Anse-Bleue

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Anse-Bleue
Anse-Bleue.
Anse-Bleue.
Administration
Pays Drapeau du Canada Canada
Province Drapeau du Nouveau-Brunswick Nouveau-Brunswick
Région Péninsule acadienne
Subdivision régionale Gloucester
Statut municipal District de services locaux
Maire
Mandat
aucun
aucun
Démographie
Population 345 hab. (2011 en diminution)
Densité 38 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 49′ 42″ nord, 65° 04′ 55″ ouest
Altitude Min. 0 m – Max. 10 m
Superficie 913 ha = 9,13 km2
Divers
Langue(s) Français
Fuseau horaire UTC-4
Indicatif +1-506
Code géographique 130003
Localisation

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Anse-Bleue

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Anse-Bleue
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L'Anse-Bleue est village côtier canadien situé dans la région de la péninsule acadienne et le comté de Gloucester, au Nouveau-Brunswick. Le village est situé sur la rive nord de la péninsule de Maisonnette, au bord de la baie des Chaleurs. Anse-Bleue a le statut de DSL.

Toponyme[modifier | modifier le code]

Article connexe : Toponymie néo-brunswickoise.

L'Anse-Bleue est nommé d'après sa position centrée sur une anse de la baie des Chaleurs. Le village est généralement décrit comme Anse-Bleue mais on retrouve autant l'Anse-Bleue. Le nom du village était souvent traduit en Blue Cove sur les cartes et dans les journaux, c'était même le nom du bureau de poste entre sa fondation en 1889 et 1960[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Anse-Bleue est situé à environ 48 kilomètres à vol d'oiseau et à 55 kilomètres de route à l'est de Bathurst, dans la région de la péninsule acadienne. Le village a une superficie de 9,13 km2.

Anse-Bleue est située sur la rive nord de la péninsule de Maisonnette, au bord de la baie des Chaleurs. Le village est situé à l'extrémité est de la région des Caps. Une partie de littoral est donc composée de roc, tandis que la partie plus à l'est est une plage. Il n'y a pas de cours d'eau important et le relief est plat. Le village est situé dans une prairie, tandis que le sud du territoire est couvert de forêt. Une grande tourbière se trouve au sud-est.

Le village est limitrophe de Maisonnette à l'est, de Village-des-Poirier au sud, de Dugas au sud-ouest et de Grande-Anse à l'ouest.

Anse-Bleue est généralement considérée comme faisant partie de l'Acadie[2].

Géologie[modifier | modifier le code]

Le sous-sol de l'Anse-Bleue est composé principalement de roches sédimentaires du groupe de Pictou, surtout du grès gris, datant du Pennsylvanien (entre 300 et 311 millions d'années)[3].

Climat[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Climat de la Péninsule acadienne.

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Anse-Bleue est situé dans le territoire historique des Micmacs, plus précisément dans le district de Gespegeogag, qui comprend le littoral de la baie des Chaleurs[4].

Colonisation européenne[modifier | modifier le code]

Selon ce que rapporte Donat Robichaud, la région est visitée par des pêcheurs Normands et Bretons dès la fin du XIIIe siècle[5]. Les Bretons sont en fait bien établis avant 1536[6]. Les Basques chassent la baleine en Europe à partir du XIIe siècle ou plus tôt mais, à la suite de l'effondrement de la population de ces cétacés, commencent à les chasser au sud du Labrador au XVIe siècle, en plus de pêcher la morue[6]. Ces pêcheurs viennent surtout du Pays basque espagnol mais ceux du Pays basque français deviennent de plus en plus nombreux[6]. Ils sont déjà bien installés vers 1540. Contrairement à une idée répandue, ils n'ont pas chassé la baleine de plus en plus loin jusqu'à atteindre l'Amérique mais s'y sont rendus directement[6]. Vers 1632, les pêcheurs de morue basques se déplacent dans des endroits plus reculés, dont Caraquet, Paspébiac et Shippagan, notamment pour éviter les attaques des Inuits et des pirates anglais ou danois, mais aussi à cause de la baisse de la population de baleine et de l'ouverture de la pêche au Svalbard[6]. La pêche basque à Caraquet dure sans encombres jusque vers la fin du XVIIe siècle[6].

De la fondation à nos jours[modifier | modifier le code]

En 1819, les Thériault de Grande-Anse déménagèrent pour fonder le village[7].

Un premier bureau de poste est ouvert en 1885 mais ferme ses portes en 1960. Il est rouvert en 1968[8].

La première centrale nucléaire du Nouveau-Brunswick aurait pu être construite à Anse-Bleue, Pointe-Lepreau ou au Restigouche. Les habitants de l'endroit s'étaient alors opposés à la construction et elle fut donc installée à Pointe-Lepreau[9].

L'usine de transformation du homard et du hareng de l'entreprise terre-neuvienne Barry Group, anciennement connue sous le nom de Blue Cove Packing, ferme ses portes en 2008, faisant perdre 200 emplois et approfondissant la crise économique des localités voisines, déjà touchées par une série de fermetures d'usines du secteur[10].

Anse-Bleue est l'une des localités organisatrices du IVe Congrès mondial acadien, en 2009.

Démographie[modifier | modifier le code]

D'après le recensement de Statistique Canada, il y avait 381 habitants en 2006, comparativement à 409 en 2001, soit une baisse de 6,8 %. Le village compte 221 logements privés dont 157 occupés par des résidents habituels. L'Anse-Bleue a une superficie de 9,13 km² et densité de population de 41,7 habitants au km² [11].

Évolution démographique d'Anse-Bleue depuis 2001
2001 2006 2011
409 381 345

Administration[modifier | modifier le code]

Comité consultatif[modifier | modifier le code]

En tant que district de services locaux, Anse-Bleue est administré directement par le Ministère des Gouvernements locaux du Nouveau-Brunswick, secondé par un comité consultatif élu composé de cinq membres dont un président.

Liste des présidents successifs
Période Identité Étiquette Qualité
200?   Paul Chiasson    
  200? Ben Thériault    
Les données manquantes sont à compléter.

Budget et fiscalité[modifier | modifier le code]

Commission de services régionaux[modifier | modifier le code]

Anse-Bleue fait partie de la Région 4 (en)[12], une commission de services régionaux (CSR) devant commencer officiellement ses activités le [13]. Contrairement aux municipalités, les DSL sont représentés au conseil par un nombre de représentants proportionnel à leur population et leur assiette fiscale[14]. Ces représentants sont élus par les présidents des DSL mais sont nommés par le gouvernement s'il n'y a pas assez de présidents en fonction[14]. Les services obligatoirement offerts par les CSR sont l'aménagement régional, l'aménagement local dans le cas des DSL, la gestion des déchets solides, la planification des mesures d'urgence ainsi que la collaboration en matière de services de police, la planification et le partage des coûts des infrastructures régionales de sport, de loisirs et de culture; d'autres services pourraient s'ajouter à cette liste[15].

Représentation et tendances politiques[modifier | modifier le code]

Drapeau du Nouveau-Brunswick Nouveau-Brunswick: Anse-Bleue fait partie de la circonscription de Caraquet, qui est représentée à l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick par Hédard Albert, du Parti libéral. Il fut élu en 2003 puis réélu en 2008 et en 2010.

Drapeau du Canada Canada: Anse-Bleue fait partie de la circonscription d'Acadie-Bathurst. Cette circonscription est représentée à la Chambre des communes du Canada par Yvon Godin, du NPD. Il fut élu lors de l'élection de 1997 contre le député sortant Doug Young, en raison du mécontentement provoqué par une réforme du régime d’assurance-emploi[16].

Économie[modifier | modifier le code]

L'usine Saveurs du Nord Inc., l'une des entreprises du village.

Entreprise Péninsule, un organisme basé à Tracadie-Sheila faisant partie du réseau Entreprise, a la responsabilité du développement économique de la région[17].

La plupart des gens travaillent au village ou à proximité[17]. L'industrie touristique crée quelques emplois sur place et il y a aussi de nombreux emplois disponibles dans le commerce, l'industrie de la pêche, la fabrication et la fonction publique à Caraquet[17]. Au village, la pêche est importante.

Vivre à l'Anse-Bleue[modifier | modifier le code]

Éducation[modifier | modifier le code]

Les élèves francophones bénéficient d'écoles à Bertrand et à Caraquet. La ville de Shippagan compte le CCNB-Péninsule acadienne et un campus de l'Université de Moncton.

Les anglophones bénéficient d'une école à Janeville mais doivent poursuivre leurs éducation à Bathurst de la sixième à la douzième année. Les établissements d'enseignement supérieur anglophones les plus proches sont à Fredericton ou Miramichi.

Il y a une bibliothèque publique à Caraquet. Le bibliobus du Nord fait toutefois un arrêt au village[18].

Autres services publics[modifier | modifier le code]

La population est dépendante des localités voisines, notamment Caraquet, pour la majeure partie de ses services[17]. Le détachement de la Gendarmerie royale du Canada le plus proche est d'ailleurs situé à Caraquet. Cette ville dispose également d'un poste d'Ambulance Nouveau-Brunswick et de l'hôpital de l'Enfant-Jésus. Les bureaux de poste les plus proches sont à Grande-Anse et Maisonnette.

Anse-Bleue est desservi par la route provinciale 320, et la route 11 se trouve à proximité. Le village possède également un port utilisé principalement pour la pêche.

Existant depuis le , la Commission de gestion des déchets solides de la Péninsule acadienne (COGEDES) a son siège-social à Caraquet. Les déchets sont transférés au centre de transbordement de Tracadie-Sheila et les matières non-recyclables sont ensuite enfouies à Allardville.

Les francophones bénéficient du quotidien L'Acadie nouvelle, publié à Caraquet, ainsi que de l'hebdomadaire L'Étoile, de Dieppe. Les anglophones bénéficient quant à eux du quotidien Telegraph-Journal, publié à Saint-Jean.

Culture[modifier | modifier le code]

Architecture et monuments[modifier | modifier le code]

Article connexe : Architecture acadienne.

L'Anse-Bleue possède quelques exemples d'architecture traditionnelle acadienne. Quelques maisons sont en effet recouvertes de bardeaux de cèdre, avec des toits à deux versants et ayant généralement seulement les arêtes et les cadres de portes et de fenêtres peints de couleurs vives. Anse-Bleue est l'un des rares endroits en Acadie où l'on peut trouver des maisons ayant des boucanières comme dépendances. Elles datent de l'époque où la production de poisson boucané n'était pas encore industrialisée.

Une maison possède une décoration extérieure dans un thème maritime, avec des barres, des ancres ainsi que des dessins de pirates et de bateaux.

Religion[modifier | modifier le code]

Anse-Bleue fait partie de la paroisse Saint-Simon et Saint-Jude de Grande-Anse.

Sports[modifier | modifier le code]

Article connexe : Sport en Acadie.

À Anse-Bleue se trouve un club de plongée sous-marine.

Municipalités limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents baie des Chaleurs baie des Chaleurs baie des Chaleurs Rose des vents
Grande-Anse N Maisonnette
O    Anse-Bleue    E
S
Dugas Dugas, Village-des-Poirier Village-des-Poirier

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Alan Rayburn, Geographical Names of New Brunswick, Ottawa, Énergie, Mines et Ressources Canada, , p. 38.
  2. Murielle K. Roy et Jean Daigle (dir.), Démographie et démolinguistique en Acadie, 1871-1991, L'Acadie des Maritimes, Moncton, Centre d'études acadiennes, Université de Moncton, (ISBN 2921166062), p. 141.
  3. (en) [PDF] Ministère des Ressources naturelles et de l'énergie du Nouveau-Brunswick, « Bedrock Geology of New Brunswick », (consulté le 19 juin 2009)
  4. (en) Philip K. Bock et William C. Sturtevant (dir.), Handbook of North American Indians, vol. 13, t. 1, Government Printing Office, , 777 p., p. 109-110
  5. (fr) Donat Robichaud, Le Grand Shippagan, 1976. p. 33-37
  6. a, b, c, d, e et f (en) Selma Huxley Barkham, « The Basque Whaling Establishments in Labrador 1536-1632 — A Summary », Arctic, vol. 37, no 4,‎ , p. 515-519 (lire en ligne)
  7. (fr) http://www.i-web.net/grande-anse/hist.htm
  8. « Noms de lieux du Nouveau-Brunswick - Anse-Bleue », sur Archives provinciales du Nouveau-Brunswick (consulté le 22 janvier 2012).
  9. (fr) L'Acadie-Nouvelle - 22 septembre 2007 - Percy Mockler rêve d’une centrale nucléaire dans le Nord
  10. René Landry, « Le couperet tombe sur Anse-Bleue », Radio-Canada Nouvelles,‎ (lire en ligne)
  11. Statistique Canada, « Chiffres de population et des logements, Canada, provinces et territoires, et localités désignées, recensements de 2006 et 2001 - Données intégrales »,
  12. « Les communautés dans chacune des 12 Commissions de services régionaux (CSR) », sur Gouvernement du Nouveau-Brunswick (consulté le 9 novembre 2012).
  13. « Conseils d'administration des commissions de services régionaux annoncés », sur Gouvernement du Nouveau-Brunswick (consulté le 1er novembre 2012).
  14. a et b « Gouvernance des nouvelles commissions de services régionaux », sur Gouvernement du Nouveau-Brunswick (consulté le 9 novembre 2012).
  15. « Services obligatoires », sur Gouvernement du Nouveau-Brunswick (consulté le 9 novembre 2012).
  16. (fr) Réal Fradette, « Qui arrivera à défaire Yvon Godin », dans L'Acadie Nouvelle, 20 décembre 2008 [lire en ligne (page consultée le 20 décembre 2008)].
  17. a, b, c et d « District de services régionaux 4 », sur Bâtir des gouvernements locaux et des régions viables (Rapport Finn), sur Gouvernement du Nouveau-Brunswick (consulté le 28 juillet 2011).
  18. « Arrêts de bibliobus », sur Ministère de l'Éducation du Nouveau-Brunswick (consulté le 5 novembre 2012)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) William F. Ganong, A Monograph of the Origins of the Settlements in New Brunswick, Ottawa, J. Hope, , 185 p.
  • (en) Alan Rayburn, Geographical Names of New Brunswick, Ottawa, Énergie, Mines et Ressources Canada,