Anthonius van Aken

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Anthonius van Aken
Naissance
Vers 1420
Nimègue (?)
Décès
Autres noms
Antonius van Aken
Anthonis Jans van Aken
Nationalité
Activité
Maître
Jan van Aken (père)
Élève
Lieu de travail
Mouvement
Mécènes
Père
Goessen van Aken (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant

Anthonius van Aken, né probablement à Nimègue vers 1420 et mort à Bois-le-Duc vers 1478, est un artiste peintre brabançon du XVe siècle. Il est le père de Jheronimus van Aken, dit Jérôme Bosch.

Biographie[modifier | modifier le code]

Anthonius[1] est le fils de Jan van Aken (†1454), peintre vraisemblablement originaire d'Aix-la-Chapelle (Aken en néerlandais), qui quitte Nimègue vers 1426 pour installer son atelier à Bois-le-Duc, où il a pour collaborateurs quatre de ses cinq fils : Thomas, Goessen (I), Jan (II) et Anthonius.

Dans les années 1440, ce dernier épouse Aleid van der Mynnen, avec laquelle il aura au moins cinq enfants - dont les peintres Goessen (II), Jan (III) et Jheronimus - avant de se remarier avec une certaine Mechteld.

En février 1462, Anthonius achète une maison en pierre située sur le côté est de la Grand-Place (Markt, à l'emplacement de l'actuel no 29). Après l'incendie qui a frappé Bois-le-Duc durant l'été 1463, elle est baptisée « In Sint Thoenis » (« Chez saint Antoine ») en l'honneur du saint patron de son propriétaire. Elle abrite dorénavant l'atelier familial, où se forment et travaillent les fils d'Anthonius.

Dès 1454-1455, Anthonius van Aken est membre de la Confrérie de Notre-Dame, qui lui commande une dizaine d'années plus tard des volets pour un retable détruit par l'incendie de 1463. Finalement non utilisés, ils seront remisés pendant plusieurs années et enfin rachetés par Jheronimus en 1481. En effet, la confrérie a finalement décidé d'orner d'un nouveau retable sa chapelle de l'église Saint-Jean. Anthonius et l'un de ses fils sont donc convoqués en 1475-1476 afin de donner leur avis sur le projet confié au sculpteur Adriaen van Wesel (nl) d'Utrecht.

Après la mort d'Anthonius, l'atelier familial est tout d'abord dirigé par Goessen (mort en 1497) puis par Jan (mort vers 1498-1499) avant d'être réorganisé par Jheronimus au début du XVIe siècle.

Œuvre[modifier | modifier le code]

L'Adoration des mages, huile sur panneau (71 × 57 cm), après 1466, New York, Metropolitan Museum of Art.

Aucune œuvre conservée ne peut être attribuée avec certitude à Anthonius van Aken, qui semblait pourtant perçu à son époque comme le peintre le plus prestigieux de Bois-le-Duc. L'historien de l'art Frédéric Elsig propose cependant de lui attribuer l'Adoration des mages du Metropolitan Museum de New York, considérée par la plupart des auteurs comme une œuvre de jeunesse de Jheronimus[2],[3] et par d'autres comme une réalisation tardive d'un suiveur de ce dernier[4].

Caractérisé par une composition spatiale hésitante et par l'emploi de feuille d'or, typiques du gothique international, le tableau a été peint après 1466 selon une analyse dendrochronologique. Il est daté des années 1470 par Elsig, qui y voit une manière très différente de celle de Bosch (dessin plus rigide, contours cernés de noir) tout en y reconnaissant des types morphologiques proches de ceux du célèbre maître. Ce caractère hétérogène pourrait correspondre à la collaboration d'Anthonius avec l'un ou plusieurs de ses fils.

L'équipe du Bosch Research and Conservation Project (BRCP), tout en notant l'utilisation inhabituelle de l'or battu, attribue cependant l'œuvre au seul Jérôme[3].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Selon les sources et les auteurs, il est également appelé « Antonius van Aken », « Anthonis van Aken », « Anthonis Jans van Aken » (pour le distinguer de son petit-fils Anthonis Goessens van Aken) ou « Antoine van Aken ».
  2. Erik Larsen, Bosch. Catalogo completo, Florence, 1998, p. 111.
  3. a et b Ilsink, Koldeweij et De Mooij (cf. bibliographie), p. 58.
  4. Maryan Wynn Ainsworth, « Implications of Revised Attributions in Netherlandish Painting », Metropolitan Museum Journal, XXVII, 1992, p. 59-76.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Walter Bosing, Jérôme Bosch (environ 1450-1516) Entre le ciel et l'enfer (Tout l’œuvre peint de Bosch), Cologne, Benedikt Taschen, 1994, p. 12 et 14.
  • Godfried Christiaan Maria van Dijck, Op zoek naar Jheronimus van Aken alias Bosch. De feiten, familie, vrienden en opdrachtgevers, Zaltbommel, Europese Bibliotheek, 2001, p. 26-29.
  • Frédéric Elsig, Jheronimus Bosch : la question de la chronologie, Genève, Droz, 2004, p. 20-25, 30, 65 et 96.
  • Matthijs Ilsink, Jos Koldeweij et Charles de Mooij, Jérôme Bosch - Visions de génie (catalogue de l'exposition du Noordbrabants Museum de Bois-le-Duc), Bruxelles, Fonds Mercator, 2016, p. 11.

Liens externes[modifier | modifier le code]