Antoine-Alexis Périer

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Antoine-Alexis Périer de Salvert
seigneur de Monros et de Quervichard
Surnom « Périer le Cadet »
Naissance 1691
à Dunkerque
Décès (à 68 ans)
à Versailles
Origine Français
Allégeance Drapeau du royaume de France Royaume de France
Arme Pavillon de la marine royale française Marine royale française
Grade Chef d'escadre
Années de service 1701-1755
Commandement Dauphin Royal
Bizarre
Conflits Guerre de Succession d'Autriche
Guerre de Sept Ans
Distinctions Commandeur de Saint-Louis
Autres fonctions Directeur du Dépôt des cartes et plans de la Marine
Famille Étienne Périer (son frère)

Antoine-Alexis Périer de Salvert, seigneur de Monros et de Quervichard, près de Concarneau, dit « Périer le Cadet[1] », né en 1691 à Dunkerque et mort le à Versailles, est un officier de marine français du XVIIIe siècle. Il sert dans la Marine royale pendant la guerre de Succession d'Autriche et la guerre de Sept Ans. Chef d'escadre et Commandeur de Saint-Louis, il est nommé directeur du Dépôt des cartes et plans de la Marine, un poste qu'il occupe jusqu'à sa mort.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et famille[modifier | modifier le code]

Antoine-Alexis Périer, est le deuxième fils Étienne Périer (1644-1726), capitaine de vaisseau et commandant du port à Dunkerque, et de sa femme, Marie de Launay. Son père est anobli par Lettres patentes de Louis XV datées d'octobre 1726. Son frère ainé, Étienne Périer se distinguera dans la Marine royale, il est gouverneur de la Louisiane française de 1726 à 1733 et termine sa carrière lieutenant général des armées navales et Grand-croix de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis.

Il est le neveu du premier professeur d'hydrographie du Roi au port du Havre[2].

Carrière dans la Marine royale[modifier | modifier le code]

Volontaire sur une frégate chargée d'aller espionner les côtes anglaises en 1701 et 1702, au début de la guerre de Succession d'Espagne, puis dans l'escadre du Nord. Il s'engage dans une compagnie de Gardes de la Marine en 1705. Enseigne sur plusieurs navires corsaires, il est blessé en 1707, alors qu'il combat sous les ordres de Claude de Forbin. Promu lieutenant en pied 1709, puis sous-lieutenants de grenadiers en 1710. il est blessé à deux reprises 1710 et en 1713.

Capitaine corsaire en 1712 à bord du Lion avec lequel il fait 38 prises. De 1716 à 1719, il est aux commandes d’une frégate pour la Compagnie du Sénégal qui le charge de chasser les pirates qui écument la côte de Guinée. Garde de la Marine de la Compagnie français des Indes occidentales de 1721 à 1724, après avoir commandé le Neptune de 10 canons l’année précédente. Il réintègre la Marine du Roi et est nommé enseigne de vaisseau en août 1721, puis lieutenant de vaisseau, il commande les troupes en Louisiane en 1730. Il combat les pirates barbaresques de Salé à Larache huit ans plus tard.

Nommé commandant d'une frégate de 30 canons, armée en guerre sur les côtes d'Afrique. Il passe comme son frère au service de la Compagnie française des Indes occidentales entre 1720 et 1725, avant de revenir au service du roi. Promu lieutenant de vaisseau en 1730, il seconde son frère en Louisiane puis en Afrique.

Il reçoit un brevet de capitaine de vaisseau en 1741, et reçoit le commandement du Dauphin Royal en 1742. Il est chargé du commandement de l'escadre du roi chargée de secourir Louisbourg, assiégée par les Britanniques en 1745, à bord du Mars en 1745 puis du HMS Northumberland en 1747, ce même vaisseau que son frère Étienne avait enlevé le navire aux Anglais en 1744 et l’avait fait entrer dans la flotte du Roi. Sur ce vaisseau, il conduit La Galissonnière au Canada malgré la chasse que lui donnent les Anglais.

L'année 1750 est marquée par une nouvelle promotion. Le roi le nomme Commissaire général d’Artillerie. Le voilà à la tête d’une division sur les côtes d’Afrique. Deux années plus tard, il reçoit le grade de chef d'escadre des armées navales en 1752[2]. Il reçoit le commandement du Bizarre. Le marin est audacieux, il est aussi rusé. En 1755, alors qu’il commande une division de l’escadre de Dubois de La Motte envoyée porter secours au Canada et à Louisbourg, il déjoue les escadres anglaises à l’aller comme au retour… En juin 1756, il navigue en Manche, chargé d’une mission d’inspection des côtes avec le Maréchal de Belle-Isle[2]… Le 19 octobre 1756, il est fait Commandeur de Saint-Louis en pied et reçoit une pension de 3 000 livres sur l'ordre. Le 14 novembre de la même année, il est nommé directeur du Dépôt des cartes et plans de la Marine, place laissée vacante à la mort de La Galissonnière.

Il n'occupera pas longtemps ces fonctions puisqu'il meurt six mois plus tard à Versailles le [2], et est inhumé le lendemain dans la paroisse Notre-Dame de Versailles.

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Antoine-Alexis Périer de Salvert épouse Marie-Élisabeth (ou Françoise-Élisabeth) de Piotard (née vers 1700), de la paroisse de Lanvier[Où ?], dans la diocèse de Quimper. De cette union naissent :

  • Antoine-François Périer de Salvert (1723-) ;
  • Étienne-Alexis Périer de Salvert, Plume de Marine (1724-) ;
  • Louis-Alexis Périer de Salvert, capitaine de vaisseau (1730-1803) ;

Postérité[modifier | modifier le code]

Ses amis au sein du corps des officiers tentent d'assurer l'avenir des enfants du défunt. Le 17 avril 1757, le marquis de Massiac, commandant de la Marine à Toulon, écrit au Ministre de la Marine, M. de Moras :

« J'ai appris par le dernier courrier la mort de M. Perrier de Salvert, en 3 jours, de maladie. Le roi perd en lui un des meilleurs sujets du corps. Il faut bien des années pour en former d'aussi capables. Ses services vous sont connus, et combien ils sont dignes d'être récompensés dans les personnes de sa famille. Il laisse ici un fils du premier lit, lieutenant de vaisseau, très bon sujet par sa conduite et son application à son métier, qui donne à bon titre l'espérance de devenir aussi bon officier que son père. Il est très instruit et capable de s'acquitter d'un commandement et de tout ce dont il pourrait être chargé. Il serait bien digne de vos bontés… de lui procurer un dédommagement de la perte irréparable pour lui de son père. Il laisse aussi une veuve et un fils de 7 à 8 ans dans la plus cruelle affliction, qui mérite quelqu'adoucissement de votre part. Ce n'est pas Monseigneur l'amitié intime qui régnait entre nous depuis 45 ans qui m'engage à voua en parler. C'est la justice dans les récompenses[3]. »

Le 12 juin 1757, Moras propose au roi les grâces pécuniaires suivantes pour les héritiers de Perrier de Salvert :

« Le sieur Périer de Salvert a laissé en mourant deux enfants d'une première femme, l'un lieutenant de vaisseau au département de Toulon dont M. de Massiac fait les plus grands éloges ; le second a servi dans la plume de la marine et étant tombé ensuite d'une espèce de démence, il a été enfermé à Rouen dans une communauté. Le sieur de Salvert a fait grand tort à ces deux enfants par les avantages qu'il a fait à sa seconde femme qui demande une pension en considération des services de son mari et d'un fils qu'elle a, âgé de 7 ans. Le sieur de Salvert a rendu pendant plus de 50 ans dans la marine et les connaissances qu'il avait des principales parties lui avaient acquis un réputation bien méritée, et il paraît de la bonté de sa Majesté d'en donner à sa veuve et à ses enfants des marques de satisfaction. Pour réunir leurs différents intérêts, relativement à leur état et à leurs besoins, on propose à Sa Majesté de leur accorder en tout 2 400 livres de pension sur le Trésor royal, savoir 1 500 livres à la dame de Salvert, 300 livres à son fils âgé de 7 ans, 600 au fils du 1er lit, lieutenant de vaisseau. Le peu de bien qui reste à son frère qui est enfermé pouvant suffire à son entretien[3]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pour le distinguer de son frère ainé, Étienne Périer dit « l'Ainé », chef d'escadre en 1751.
  2. a b c et d Chapuis 1999, p. 775.
  3. a et b Vergé-Franceschi 1990, p. 271

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Olivier Chapuis, À la mer comme au ciel, Presses Paris Sorbonne, , 1060 p. (lire en ligne), p. 775
  • Raymond de Bertrand, Mémoires de la Société dunkerquoise pour l'encouragement des sciences, des lettres et des arts, Société dunkerquoise pour l'encouragement des sciences, des lettres et des arts, (lire en ligne), p. 229-263
  • Michel Vergé-Franceschi, Les Officiers généraux de la Marine royale : 1715-1774, Librairie de l'Inde, , p. 268 et suiv.
  • Michel Vergé-Franceschi, Dictionnaire d'Histoire maritime, Paris, éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins », , 1508 p. (ISBN 2-221-08751-8 et 2-221-09744-0)
  • Étienne Taillemite, Dictionnaire des marins français, Paris, éditions Tallandier, , 573 p. (ISBN 2-84734-008-4)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]