Annexions de l'Alsace-Lorraine

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Historiquement, le terme d’« annexion » associé à l'Alsace ou à la Lorraine, peut être utilisé pour désigner un rattachement à la France, ou un rattachement à l’Allemagne. Il peut désigner le rattachement des Trois-Évêchés, celui de l’Alsace, ou encore celui de la Lorraine ducale, à la France. Il peut aussi désigner le rattachement de l’Alsace et celui de la Lorraine « mosellane » à l’Allemagne.

Historique des annexions de l'Alsace et de la Lorraine[modifier | modifier le code]

L'empereur Guillaume II en manœuvres en Lorraine, 1908.

Le terme d'annexion peut désigner l'annexion, par la France, des territoires du Saint-Empire romain germanique situés entre la Meuse et le Rhin. Ces territoires, correspondant aujourd'hui aux régions de Lorraine et d'Alsace, sont alors très morcelés, relevant de différentes entités politiques.

Ce terme désigne aussi l'annexion des Duché de Bar et Duché de Lorraine, qui intervient de jure en 1766 :

  • 1701/1714 : guerre de Succession d'Espagne : pour protéger son flanc est, la France occupe pour la quatrième fois les duchés de Bar et de Lorraine.
  • 1738 : Au traité de Vienne, pour faciliter son mariage et son élection à la tête de l'empire, le duc François III de Lorraine, élevé à Vienne et promis en mariage à la fille aînée et héritière de l'empereur, consent à échanger ses duchés patrimoniaux contre la Toscane. Le Barrois et la Lorraine sont donnés à titre viager à Stanislas Leszczyński, beau-père de Louis XV, roi détrôné de Pologne. Il est convenu qu'à la mort du souverain Barrois et Lorraine deviendront Français. Stanislas abandonne l'administration du duché à son gendre. Il meurt en 1766.

Annexions de l'Alsace-Lorraine[modifier | modifier le code]

Giromagny, monument commémoratif de la réunion de l'Alsace à la France en 1648

Le terme d'annexion de l'Alsace-Lorraine désigne généralement l'annexion d'une partie de ces territoires par l'Allemagne, en 1871, après la guerre franco-prussienne de 1870. Ces territoires annexés correspondent à la région Alsace et au département de la Moselle. Ces territoires, considérés par les Allemands comme « germaniques », furent annexés en deux temps. Le traité préliminaire de paix du 26 février 1871 mit fin aux combats entre la France et l'Allemagne. Le traité de Francfort du 10 mai 1871 fixa les conditions de la paix[1]. Outre une forte indemnité, la France doit céder une partie de son territoire :

  • En Alsace, les départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, à l'exception de l'arrondissement de Belfort.
  • En Lorraine, l'ancien département de la Moselle, à l'exception de Briey, les arrondissements de Château-Salins et de Sarrebourg appartenant à l'ancien département de la Meurthe, ainsi que les cantons de Saales et de Schirmeck appartenant au département des Vosges. Ces derniers seront rattachés plus tard au Bas-Rhin. Ces territoires correspondent à l'actuel département de la Moselle.

Pendant l'annexion, les nouveaux territoires annexés à l'Allemagne ont juridiquement le même statut que les autres Länder composant l'Empire allemand. À partir de novembre 1918 et jusqu'à la signature du traité de Versailles, le 28 juin 1919, la région est de facto ré-annexée par la France, avant de faire de nouveau partie intégrante de la nation française, conformément à l'article 27 du traité.

  • Après la défaite des armées françaises et le départ des troupes britanniques, la signature de l'armistice du 22 juin 1940 prévoyait l'occupation du nord de la France par les armées du Troisième Reich. Le régime nazi saisit cette occasion pour réintégrer l'Alsace et la Moselle. Elle expulsa donc les sympathisants de la France et les français de souche et considéra les autres comme des citoyens allemands. La victoire des Alliés et la Libération de la France, de fin 1944 à début 1945, mit fin à cette dernière annexion.
Article détaillé : Alsace-Moselle.

Contexte de 1870-1871[modifier | modifier le code]

Répartition des dialectes parlés en Alsace-Moselle au XIXe siècle.

Napoléon III, qui jouit encore d'une très grande popularité aux yeux des Français, engage la France dans la guerre de 1870 contre la Prusse. Dès le 4 août 1870, l'armée prussienne pénètre en Alsace. Les troupes françaises sont mal préparées et tombent très rapidement sous les coups de l'ennemi : Napoléon III capitule à Sedan en septembre 1870.

Mi-septembre, les Prussiens mettent le siège devant Paris. L'armistice franco-allemand est signé le 28 janvier 1871. L'Alsace et une partie de la Lorraine sont annexées par le traité de Francfort en juin 1871, formant le Reichsland Elsass-Lothringen au sein du nouvel Empire allemand. Ces territoires annexés d'Alsace-Lorraine correspondent aux actuels départements du Haut-Rhin et du Bas-Rhin ainsi qu'au département de la Moselle.

La défaite allemande de la première Guerre mondiale va être suivie par une série de sanctions, dont la perte du Reichsland Elsaß-Lothringen annexé par la France dès l'Armistice du 11 novembre 1918.

Contexte de 1940-1945[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Annexion de la Moselle (1940).

L'Alsace-Lorraine est annexée de facto au troisième Reich nazi le 27 novembre 1940. Les Allemands ne se contentent pas d’occuper la région, mais l'intègrent à leur territoire, revenant ainsi sur les termes du traité de paix de Versailles de 1919, qu'ils qualifient de Diktat. Si les principales villes d'Alsace et de Lorraine sont libérées au cours de l'automne 1944 par les troupes des généraux Patton, Patch, Kœnig, Leclerc et de Lattre, les combats font rage jusqu'au 2 février 1945 dans la poche de Colmar et jusqu’au 21 mars 1945 dans les poches de Forbach et de Bitche en Moselle.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Texte intégral du traité préliminaire de paix et du traité de Francfort

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]