Antoine Exelmans

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Officier général francais 3 etoiles.svg Antoine Exelmans
Antoine Exelmans
Antoine Exelmans au manoir de Kérampir au début des années 1940

Naissance
à Montpellier
Décès (à 79 ans)
à Bohars
Origine Français
Allégeance Drapeau de la France France
Arme Civil and Naval Ensign of France.svg Marine nationale
Grade Vice-amiral
Années de service 1881 – 1927
Conflits Guerre franco-chinoise
Première Guerre mondiale
Distinctions Commandeur de la Légion d'honneur

Croix de guerre 1914-1918
Médaille commémorative de l'expédition du Tonkin 1885
Médaille commémorative de l'expédition de Chine (1901)
Grand officier de l'ordre du Ouissam alaouite
Commandeur de l'ordre royal de Victoria
Compagnon de l'ordre de Saint-Michel et Saint-Georges

Autres fonctions Commandant de la Marine française de Tunisie
Préfet maritime de Bizerte
Famille Petit-fils du maréchal Exelmans
Fils de l'amiral Exelmans

Louis Rémy Amédée Antoine Exelmans, né le à Montpellier, mort le à Bohars, est un officier de marine français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le baron Antoine Exelmans est le petit-fils du maréchal de France Rémy Joseph Isidore Exelmans (1775-1862) et le fils de l'amiral vicomte Maurice Exelmans (1816-1875).

Entré à l'École navale dans la promotion de 1881, il est nommé aspirant le . Il sert sur l'Eclaireur dans l'escadre d'Extrême-Orient et participe aux opérations du Tonkin. En 1886, il est sur le cuirassé Colbert et est nommé enseigne de vaisseau. Il passe sur la Sainte-Barbe à Cherbourg puis de nouveau en Extrême-Orient sur la Vipère. En 1889, il est à Brest à la Majorité Générale, puis sur le bâtiment-école l'Elan. Lieutenant de vaisseau en 1891, il sert en Islande sur la Manche. En 1893, il commande le torpilleur 137 à Brest. Après avoir été en 1894 sur le cuirassé Furieux dans l'escadre du Nord, il commande à Toulon une escouade d'élèves-canonniers sur le vaisseau-école La Couronne. En 1897, il est sur le Marceau puis fait l'École supérieure de la Marine (promotion de 1898). Il est ensuite aide de camp de l'amiral Jean-Charles-Alexandre Sallandrouze de Lamornaix, commandant en chef de l'escadre du Nord, sur le cuirassé Formidable, et l'est lorsque l'amiral meurt à bord de son porte-pavillon. En 1901, il commande dans la division navale du Pacifique la canonnière La Zélée et, en 1905, le Yatagan puis, nommé capitaine de frégate, l'aviso Chamois. Il est capitaine de vaisseau en 1913.

En 1914 et jusqu'en , il commande le croiseur cuirassé La Marseillaise, porte-pavillon de l'amiral Rouyer, et participe aux opérations en Manche. Il est ensuite chef de division des flottilles de la mer du Nord. En , il est cité à l'ordre de la Marine pour sa brillante conduite sur les bancs de Flandre. Contre-amiral en , il est nommé à Brest Major général du 2e arrondissement maritime. Il commande ensuite la 2e division de la 1re escadre en Méditerranée, avec pavillon sur le cuirassé Jean Bart puis sur la Lorraine. En , il est commandant de la Division navale des bases d'Orient et est deux fois cité[1].

En 1920, il est Major général du 1er arrondissement maritime à Cherbourg et, en , commandant de la Marine française de Tunisie, préfet maritime de Bizerte, et vice-amiral le [2].

L'affaire de l'escadre russe de Bizerte[modifier | modifier le code]

Le général Piotr Nikolaïevitch Wrangel a dû évacuer de Russie son armée blanche. Il a constitué en escadre des éléments de la flotte russe de la mer Noire. La France, principale créancière des armées blanches, a fait venir cette escadre en Tunisie en deux fois, en 1920 et 1921. Les 4 800 marins et leurs familles sont consignés sur leurs bateaux, mouillés sur le lac de Bizerte.

Cette importante escadre : deux cuirassés, deux croiseurs, un bateau-école (le Cronstadt, devenu par la suite le Vulcain), neuf torpilleurs et quatre sous-marins, se trouvait au centre de tractations complexes. L'Union soviétique en réclamait la restitution mais la flotte était considérée par les Français comme un gage financier et sa reprise par les Soviets aurait modifié l'équilibre international autour de la mer Noire ou de la Baltique. Raymond Poincaré avait cependant déclaré en 1923 : « Aux yeux du gouvernement français, l'escadre réfugiée à Bizerte est propriété de l’État russe. Dès qu'il y aura un gouvernement régulièrement reconnu, il pourra en prendre possession[3]. »

C'est cette situation compliquée que trouve l'amiral Exelmans à sa prise de commandement en Tunisie. L'élection du Cartel des gauches en va accélérer le cours des évènements. Édouard Herriot veut constituer un nouveau système de sécurité européenne autour de l'Allemagne et est partisan de reconnaître juridiquement l'Union soviétique[4]. Le nouveau gouvernement français, bien que peu pressé de rendre les navires, ordonne à l'amiral Exelmans de se préparer à désarmer l'escadre de Wrangel et à la laisser inspecter par une mission d'information des Soviets, dirigée par le chef d'état-major de la marine rouge. L'amiral, outré, proteste et argumente auprès du gouvernement, y compris sur le risque de troubles politiques qui pourraient en résulter en Tunisie, mais sans résultat. Quand l'ordre arrive, le , il l'exécute, désarme l'escadre, fait rendre les honneurs aux officiers et marins russes et veille à leur installation provisoire à terre en Tunisie. Considérant cependant que l'ordre est déshonorant pour la France et préférant sacrifier la suite de sa carrière mais non son honneur, il demande en même temps à être relevé de son commandement. Remplacé par l'amiral Jéhenne, il part de Bizerte, accompagné jusqu'à la coupée par tous les officiers russes[5]. Il quitte le service actif en 1927.

Retiré dans son manoir de Kérampir, à Bohars (Finistère), il y reçoit chaque année des délégations de Russes venant le remercier de son attitude à leur égard en 1924. Il doit supporter à partir de 1941 l'occupation de sa maison par un poste de commandement allemand[6].

L'amiral Antoine Exelmans repose dans la chapelle de Loguillo, au pied de son manoir[7], auprès de sa femme Marie de Penfentenyo (1897-1930), sœur de l'amiral Hervé de Penfentenyo et du capitaine de vaisseau Henri de Penfentenyo, fille de l'amiral Auguste de Penfentenyo, petite-fille de l'amiral Louis Henri de Gueydon et tante de l'enseigne de vaisseau Alain de Penfentenyo de Kervéréguin, tué au combat en Indochine en 1946.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. École Navale, Officiers et anciens élèves célèbres
  2. SHAM, cote CC7 4 MODERNE 857/3
  3. Archives du ministère des Affaires étrangères (AMAEF), volume 1 135, Russie, marine, Bizerte II, F° 34, note du directeur politique du 12 janvier 1925
  4. Frédéric Dessberg, Les relations franco-polonaises et les problèmes de sécurité en Europe orientale, 1924-1925, Revue internationale d'histoire militaire
  5. Le gouvernement français consentira aux Soviétiques de leur rendre les navires dès lors qu'ils reconnaitraient les dettes de l'Armée blanche à l'égard de la France. Les Soviétiques ayant refusé, les bâtiments furent repris ou vendus à partir de 1930 ; v. Marina Panova, Histoire des Russes Blancs en Tunisie, Institut supérieur des langues de Tunisie.
  6. Sur le haut caractère de l'amiral Antoine Exelmans, voir Xavier du Crest de Villeneuve, Chemin de Damas… à Vendeuvre : hommages, témoignages, Paris, Pour Mémoire, 2009.
  7. La manoir de Kérampir a été détruit en 1971.
  8. 4 juillet 1919

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alexandre Jevakhoff, Les Russes blancs, 619 p., Tallandier, 2007 (ISBN 2847342079)
  • Anastasia Chirinski, Tunis, la dernière escale, Sud Éditions, Tunis, 2000
  • Les raisons de la disgrâce de l'amiral Exelmans, Journal républicain quotidien, Tunis,
  • Andreï Korliakov, Le grand exode russe, Europe 1917-1939, 720 p., Éditions YMCA Press, Les Éditeurs réunis, Paris, 2009

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]