Antiphonaire de Compiègne

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Antiphonaire de Compiègne
Antiphonaire de Compiègne - BNF Lat17436 f1v.jpg
Première page du livre, f.1v.
Date
Vers (?)Voir et modifier les données sur Wikidata
Commanditaire
Technique
enluminures sur parchemin
Dimensions (H × L)
32 × 19 cmVoir et modifier les données sur Wikidata
Format
109 folios reliés
Localisation
Numéro d’inventaire
Latin 17436Voir et modifier les données sur Wikidata

L'Antiphonaire de Compiègne est un manuscrit enluminé contenant un graduel et un antiphonaire de la fin du IXe siècle. Il provient de l'Abbaye Saint-Corneille de Compiègne qui lui a donné son nom. Il s'agit du plus ancien antiphonaire en latin conservé. Il est actuellement conservé à la Bibliothèque nationale de France (Lat.17436).

Historique[modifier | modifier le code]

Le manuscrit, par son style et son écriture, pourrait avoir été réalisé au sein de l'école du palais de Charles le Chauve, dont la localisation n'est pas connue avec précision. Les invocations à saint Vaast, saint Quentin et saint Médard sont révélatrices d'une commande de ce souverain. Le manuscrit pourrait avoir été donné par lui à l'Abbaye Saint-Corneille de Compiègne (appelée alors abbaye Notre-Dame) à l'occasion de la dédicace de la chapelle palatine et de la consécration de l'église du monastère le 5 mai 877, comme semble l'indiquer l'ajout d'une séquence alléluiatique au folio 30. La bibliothèque de l'empereur est d'ailleurs été léguée à cette même abbaye à sa mort. Une Vita de saint Remi a été ajoutée plus tardivement au XIe siècle[1],[2].

Le manuscrit reste au sein de la bibliothèque de l'abbaye jusqu'à la Révolution. Il y est décrit au XVIIe siècle par Dom Michel Germain. Après la fermeture de l'abbaye, le manuscrit est donné en 1803 à la bibliothèque nationale[1].

Description[modifier | modifier le code]

Texte[modifier | modifier le code]

Incipit de l'antiphonaire, f.32v.

Le texte a été établi probablement à partir de sources disparates et contient de nombreuses erreurs tout comme ses rubriques et l'ordre liturgique. Il a peut-être été compilé à destination d'une personne plutôt que d'une église à l'origine.

Il contient les chapitres suivant[3] :

  • Gregorius præsul en préface, f.1v.-2
  • Graduel, commençant avec l’offertoire précédant le troisième dimanche de l’Avent et se terminant après la fête de Sainte-Praxède, f.2v-23v
  • Prière contre les invasions normandes : Summa pia, f.24
  • Liste des Alléluia, f.25
  • Antiennes de procession, f.26-29
  • Alleluia des Versus ad sequentia, f.29-30
  • Péricope évangélique en notes tironiennes, f.30v
  • Antiphonaire propre, f.31v-107
  • Vita de saint Remi, f.107v.-109v

Décorations[modifier | modifier le code]

Lettrine au sein du graduel, f.18r.

Le manuscrit est décoré très sobrement de quelques lettrines peintes sur un fond d'or, des rubriques et des petites lettrines de la même couleur, ainsi que des encadrements composés de bandes pourprées sur lesquelles sont inscrites les titres et incipit des principaux du graduel et de l'antiphonaire. Les motifs sont faits de feuilles d'acanthe vertes et mauves ainsi que de pointillés multicolores qui rappellent les autres manuscrits de l'école du palais de Charles le Chauve[1].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marie-Pierre Laffitte et Charlotte Denoël, Trésors carolingiens : Livres manuscrits de Charlemagne à Charles le Chauve, Bibliothèque nationale de France - Seuil, , 240 p. (ISBN 978-2-7177-2377-9), p. 113 (notice 16)
  • (en) Ritva Maria Jacobsson, « The Antiphoner of Compiègne. Paris, BNF lat. 17436 », in Margot Elsbeth Fassler, Rebecca Anne Baltzer, The Divine Office in the Latin Middle Ages. Methodology and Source Studies, Regional Developments, Hagiography. Written in Honor of Professor Ruth Steiner, Oxford-New York, Oxford University Press, 2000, p.147-178
  • Michel Huglo, « Observations codicologiques sur l'antiphonaire de Compiègne (Paris, B. N., lat. 17436) », P. Cahn - A.-K. Heimer, De Musica et Cantu : Studien zur Geschichte der Kirchenmusik und der Oper, Hildesheim, Olms Verlag, 1993, p.117-130
  • Gunilla Iversen, « Rex in hac aula : Réflexions sur les séquences de l' "Antiphonaire de Charles le Chauve" (Paris, BnF lat. 17436) », Revue de Musicologie, t. 89, no 1,‎ , p. 31-45 (JSTOR 4494834)
  • Marie-Noël Colette, « Séquences et versus ad sequentias dans l'antiphonaire de Charles le Chauve (Paris, BnF, Lat. 17436) », Revue de Musicologie, t. 89, no 1,‎ , p. 5-29 (JSTOR 4494833)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Laffitte et Denoël 2007, p. 113
  2. Notice de la BNF
  3. Iversen 2003