Anne Serre

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Anne Serre
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Biographie
Naissance
Nationalité
Activité
Œuvres principales

Les Gouvernantes, Champ Vallon, 1992

Un Chapeau léopard, Mercure de France, 2008.

Petite table, sois mise ! Verdier, 2012.

Grande tiqueté, Champ Vallon, 2020.

Au coeur d'un été tout en or, Mercure de France, 2020, prix Goncourt de la nouvelle.

Anne Serre est une romancière française. Elle est l’auteure d’une quinzaine d’ouvrages de fiction, qui comprennent des nouvelles, des romans, et des textes plus difficiles à classer.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle est née à Bordeaux en 1960[1]. Le début de l’adolescence est marqué par la mort de sa mère, lorsqu'elle a 10 ans : «  Ça a été un charivari tel que je n’ai plus aucun souvenir de ces dix premières années »[2]. C'est, du même coup, la découverte de la littérature et les premiers écrits de jeunesse. « Et en écrivant mes premières histoires à l’adolescence », explique-t-elle, « j’ai découvert qu’écrire produisait exactement le même plaisir que lire. J’ai peut-être tout simplement voulu vivre dans le plaisir. La littérature est le monde dans lequel je me sens bien »[3].

Elle s'installe à Paris en 1977, pour des études littéraires[1].

Carrière littéraire[modifier | modifier le code]

À vingt ans, elle publie ses premières nouvelles dans des revues littéraires. « Les revues étaient pour moi un lieu d’apprentissage, et je considérais ces nouvelles comme des exercices, des gammes. On m’a alors incitée à écrire un roman : j’ai choisi de poursuivre une de mes nouvelles qui venait de paraître », raconte-t-elle à Nina Leger[4].

La nouvelle ainsi poursuivie puis déployée, c'est «Les Gouvernantes » à l’origine de son premier roman, au titre éponyme, publié en 1992 aux éditions Champ Vallon[1],[2].

L’accueil fait à ces premiers livres des années 1990 souligne souvent le caractère « inclassable », « déroutant », et pourtant « envoûtant » de son registre. Ses œuvres ont recours à un ton distancié et ironique et jouent avec des structures de récit variées, et avec quelques thèmes récurrents sur les amours perdus, l'amitié, la solitude[1],[5]...

Ses œuvres durant la décennie suivante, publiées au Mercure de France, telles que Le Cheval blanc d’Uffington en 2002, Le Narrateur en 2004, ou encore Le.Mat en 2005, sont plus autobiographiques[1],[5]. C’est aussi l’époque où, sortant d’un certain retrait, elle accepte de parler publiquement de son travail lors de débats et autres manifestations littéraires.

Les deux romans qui suivent, Un chapeau léopard en 2008 puis Les Débutants en 2011, sont plus largement accueillis par la critique et les lecteurs. Ils apparaissent dans les dernières sélections du Prix Femina et du Grand prix du roman de l'Académie française. Un chapeau léopard est couronné par le Prix de la Fondation del Duca en 2008, et en 2009, l’auteur reçoit le Prix des Étudiants du Sud à Aix-en-Provence, pour l’ensemble de son œuvre. Les Débutants fait l'objet d'une réédition en collection Folio en 2013.

En 2012, Petite table, sois mise !, rencontre auprès de la critique et des lecteurs un accueil très favorable. Figurant dans les sélections des prix Mauvais genre/France Culture, Sade, Wepler, Flore, Femina, traduit en espagnol aux éditions Anagrama, ce court texte « mettant en scène une orgie familiale sur un ton d’allégresse », surprend et bouscule. « Nous ne sommes pas là dans le fait divers, mais bien dans l'espace littéraire du conte où tous les excès sont permis, et même souhaitables, puisque le corps et l'esprit du lecteur s'y trouvent ainsi mis à l'épreuve et ébranlés », écrit Éric Chevillard[6]. Dans son portrait de l'auteur, Anne Diatkine précise : « Comme l’héroïne de son récit, Anne Serre vit dans une maison de fiction où la littérature est la seule réalité possible »[2].

Pour Jérôme Dupuis, Dialogue d’été publié en 2014 est moins un roman qu'une « conversation espiègle entre la romancière Anne Serre et son double, à propos de création littéraire », sans être pour autant un pensum[7].

Dans son roman suivant, Voyage avec Vila-Matas, publié 3 ans plus tard, elle transforme joyeusement le romancier espagnol en personnage : « Impostures, leurres, masques, usurpations, détournements, tribulations comiques dans le champ littéraire, elle fait jouer pour son compte tous les principes d’écriture de Vila-Matas »[8].

En 2020, Grande tiqueté, écrit dans une langue inventée par l’auteur, reçoit un accueil unanime de la presse. Selon Camille Laurens : « Il y a plusieurs façons de lire Grande tiqueté, et toutes sont réjouissantes (…) Cette langue obscure nous dit des « chozezinconnues » dont la clarté nous éblouit »[9].

En mai 2020, elle remporte le Prix Goncourt de la nouvelle pour son recueil Au cœur d'un été tout en or[10].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

  • Les Gouvernantes, Champ Vallon, 1992
  • Eva Lone, Champ Vallon, 1993
  • Un voyage en ballon, Champ Vallon, 1993
  • La Petite Épée du cœur, Le Temps qu'il fait, 1995
  • Film, Le Temps qu'il fait, 1998
  • Au Secours, Champ Vallon, 1998
  • Le Cheval blanc d’Uffington, Le Mercure de France, 2002
  • Le Narrateur, Le Mercure de France, 2004
  • Le.Mat, Verdier, 2005
  • Un chapeau léopard, Le Mercure de France, 2008
  • Les Débutants, Le Mercure de France, 2011, (folio 5556)
  • Petite table, sois mise !, Verdier, 2012
  • Dialogue d’été, Le Mercure de France, 2014
  • Voyage avec Vila-Matas, Le Mercure de France, 2017
  • Grande tiqueté, Champ Vallon, 2020
  • Au cœur d’un été tout en or, Le Mercure de France, 2020

Nouvelles, articles, essais[modifier | modifier le code]

  • « Les Gouvernantes », Recueil, no 17, 1991
  • « Pourquoi vivez-vous à Madrid ? », La Nouvelle Revue française,
  • « Une grande jupe d’un certain rouge », L'Express, 3/
  • « Jean-Jacques Rousseau dans mes prés », L'Infini, hiver 1998
  • « Laissez-moi, je n’ai pas peur », Le Nouveau Recueil, mars/
  • « Votre désir d’amour », L'Infini, printemps 2000
  • « Pavillon 61 », Le Nouveau Recueil, mars/
  • « Une excitation », Histoires de lecture, CNL, Lire en fête,
  • « Fumer fait vivre », Libération,
  • « Notes sur la guerre. Une lecture de L'Iliade », Le Nouveau Recueil,
  • « Curriculum vitæ », Brèves, no 78, 2006
  • « Voyage dans l'Europe de Montaigne », La Nouvelle Revue française,
  • « Le Nez de Simenon», Le Magazine littéraire,
  • « Les Deux Sœurs », In Le petit pan de mur jaune. 22 écrivains du côté du Louvre, collectif, Skira/Flammarion, 2010
  • « À la manière de Gertrude Stein », Le Magazine littéraire, no 493, 2010
  • « L'Enfance de Bouvard et Pécuchet », Le Magazine littéraire, no 496, 2010
  • « Une question terrible à l’heure du thé » (sur Theodore Francis Powys), Marianne/Le Magazine littéraire, Hors-série juillet-
  • Carnets (extraits), Neuvième Secousse (revue en ligne),
  • Carnets (extraits), Les Moments littéraires, no 31, 2014
  • « La Haine du narrateur »,  Seizième Secousse (revue en ligne), 2015
  • « Qu'est-ce qu'une femme?», Emoticourt, éditions en ligne, .
  • Carnets (extraits), La Nouvelle Revue française, mars, 2016
  • « Comment j'écris mes livres», revue Études, .
  • « Grande tiqueté » (extraits), Phoenix, .
  • Carnets (extraits), Les Moments littéraires, .

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • 2003 : Prix Charles Oulmont pour Le Cheval blanc d’Uffington (Mercure de France)
  • 2008 : Prix de La Fondation Del Duca pour Un chapeau léopard (Mercure de France)
  • 2009 : Prix des Étudiants du Sud, à Aix en Provence, pour l’ensemble de son œuvre.
  • 2020 : Prix Goncourt de la nouvelle pour Au cœur d'un été tout en or (Mercure de France)[11]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e Johan Faeber, « Serre, Anne [Bordeaux 1960 ] », dans Béatrice Didier, Antoinette Fouque et Mireille Calle-Gruber (dir.), Dictionnaire universel des créatrices, Éditions des femmes, , p. 3950
  2. a b et c Anne Diatkine, « Anne Serre. Ô joie, orgie! », Libération,‎ (lire en ligne)
  3. Éric Dussert, « La femme et le narrateur », Le Matricule des anges, no 94,‎ (lire en ligne)
  4. « Anne Serre - Nina Leger, Incessante promenade (entretien) », La Nouvelle Revue française, no 644,‎
  5. a et b (en) John Taylor, Paths to Contemporary French Literature, vol. 3, Routledge, (lire en ligne), p. 55-58
  6. Éric Chevillard, « Les goûters de la fille de l'ogre. "Petite table, sois mise !", d'Anne Serre », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  7. Jérôme Dupuis, « Anne Serre: la littérature, ce jardin », L'Express,‎ (lire en ligne)
  8. Éric Chevillard, « Le feuilleton. Exercice d’admiration », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  9. « “Grande Tiqueté” , d’Anne Serre : le feuilleton littéraire de Camille Laurens », Le Monde,‎
  10. Thierry Clermont, « Anne Serre, écrire est sa demeure », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  11. « Anne Serre : autoportrait en trente-trois facettes - Nonfiction.fr le portail des livres et des idées », sur www.nonfiction.fr (consulté le 19 juin 2020)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Études[modifier | modifier le code]

  • 1999: Jean-Pierre Richard, Essais de critique buissonnière, Gallimard,
  • 2006: Annie Oliver, Écritures autobiographiques au féminin, Aracné,
  • 2011: (en) John Taylor, Paths to Contemporary French Literature, vol. 3, Routledge, (lire en ligne), p. 55-58

Liens externes[modifier | modifier le code]