Antoine Boula de Coulombiers

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Antoine Boula de Coulombiers
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Nationalité
Activité

Antoine Jean Amédée Boula de Coulombiers, né à Paris le et mort à Puiseux-le-Hauberger le , fut préfet des Vosges puis député.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et formation[modifier | modifier le code]

Amédée Boula de Coulombiers (parfois écrit Colombiers, Coulombier, Colombier) est le fils d'Antoine-Jean Boula seigneur de Coulombiers, conseiller au parlement de Paris.

Après des études de droit, il est reçu avocat en 1807.

Premier Empire[modifier | modifier le code]

Deux ans plus tard, en 1809, il est nommé auditeur au Conseil d'État. En juillet 1810, au moment de l'annexion du royaume de Hollande à l'Empire français, il est envoyé en mission en Hollande pour travailler à la mise en place du nouveau département des Bouches-de-la-Meuse, dont l'institution officielle a lieu le . Au mois de septembre 1810, il est nommé secrétaire-général à l'administration des vivres, responsable des magasins d'approvisionnement de Paris à Pontoise et Vernon ; pendant l'hiver 1811-1812 il surveille également les transports de grains achetés dans les départements annexés de la Meuse-Inférieure et de l'Ourthe (actuelle Belgique). Dans cette période il est attaché comme auditeur au ministère de la police.

Au mois d'août 1812, il est commissaire spécial de police à Wesel, dans la Roer, puis fin 1813 à Mayence et encore début 1814 à Strasbourg, où il arrive la veille de l'entrée des troupes de la Sixième Coalition. Il retourne à Paris et, en février 1814, est envoyé à Montmirail peu de temps après la bataille. Il y arrive au même moment que les troupes cosaques et doit se cacher. Il réussit à regagner Paris le [1].

Restauration[modifier | modifier le code]

À la Première Restauration, le roi Louis XVIII le nomme maître des requêtes surnuméraire, puis membre de la commission du sceau, attaché au comité des finances du Conseil d'État.

Après les Cent-Jours, il est nommé préfet des Vosges le 14 juillet 1815. Préfet du gouvernement royal, il est subordonné au gouverneur de l'armée décoalisée. Devant les exigences des occupants, le préfet et l'ensemble du personnel administratif quittent leurs postes. Après négociation du gouvernement français avec l'occupant, ils reprennent leurs fonctions.

Lors de sa nomination, le préfet Boula, fervent royaliste, adopte une politique assez sévère d'épuration politique. Les jugements pour « crime politique » sont nombreux[a 1], à l'image de l'emprisonnement, en février 1817, sur ordre du préfet, de l'imagier Jean-Charles Pellerin, qui essayait de vendre son ancien stock d'images napoléoniennes[a 2]. Pellerin est gracié mais reste sous surveillance[2].

Boula trouve à son arrivée un département appauvri par les guerres napoléoniennes et les frais d'occupation réclamés par les coalisés. Il y a un fort taux de chômage et de mendicité ; à cela s'ajoute la grande disette de 1816-1817, années de pain cher. Il prend plusieurs mesures contre la pauvreté, puis contre la disette. Il libère des fonds destinés aux pauvres et en utilise un tiers pour les chômeurs valides qu'il emploie à construire des routes et les deux autres tiers comme aide en nature aux indigents invalides. Il prend des mesures contre les étrangers qui entrent avec des papiers falsifiés de mendicité, puis il édite des brevets de mendicité pour les habitants. Contre la disette, il prohibe le pain blanc et il donne des instructions pour faire du pain de son de froment et de farine d'orge, empêchant temporairement la fabrication de la bière en fermant les brasseries. En plus des subventions du gouvernement central, il a recours aux emprunts pour faire acheter du grain hors du département. Pour le transport de ces grains, il exige l'exemption de péage et le libre passage des chariots. Il prend également des mesures sévères à l'encontre des spéculateurs, des pilleurs de dépôts et des voleurs qui attaquent les convois de provisions qu'ils soient armés ou non[a 3].

Les vols, la présence des troupes d'occupation, l'instabilité politique dans les régions de l'Est et un manque d'effectif de la gendarmerie nationale sont autant de facteurs d'insécurité auxquels le préfet se voit confronté. Il interdit temporairement la chasse et rend obligatoire le permis de port d'armes à feu : seul le préfet peut donner, sur avis du maire, un permis d'armes[a 4].

Le roi Louis XVIII signe en février 1816 une loi sur l'enseignement, donnant pouvoir aux préfets pour en assurer l'organisation. Le préfet Boula initie sur le département l'obtention d'un brevet d'enseignant, il installe des comités cantonaux pour l'enseignement gratuit et donne ordre aux maires et aux curés d'inspecter une fois par mois les progrès des élèves dans les écoles. Il promeut dès 1817 l'enseignement mutuel, méthode qui venait d'être importée de l'Angleterre[a 5]. La séparation des garçons et des filles étant obligatoire dans les écoles, le préfet s'occupe également de la création d'écoles de filles.

En 1818, les troupes coalisées quittent les Vosges. La même année, le préfet instaure une commission de recherche et de conservation de vestiges anciens. Il s'agit de trouvailles provenant du Donon (lieu de culte celte), du sanctuaire gallo-romain de Grand, du camp de Julien à Soulosse, des bains romains de Bleurville et d'autres lieux d'intérêt divers. Les objets archéologiques, trouvés pour la plupart par des habitants sans grandes précisions de lieux ni méthodologie scientifique, sont rassemblés à Épinal où ils forment les premières pièces des collections du musée d'Épinal[a 6]. La construction de ce musée commence en 1822 et le musée ouvre au public en 1828.

Boula de Coulombiers est préfet des Vosges jusqu'au 25 juin 1823. Cette année-là, un démêlé l'oppose à un député qui se plaint auprès du ministre de l'intérieur Jacques-Joseph Corbière[a 7]. Cette plainte ainsi que son refus d'appliquer une directive du ministre relative à l'organisation du collège électoral[3] conduisent à la révocation de Boula. Il reste dans les Vosges et en est élu député le 21 avril 1828 et siège au centre-gauche avec les libéraux. Réélu en juin 1830, il signe l'adresse des 221 et son mandat s'arrête le 28 juillet 1830 avec la Révolution de Juillet[4].

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Charles Charton, Histoire Vosgienne, souvenirs de 1814 à 1848, dans Annales de la Société d'émulation du département des Vosges, Volume 14, [lire en ligne].
  1. p. 225-230.
  2. p. 247.
  3. p. 240-246.
  4. p. 233.
  5. p. 255-256 et p. 260-261.
  6. p. 279-280
  7. p. 291

Autres[modifier | modifier le code]

  1. Germain Sarrut, Edme Thédore Bourg, Biographie Des Hommes Du Jour, 1840, p. 244-245, [lire en ligne].
  2. « Biographie de Jean-Charles Pellerin », sur le site personnel de Bernard Visse (consulté le 16 février 2013).
  3. Josselin Blieck, Jacques Corbières Ministre de l'Intérieur (14 décembre 1821 - 3 janvier 1828), vol.1, Mémoire de recherche en Master 2 Histoire, sous la direction de Pierre Karila-Cohen, éd.Laboratoire du CERHIO Université Rennes 2 - Haute-Bretagne, 2012, [lire en ligne].
  4. Notes et jugements de la Chambre de 1830, p. 173, [lire en ligne]. Ce texte confond de Coulombiers avec de Colombier, préfet de Saône-et-Loire pendant les Cent-Jours.