Antoine Loysel

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Gravure d'Antoine Loisel, d'après le portrait conservé au Musée de Beauvais.

Antoine Loysel, né le 16 février 1536 à Beauvais[1] et mort le 28 avril[1]1617[2], est un jurisconsulte resté célèbre parmi les juristes pour avoir collecté les principes généraux de l'ancien droit coutumier français.

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Biographie[modifier | modifier le code]

Blason des Loysel : D'azur à l'oiseau d'argent becqué et de membres de gueules, perché sur un écot d'or et tenant en son bec un rameau d'or

Carrière[modifier | modifier le code]

Successeur de Du Moulin, il est considéré comme le premier "penseur" de droit Français.

Disciple de Cujas, il le suit à Bourges. Il est donc formé à la méthode des Humanistes historiens.

  • Février 1560 : reçu avocat à Paris.
  • 1564 : Procureur général à Paris

Parmi ses clients : le duc d'Anjou, frère d'Henri III, Catherine de Médicis, la maison de Montmorency, le chapitre de Notre-Dame de Paris...

Il termine sa carrière en tant que procureur général près la Chambre de justice de Limoges. Loysel est un bon adepte du Mos Gallicus, méthode des humanistes, mais la pratique va l'éloigner de l'étude du droit Romain et de l'Histoire. il est politiquement un défenseur du Roi et des pouvoirs du Roi et va donc estimer qu'il faut que le droit soit celui du royaume. Il parle d'abord d'un droit Français avant de parler d'un "Droit Universel de notre Royaume". Il estime que les coutumes soient " enfin réduites à la conformité, raison d'une seule loi", il en tire son œuvre "institutes coutumières" en 1607 dont la forme est Romaine et le fond coutumier. Loysel va mettre 40 ans pour ce recueil de 958 maximes. C'est l'expression du droit Français dans une forme élégante. C'est ainsi qu'il fixe les bases du Droit Français en fusionnant les règles de nombreuses coutumes et de Droit Romain.

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

« Il souhaitait se consacrer à la médecine, comme avait fait son grand-oncle Jean Loysel, médecin des rois Louis XII et François Ier ; «mais son père ne voulut pas, disant qu'entre le danger auquel les medecins sont contrains de s'exposer de iour en iour, un medecin ne pourroit estre que medecin au lieu qu'un avocat pouuoit devenir president et chancelier.[3]» »[1]

« À Toulouse, où son père l'envoyait, Loysel rencontre Cujas, et ce maître, c'est l'élève qui nous l'avoue, «fut cause qu'il ne quitta point la science du droit, dont les autres docteurs le degoustoient à cause de leurs barbaries[3].» »[1]

Il était lié par une amitié complice à Pierre Pithou[1].

Fils de Jean Loysel, échevin et conseiller du roi élu en l'élection de Beauvais, et de Catherine d'Auvergne, il est le frère de Philippe Loysel, Lieutenant général au bailliage de Senlis. Antoine Loysel fut incité[1] à se marier le 2 août 1563 avec Marie de Goulas (1541-1595), cousine germaine de Nicolas Goulas, qui est aussi la nièce de l'avocat du roi Dumesnil. Ils eurent 12 enfants. Antoine est le beau-père de Guillaume Marescot.

Citations[modifier | modifier le code]

Formules telles que Loysel aimait les trouver pour synthétiser le droit à une suite d'adages juridiques, pour beaucoup encore valables :

  • En mariage trompe qui peut.
  • Qui peut et n'empêche pèche.
  • Fille fiancée n'est prise ni laissée; car tel fiance qui n'épouse point.
  • L'habit ne fait pas le moine, mais la profession. Des partages, XXVII
  • Boire, manger, coucher ensemble, c'est mariage ce me semble. Mais il faut que l'Eglise y passe.
  • On lie les bœufs par les cornes et les hommes par la parole.
  • Qui fait l'enfant, doit le nourrir.
  • Qui veut le roy, si veut la loi.[4]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Charles-Louis-Étienne Truinet, Éloge d'Antoine Loysel prononcé à la séance d'ouverture de la conférence de l'ordre des avocats, le 9 décembre 1852, Paris, imprimerie C. Lahure,‎ décembre 1852, In-8°, 32 p.
  2. Notice de Institutes coutumières, manuel de plusieurs et diverses reigles, sentences, & proverbes du droit coutumier & plus ordinaire de la France par Gallica
  3. a et b Joly Vie de Loysel
  4. Institutes coutumières, manuel de plusieurs et diverses reigles, sentences, & proverbes du droit coutumier & plus ordinaire de la France, 1607, livre I. max I..

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charles-Louis-Étienne Truinet, Éloge d'Antoine Loysel prononcé à la séance d'ouverture de la conférence de l'ordre des avocats, le 9 décembre 1852, Paris, imprimerie C. Lahure,‎ décembre 1852, In-8°, 32 p.