Antoine Brun (astronome)

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Antoine Brun
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Antoine Brun est un instituteur et astronome amateur français, né à Saint-Quintin-sur-Sioule (Puy-de-Dôme) le et mort au Breuil (Allier) le . Ses travaux, portant notamment sur la cartographie des étoiles, l'ont fait reconnaître par les milieux scientifiques de l'astronomie, en France et à l'étranger. Il fut aussi maire du Breuil et conseiller général du canton de Lapalisse.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils naturel de Gilbert Brun, domestique à la Combe-Martin (à Saint-Quintin-sur Sioule), et de Julie Mantin, fille du fermier de la Combe Martin, il est élevé par ses grands-parents paternels au village de Puy Vacher, à Ébreuil. Il se montre un élève brillant, ce qui incite son père à lui donner la possibilité de continuer ses études au-delà de l'enseignement primaire. Il est reçu au concours de l'École normale d'instituteurs de Moulins.

Il devient instituteur en 1900, se marie en 1903 avec une institutrice, Mlle Chaffraix, et s'établit en 1905 au Breuil, où il va faire toute la suite de sa carrière. Il s'intéressa d'abord à la botanique et surtout à l'étude des lichens, avant de se tourner vers l'astronomie, qu'il avait découverte en lisant l’Astronomie populaire de Camille Flammarion.

Il fut encouragé par Michel Luizet, directeur-adjoint de l'Observatoire de Lyon, et par Camille Flammarion. La guerre de 1914 interrompit ses observations et l'envoya au front. La guerre terminée, on lui proposa de reprendre des études, à l'Observatoire de Lyon, pour devenir astronome professionnel. Il hésita, mais refusa finalement pour préserver son indépendance.

Il accepta des responsabilités politiques, sans être inscrit à un parti. D'abord conseiller municipal, il devint maire de son village du Breuil et plus tard conseiller général du canton de Lapalisse.

Vers la fin de sa vie, il s'intéressa aussi à la minéralogie et à l'archéologie de sa région.

Travaux[modifier | modifier le code]

Il s'intéressa en priorité à l'étude des étoiles variables, terrain d'observation privilégié des astronomes amateurs[1]. Il envoya à la Société astronomique de France des milliers d'observations des variations de lumière de ces étoiles. Ses travaux sur les étoiles de la nébuleuse d'Orion restèrent longtemps une référence. Il fut l'un des fondateurs de l'Association française des observateurs d'étoiles variables (A.F.O.E.V.), qu'il présida.

Pour faciliter ses observations, il s'était constitué, entre 1908 et 1910, un atlas céleste. Il ne publia cet atlas que bien plus tard, à partir de 1948, sous le titre d’Atlas photométrique des constellations.

Habile de ses mains, il apprit la taille des miroirs de télescope et en fabriqua plusieurs, pour lui-même et pour des amis. Avec Henri Bigay, il réussit à réaliser, à la fin des années 1930, des télescopes de Schmidt. Henri Bigay était un de ses anciens élèves devenu astronome amateur, qui, après la Seconde Guerre mondiale, fut accueilli par J. Dufay à l'Observatoire de Lyon, obtint le doctorat ès-sciences et succéda à Dufay comme directeur de l'Observatoire.

Reconnaissance[modifier | modifier le code]

La qualité de ses observations et de ses travaux le firent reconnaître par la communauté scientifique, en France et à l'étranger. Il obtint le prix Henri-Rey, décerné par l'Observatoire de Lyon. En 1945, il fut admis à l'Union astronomique internationale ; il fit partie de la délégation française aux congrès internationaux de cette institution, à Zurich (1948), Rome (1952) et Moscou (1958).

Il était officier de la Légion d'honneur, commandeur dans l'ordre des Palmes académiques et avait reçu la Croix de guerre 1914-1918.

Il a été président d'honneur de la Société scientifique du Bourbonnais pour l'étude et la protection de la nature.

Son nom a été donné au lycée agricole de Lapalisse[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michel Luizet (1866-1918), avec lequel il était en relation, était parmi les astronomes professionnels un spécialiste des étoiles variables et le poussait dans cette voie.
  2. Lycée Antoine-Brun de Lapalisse.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Marguerite Brun et Jean Dragesco, « Antoine Brun (1881-1978) », L'Astronomie, 93, 1979, pp. 199-202. Consultable en ligne.
  • Monique Kuntz et Georges Frélastre, Hommes et femmes célèbres de l'Allier, Paris, Bonneton, , 160 p. (ISBN 2-86253-189-8), p. 33.

Liens externes[modifier | modifier le code]