Antoine Léonard Thomas

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Thomas.
Joseph Siffrein Duplessis: Portrait d'Antoine-Léonard Thomas

Antoine Léonard Thomas, né le à Clermont-Ferrand et mort le à Oullins, est un poète, critique littéraire et académicien français, surtout renommé en son temps pour sa grande éloquence.

Extraits[modifier | modifier le code]

Ode sur le temps[modifier | modifier le code]

Première et dernière strophes

Le compas d’Uranie a mesuré l’espace.
Ô Temps, être inconnu que l’âme seule embrasse,
Invisible torrent des siècles et des jours,
Tandis que ton pouvoir m’entraîne dans la tombe,
J’ose, avant que j’y tombe,
M’arrêter un moment pour contempler ton cours.

[...]

Ô Temps, suspends ton vol, respecte ma jeunesse ;
Que ma mère, longtemps témoin de ma tendresse,
Reçoive mes tributs de respect et d’amour ;
Et vous, Gloire, Vertu, déesses immortelles,
Que vos brillantes ailes
Sur mes cheveux blanchis se reposent un jour.

Éloge de Duguay-Trouin[modifier | modifier le code]

Extrait

Duguay-Trouin s’avance, la victoire le suit. La ruse et l’audace, l’impétuosité de l’attaque et l’habileté de la manœuvre, l’ont rendu maître du vaisseau commandant. Cependant, l’on combat de tous côtés; sur une vaste étendue de mer règne le carnage. On se mêle: les proues heurtent contre les proues; les manœuvres sont entrelacées dans les manœuvres; les foudres se choquent et retentissent. Duguay-Trouin observe d’un œil tranquille la face du combat, pour porter des secours, réparer des défaites, ou achever des victoires. Il aperçoit un vaisseau armé de cent canons défendu par une armée entière. C’est là qu’il porte ses coups; il préfère à un triomphe facile l’honneur d’un combat dangereux. Deux fois il ose l’aborder, deux fois l’incendie qui s’allume dans le vaisseau ennemi l’oblige de s’écarter. Le Devonshire, semblable à un volcan allumé, tandis qu’il est consumé au-dedans, vomit au-dehors des feux encore plus terribles. Les Anglais d’une main lancent des flammes, de l’autre tâchent d’éteindre celles qui les environnent. Dugay-Trouin n’eût désiré les vaincre que pour les sauver. Ce fut un horrible spectacle pour un cœur tel que le sien, de voir ce vaisseau immense brûlé en pleine mer, la lueur de l’embrasement réfléchie au loin sur les flots, tant d’infortunés errants en furieux, ou palpitants immobiles au milieu des flammes, s’embrassant les uns les autres, ou se déchirant eux-mêmes, levant vers le Ciel des bras consumés, ou précipitant leurs corps fumants dans la mer; d’entendre le bruit de l’incendie, les hurlements des mourants, les vœux de la religion mêlés aux imprécations de la rage, jusqu’au moment terrible où le vaisseau s’enfonce, l’abîme se referme et tout disparaît. Puisse le génie de l’humanité mettre souvent de pareils tableaux devant les yeux des Rois qui ordonnent des guerres !

Principales publications[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]