Annie Finch

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Annie Finch
Description de l'image Annie Finch B143371.jpg.
Nom de naissance Annie Ridley Crane Finch
Naissance (64 ans)
New Rochelle (New York)
Nationalité Américaine
Pays de résidence États-Unis
Activité principale
Poétesse, auteure, traductrice, professeure d'écriture créative
Formation
Simon's Rock Early College, université Yale, University of Houston, université Stanford
Distinctions
Prix Robert Fitzgerald (1990), prix Sarasvati (2012)
Conjoint
Glen Brand
Famille
Julian Hughan, Althea Margaret Crane
Auteur
Langue d’écriture Anglais
Mouvement Versification
Genres
Poésie

Annie Finch, née le [1] à New Rochelle, est une poétesse et femme de lettres américaine.

Le dictionnaire de biographie littéraire initié par Frederick G. Ruffner et réunissant les productions britanniques et américaines du XXe siècle, l'a défini comme « l'un des personnages centraux de la poésie américaine contemporaine » pour son rôle, en tant que poète, critique et porte-parole des nouvelles formes poétiques contemporaines[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Originaire de l'État de New York, Annie Ridley Crane Finch est la fille de Margaret Rockwell Finch et de Henry L. Finch. Dans l'essai autobiographique Desks publié en 2005 dans l'ouvrage The Body of Poetry, elle affirme que la poésie de sa mère et la bibliothèque de son père emplie de livres portant sur la littérature, la philosophie et la religion ont influencé l'ensemble de son travail[3].

Dans une interview pour l'American Poetry Review, Annie Finch évoque une seconde source d'influence majeure, un voyage de quinze mois en Europe et au Moyen-Orient réalisé à l'âge de six ans. La variété des sonorités et langues côtoyées lui permettent d'enrichir son propre langage poétique[4].

Après une première année au Simon's Rock Early Collège, elle intègre l'université Yale et en sort diplômée d'un bachelor en langue anglaise en 1979. Elle y côtoie l'artiste Alix Bacon et la poétesse Eileen Myles[5]. C'est également à cette période qu'elle rédige le long poème expérimental The Encyclopedia of Scotland édité en 1982[6].

Elle poursuit sa formation par un master en écriture créative et théâtre poétique au sein de l'université de Houston, qu'elle obtient en 1986. Son directeur de thèse est la poétesse et dramaturge Ntozake Shange. En 1990, elle reçoit le prix Robert Fitzgerald pour sa contribution active à l'art de la versification.

En 1991, elle entre comme doctorante en philosophie à l'université Stanford[7]. Ses études de doctorat sont dirigées par la militante féministe Diane Middlebrook, et portent sur la théorie littéraire féministe, la poétique et les études culturelles. Ses recherches aboutissent à la publication de l'essai Dickinson et Meter Patriarcal : une théorie des codes métriques dans le journal PMLA, édité par l'association américaine de langue moderne[8].

Elle épouse le défenseur de l'environnement Glen Brand à la Chapelle de Rothko, à Houston en 1985. Ils sont les parents de Julian Brand et Althea Finch-Brand[9].

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Carrière poétique[modifier | modifier le code]

Sarah Braunstein, Susan Faludi, Kristen Ghodsee, Annie Finch et Pope Brock, lors d'une rencontre d'auteurs en 2013.

La poésie d'Annie Finch trouve son premier lectorat national en 1997, avec la publication de son premier recueil Eve chez Story Line Press. L'ouvrage est sélectionné parmi les finalistes des prix de la Série nationale de poésie et de la série Yale des jeunes poètes. C'est la forme des compositions qui attire l'attention des examinateurs et notamment son utilisation inattendue des contes traditionnels pour la création de mythes féministes, tel le poème incantatoire Shapehifting[10]. Son troisième ouvrage Calendars publié chez Tupelo Press en 2003, est sélectionné au Poetry Book of the Year[11].

En 2006, sa traduction des textes de la poétesse française Louise Labé est publiée par l'université de Chicago. Complete Poetry and Prose – A Bilingual Edition est honoré par la Society for the Study of Early Modern Women, et les textes sont inclus dans la Norton Anthology of World Literature[12].

En 2010, Among the Goddesses : An Epic Libretto in Seven Dreams combine des éléments du livret d'opéra et du poème épique pour raconter une histoire d'avortement et de spiritualité centrée sur la place des déesses. Le recueil reçoit le prix Sarasvati pour la poésie, de l'Association pour l'étude des femmes et de la mythologie en 2012[13],[14].

L'ouvrage Spells : New and Selected Poems publié en 2013, comporte des extraits des livres précédents et des traductions. Il est également accompagné d'une cinquantaine de poèmes inédits, y compris une sélection de « poèmes perdus » expérimentaux rédigés à partir de la fin des années 1980. Le recueil organise chronologiquement quatre décennies de poésie d'Annie Finch. Il s'agit de la première anthologie de l'auteure[15].

La prose d'Annie Finch se retrouve également réunie dans l'anthologie The Penguin Book of Twentieth Century American Poetry, initiée par Rita Dove en 2013.

Travail critique et enseignement[modifier | modifier le code]

Une grande partie de la poésie d'Annie Finch se concentre sur le rôle de la répétition et du modèle. Dans l'essai The Body of Poetry: Essays on Women, Form, and the Poetic Self, elle relie l'utilisation du mètre poétique à la spiritualité[16]. D'autres essais de la collection décrivent son propre processus créatif, discutent de la traduction et des traditions poétiques des femmes et défendent « la diversité métrique ». Pour l'auteure, la poésie formelle est plus polyvalente, efficace et éloquente lorsqu'elle englobe d'autres motifs métriques, en plus du pentamètre iambique[16].

Ses livres sur l'écriture de la poésie, tels que An Exaltation of Forms: Contemporary Poets Celebrate the Diversity of Their Art coédité avec Kathrine Varnes et A Poet's Craft: A Comprehensive Guide to Making and Sharing Your Poetry, qui comprend un guide pour écrire en mètre poétique, sont largement diffusés dans les programmes d'écriture universitaire[17]. Les écrits critiques d'Annie Finch sur les traditions poétiques des femmes et notamment son article de 1987 sur la métaphore et la subjectivité dans la poésie de l'américaine Lydia Sigourney sont également influents. Elle est reconnue pour être l'une des premières à adopter une approche critique sérieuse de l'esthétisme poétique[18].

Annie Finch a enseigné l'écriture créative en tant que membre du corps professoral du New College of California de San Francisco, du Collège St. Francis, ainsi qu'à l'Université de Miami. Entre 2004 et 2013, elle est directrice du programme Stonecoast MFA à l'University of Southern Maine, située à Portland[19].

En 1997, elle débute une liste de diffusion des femmes poètes, appelée WOM-PO, et coordonne la communauté jusqu'en 2004, avant de déléguer ce rôle à la poétesse Amy King. Elle intervient régulièrement lors de conférences dédiées à la poésie ainsi qu'à la spiritualité des femmes comme lors de the annual West Chester Poetry Conference ou de l'évènement Poetry by the Sea[5],[20].

Collaborations et performances[modifier | modifier le code]

Un certain nombre de compositeurs ont mis en musique la poésie d'Annie Finch. Le livret d'opéra, Marina, basé sur la vie de la poétesse Marina Tsvetaeva, est adapté sur scène par l'American Opera Projects en 2003. La musique est confiée à Deborah Drattell et la mise en scène à Anne Bogart et Lauren Flanigan[21]. En 2012, le projet théâtral et multimédia Finch Wolf Song est présenté chez Mayo Street Arts à Portland, dans le Maine[22].

Spiritualité[modifier | modifier le code]

Les thèmes et les images dans le travail d'Annie Finch sont inspirés par la spiritualité et ses liens avec la terre. Dans Eve, elle organise son travail autour d'une série de poèmes portant sur les dieux anciens, alors que dans Calendars, son cadre d'écriture repose davantage sur des vacances païennes. Au magazine Poemeleon, elle déclare : « Ma propre poésie se dirige depuis longtemps dans une direction profondément émotive et souvent spirituelle. Certains de mes poèmes sont lyriques, certains narratifs, certains dramatiques et certains méditatifs, mais tous concernent le mystère de la réincarnation, que ce soit dans mes relations avec la nature, avec d'autres personnes, ou avec des problèmes spirituels plus directement. »[23].

En 2009, elle débute le blog American Witch sur lequel elle évoque sa spiritualité[24]. Depuis 2013, Annie Finch publie de la poésie non-fictionnelle autour de la spiritualité, des déesses et de la sorcellerie dans The Huffington Post, tels les textes Les sept meilleures choses à propos d'être un Wiccan[25] ou Neuf déesses que chaque femme devrait connaître[26].

Publications[modifier | modifier le code]

Recueils de poèmes[modifier | modifier le code]

  • Eve, Story Line Press, 66p, 1997, (ISBN 1885266367)
  • Calendars, Tupelo Press, 70p, 2003, (ISBN 1932195009)
  • The Encyclopedia of Scotland (Salt Modern Poets), Salt Publishing, 124p, 2004, (ISBN 184471036X)
  • Among the Goddesses: An Epic Libretto in Seven Dreams, Red Hen Press, 88p, 2010, (ISBN 1597091618)
  • Spells: New and Selected Poems, Wesleyan University Press, 236p, 2013, (ISBN 0819572691)

Travaux poétiques[modifier | modifier le code]

  • Ghost of Meter: Culture and Prosody in American Free Verse, University of Michigan Press, 192p, 1993, (ISBN 0472104055)
  • The Body of Poetry: Essays on Women, Form, and the Poetic Self, University of Michigan Press, 192p, 2005, (ISBN 0472098950)
  • A Poet’s Craft: A Comprehensive Guide to Making and Shaping Your Poems, University of Michigan Press, 736p, 2012, (ISBN 0472033646)
  • A Poet's Ear: A Handbook of Meter and Form, University of Michigan Press, 440p, 2013(ISBN 0472050664)                                                     

Ouvrages collaboratifs[modifier | modifier le code]

Œuvres poétiques[modifier | modifier le code]

  • The Encyclopedia of Scotland: A Libretto, Caribou Press, 1982
  • Catching the Mermother, Aralia Press, 1996
  • Season Poems, Calliope Press, 2002
  • Home Birth, Dos Madres Press, 2004
  • Annie Finch's Greatest Hits: Poems 1975-2005, Pudding House, 2006
  • Shadow-Bird: From the Lost Poems, Dusie Kollektiv/Ugly Duckling Presse, 2009
  • The Voice Was the Sea, Voices From the American Land, 2013
  • Goddess Poems, Poetry Witch Press, 2015

Livrets d'opéra[modifier | modifier le code]

  • Marina. American Opera Projects, DR2 Theater, New York, 2003.
  • Lily Among the Goddesses. Music by Deborah Drattell

Traductions[modifier | modifier le code]

  • Complete Poetry and Prose – A Bilingual Edition, Louise Labé, Chicago, University of Chicago Press, traduction : Deborah Lesko Baker, Annie Finch, 296p, 2006, (ISBN 0226467155)

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • 1990 : prix Robert Fitzgerald
  • 1993 : Bourse Nicholas Roerich, Wesleyan Writers Conference
  • 2005 : prix Alumni, University of Houston, Creative Writing Program
  • 2008 : Bourse du Black Earth Institute
  • 2012 : prix Sarasvati pour la poésie pour Among the Goddesses: An Epic Libretto in Seven Dreams

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (notice BnF no FRBNF14416397)
  2. (en) Jonathan N. Barron et Bruce Meyer, Dictionary of Literary Biography, New Formalist Poets. , Gale Group, , Volume 282 p., p. 91-101
  3. (en) Annie Finch, The Body of Poetry : Essays on Women, Form, and the Poetic Self, University of Michigan Press, , 177 p. (ISBN 978-0-472-09895-8, notice BnF no FRBNF39916658)
  4. (en) Alix Giardino, « Casting Spells: An Interview With Annie Finch », American Poetry Review,‎
  5. a et b (en-US) « Annie Finch », sur Poetry Foundation, (consulté le 25 septembre 2017)
  6. (en) Annie Finch, The Encyclopedia of Scotland (Salt Modern Poets), Salt Publishing, , 124 p. (ISBN 978-1-84471-036-2)
  7. « Finch, Annie | Representative Poetry Online », sur rpo.library.utoronto.ca (consulté le 25 septembre 2017)
  8. (en) « The Freedom of Meter », sur http://bostonreview.net,
  9. (en) « A Maine Writer: Maine State Library », sur www.maine.gov (consulté le 25 septembre 2017)
  10. (en) C.G. MacDonald, « Review of Eve », Poetry Flash,‎ novembre - décembre 1998
  11. (en-US) « Calendars », sur anniefinch.com (consulté le 25 septembre 2017)
  12. (en) « Complete Poetry and Prose - A Bilingual Edition : Louise Labé by Annie Finch », sur http://www.press.uchicago.edu
  13. (en) G.M. Palmer, « Review of Among the Goddesses », Strong Verse,‎
  14. (en) Alisa Trager, « The Midwest Book Review on Among the Goddesses », sur http://redhen.org,
  15. (en) Spells : New and Selected Poems, Wesleyan University Press, , 236p p. (ISBN 978-0-8195-7269-1)
  16. a et b (en) Annie Finch, The Body of Poetry : Essays on Women, Form, and the Poetic Self, University of Michigan Press, , 192p p. (ISBN 978-0-472-09895-8, notice BnF no FRBNF39916658)
  17. (en) G.M. Palmer, « Why We Read : Spells by Annie Finch », sur http://criticalflame.org,
  18. (en) « The Sentimental Poetess in the World: Metaphor and Subjectivity in Lydia Sigourney's Nature Poetry », sur https://www.academia.edu,
  19. (en) « Stonecoast MFA in Creative Writing | University of Southern Maine », sur usm.maine.edu (consulté le 26 septembre 2017)
  20. « Annie Finch | Counterbalance Arts », sur counterbalancearts.org (consulté le 26 septembre 2017)
  21. (en) Allan Kozinn, « In performance: Classical Music : An Operatic Treatment Of a Russian Poet's Despair », sur https://www.nytimes.com,
  22. (en-US) « Poets Theater of Maine Presents WOLF SONG », sur Kickstarter (consulté le 26 septembre 2017)
  23. (en) Ren Powell & Cati Porter, « An Interview With Annie Finch », sur http://www.poemeleon.org
  24. « American Witch », sur annieridleycranefinch.blogspot.fr (consulté le 26 septembre 2017)
  25. (en) Annie Finch, « The 7 Best Things About Being a Wiccan », sur http://www.huffingtonpost.com,
  26. (en) Annie Finch, « Nine Goddesses Every Woman Should Know », sur http://www.huffingtonpost.com,

Liens externes[modifier | modifier le code]