Il est mort vingt courtes années plus tard ; le temps pour moi d'apprendre à lui dire bonjour. »[9]

Réception de Végétal[modifier | modifier le code]

«Un livre inachevé, troué de blancs, et pourtant d'une densité incroyable» (Clara Dupont-Monod, Marianne du 22 octobre 2001). «Imparfait, mais d'une insigne beauté» (Laurent Dandrieu, Valeurs actuelles du 28 septembre 2001). «Devant ces quelques pages comme venues de nulle part, on voudrait faire silence», «Texte court, net, puissant, irréfutable» (Patrick Kéchichian, Le Monde du 28 septembre 2001). «Humour cruel, lucidité noire, hargne contre les regards compatissants ou horrifiés, rage, tendresse infinie pour la vie...» (Catherine Portevin, Télérama du 15 septembre 2001). «Peu de livres possèdent cette particularité étrange d'être uniques, posthumes, entremêlant la littérature et la mort, le corps et l'âme, dans une danse macabre» (Frédéric Beigbeder, Voici du 3 septembre 2001). «Un talent d'autant plus pur qu'il est sans espoir. Hubert Haddad demandait quels sont les livres qui méritent l'arbre de leur papier. Sans hésiter, je réponds: Végétal» (Jérôme Garcin, Le Nouvel Observateur du 20 septembre 2001).

Publication[modifier | modifier le code]

  • Antoine Percheron, Végétal, Bordeaux, L'Escampette éditeur, , 38 p. (ISBN 2 914387 09 1)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Kéchichian.
  2. Images du 17 octobre 1961: censure et histoire, sous la direction de Gérard Leblanc
  3. cité in Charlène Guinoiseau, Edi8, 2014 [lire en ligne]
  4. Sud-Ouest, 13 octobre 2001).
  5. Sud-Ouest Dimanche, 18 novembre 2001.
  6. « Végétal », sur theatre-contemporain.net,
  7. « Végétal », sur Morbus Théâtre,
  8. Barnet-Welch, p. 268.
  9. Jacques Drillon, p. 9.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Drillon, Face à face, Paris, Gallimard - Collection l'un et l'autre, 2003 - réédition folio n°4300 en 2005, 347 p.
  • (en) Marie-Claire Barnet, Edward Welch, Affaires de Famille: The Family in Contemporary French Culture and Theory, Rodopi, , 347 p. (ISBN 9789042021709, lire sur Google Livres), p. 268
  • Patrick Kéchichian, « L'appel du végétal », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  • Jean-Pierre Martin, Éloge de l'apostat: essai sur la vita nova, Paris, Seuil, , 289 p. (ISBN 9782021012576, lire en ligne), p. 274

Liens externes[modifier | modifier le code]