Anne Serre

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Anne Serre
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Biographie
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Anne Serre est un écrivain français né à Bordeaux en 1960. Elle est l’auteur d’une quinzaine de romans. Certains de ses livres sont aujourd’hui traduits aux Etats-Unis, en Espagne et en Angleterre[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Originaire du Cantal, elle grandit à Fontainebleau puis Orléans où son père est professeur de Lettres Classiques.

Le début de l’adolescence est marqué par la mort de sa mère : « Cela a été comme une bombe tombée sur la maison »[2]. Ce fut, du même coup, la découverte de la littérature et les premiers écrits de jeunesse.

Très tôt, la pratique de la lecture est centrale : « La littérature est le monde dans lequel je me sens bien. Ma bibliothèque constitue une présence très chaleureuse pour moi. Montaigne, Gertrude Stein, Arno Schmidt et cent autres sont des amis proches. Nous nous entendons bien, nous nous comprenons, nous parlons la même langue. Parfois ce sont tel et telle qui surgissent – par exemple Michel Leiris, Robert Walser ou Rousseau -, dont la présence est forte pendant quelques jours. Puis elle s’amoindrit un peu, et alors c’est au tour de Peter Handke, de Samuel Butler, de Thomas Bernhard ou de Thomas Hardy de m’adresser des signes. Et ça continue tout le temps, avec d’autres. Ca tourne, comme un manège, ça n’arrête pas »[3].

Elle fait ses études à Paris, où après une hypokhâgne et une khâgne au Lycée Fénelon, elle poursuit son cursus de Lettres modernes à la Sorbonne et rédige un mémoire de maîtrise sur les contes de féesde Madame d’Aulnoy. A vingt ans, elle publie ses premières nouvelles dans des revues littéraires, dont notamment la NRF, où elle donnera aussi des notes de lectures, et Obsidiane, dont elle intégrera par la suite le Comité de lecture. De 1984 à 1990 elle enseigne la langue française et travaille comme lectrice aux Éditions Grasset. De 1992 à 2000, elle dirige, sous un pseudonyme, la rubrique livres d’un grand journal féminin.

Carrière littéraire[modifier | modifier le code]

Jusqu’en 1991, Anne Serre publie exclusivement des nouvelles dans des revues littéraires. C’est d’ailleurs une nouvelle poursuivie puis déployée, « Les Gouvernantes » (Recueil no 17), qui sera à l’origine de son premier roman, au titre éponyme.

L’accueil fait à ses premiers livres souligne souvent le caractère « inclassable », « déroutant », et pourtant « envoûtant » de son registre : « Raffinée et subtile, l’œuvre romanesque d’Anne Serre est d’une originalité difficile à définir »[4]. « Tout autant que Les Gouvernantes, Eva Lone frappe par l’extraordinaire originalité de son univers »[5], « Étrange roman que Le Narrateur. On subit d’un bout à l’autre son envoûtement sans pourtant entrer dans l’histoire »[6].

Le terme roman est d’ailleurs peut-être impropre. Un compte-rendu paru dans le journal Le Point en 2008 définit ces récits comme des « essais de vie » et cette œuvre : « construite (…) pour y vivre et s’y reconnaître soi-même toujours un peu mieux »[7]. « Nous sommes dans le grand art d’un écrivain et d’une écriture parvenant à s’extraire et à faire miroir pour non pas expliquer mais signifier en roman l’acte de la création littéraire »[8].

Avec Le.Mat (2005), que le Times Literary Supplement à Londres saluera comme « un essai faussement ingénu d’une perspicacité dérangeante sur les peurs enfantines, l’amitié, les énigmes de l’attirance amoureuse et les motivations cachées de l’écriture»[9], le projet littéraire d’Anne Serre semble gagner en visibilité. C’est aussi l’époque où, sortant d’un certain retrait, elle accepte de parler publiquement de son travail lors de débats et autres manifestations littéraires.

Les deux romans qui suivront, Un chapeau léopard (2008) puis Les Débutants (2011), seront plus largement accueillis par la critique et les lecteurs. Ils apparaissent dans les dernières sélections du Prix Femina et du Grand Prix de l’Académie Française. Un chapeau léopard est couronné par le Prix de la Fondation del Duca en 2008, et en 2009, l’auteur reçoit le Prix des Étudiants du Sud à Aix-en-Provence, pour l’ensemble de son œuvre. Les Débutants sera réédité en collection Folio en 2013.

En 2012, Petite table, sois mise !, rencontre auprès de la critique et des lecteurs un accueil très favorable. Figurant dans les sélections des prix Mauvais genre/France Culture, Sade, Wepler, Flore, Femina, traduit en espagnol aux éditions Anagrama, ce court texte « mettant en scène une orgie familiale sur un ton d’allégresse », surprend et bouscule. « Une cantate hors des limites de la foi »[10], « Qui donne à voir la vie à nu dans la brutalité de son énigme »[11]. Dans son portrait de l'auteur, Anne Diatkine écrit : « Comme l’héroïne de son récit, Anne Serre vit dans une maison de fiction où la littérature est la seule réalité possible »[12].

En 2014, Dialogue d’été qui met en scène un dialogue entre un écrivain et une interlocutrice, apparaît comme « une déclaration d’amour fou à la littérature[13].

En 2017, dans son roman Voyage avec Vila-Matas, où elle transforme joyeusement le romancier espagnol en personnage: « Impostures, leurres, masques, usurpations, détournements, tribulations comiques dans le champ littéraire, elle fait jouer pour son compte tous les principes d’écriture de Vila-Matas »[14].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

  • Les Gouvernantes, Champ Vallon, 1992
  • Eva Lone, Champ Vallon, 1993
  • Un voyage en ballon, Champ Vallon, 1993
  • La Petite Épée du cœur, Le Temps qu'il fait, 1995
  • Film, Le Temps qu'il fait, 1998
  • Au Secours, Champ Vallon, 1998
  • Le Cheval blanc d’Uffington, Le Mercure de France, 2002
  • Le Narrateur, Le Mercure de France, 2004
  • Le.Mat, Verdier, 2005
  • Un chapeau léopard, Le Mercure de France, 2008
  • Les Débutants, Le Mercure de France, 2011, (folio 5556)
  • Petite table, sois mise !, Verdier, 2012
  • Dialogue d’été, Le Mercure de France, 2014
  • Voyage avec Vila-Matas, Le Mercure de France, 2017

Nouvelles, articles, essais[modifier | modifier le code]

  • « Les Gouvernantes », Recueil, no 17, 1991
  • « Pourquoi vivez-vous à Madrid ? », La Nouvelle Revue française, octobre 1992
  • « Une grande jupe d’un certain rouge », L'Express, 3/9 septembre 1998
  • « Jean-Jacques Rousseau dans mes prés », L'Infini, hiver 1998
  • « Laissez-moi, je n’ai pas peur », Le Nouveau Recueil, mars/mai 1999
  • « Votre désir d’amour », L'Infini, printemps 2000
  • « Pavillon 61 », Le Nouveau Recueil, mars/mai 2001
  • « Une excitation », Histoires de lecture, CNL, Lire en fête, octobre 2002
  • « Fumer fait vivre », Libération, 13 septembre 2003
  • « Notes sur la guerre. Une lecture de L'Iliade », Le Nouveau Recueil, septembre 2003
  • « Curriculum vitæ », Brèves, no 78, 2006
  • « Voyage dans l'Europe de Montaigne », La Nouvelle Revue française, juin 2007
  • « Le Nez de Simenon», Le Magazine littéraire, septembre 2009
  • « Les Deux Sœurs », In Le petit pan de mur jaune. 22 écrivains du côté du Louvre, collectif, Skira/Flammarion, 2010
  • « À la manière de Gertrude Stein », Le Magazine littéraire, no 493, 2010
  • « L'Enfance de Bouvard et Pécuchet », Le Magazine littéraire, no 496, 2010
  • « Une question terrible à l’heure du thé » (sur Theodore Francis Powys), Marianne/Le Magazine littéraire, Hors-série juillet-août 2012
  • Carnets (extraits), Neuvième Secousse (revue en ligne), mars 2013
  • Carnets (extraits), Les Moments littéraires, no 31, 2014
  • « La Haine du narrateur »,  Seizième Secousse (revue en ligne), 2015
  • « Qu'est-ce qu'une femme?», Emoticourt, éditions en ligne, janvier 2016.
  • Carnets (extraits), La Nouvelle Revue française, mars, 2016
  • « Comment j'écris mes livres», revue Etudes, mai 2016.
  • « Grande tiqueté » (extraits), Phoenix, octobre 2017.
  • Carnets (extraits), Les Moments littéraires, juin 2018.

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • 2003 : Prix Charles Oulmont pour Le Cheval blanc d’Uffington (Mercure de France)
  • 2008 : Prix de La Fondation Del Duca pour Un chapeau léopard (Mercure de France)
  • 2009 : Prix des Étudiants du Sud, à Aix en Provence, pour l’ensemble de son œuvre.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Editions: Anagrama (Espagne), L’art de la memoria (Espagne), New Directions (USA), Les Fugitives (Angleterre).
  2. Curriculum vitae, in Brèves n°78, 2006.
  3. Le Matricule des Anges, juin 2008
  4. Monique Pétillon, Le Monde, 6 juin 2004.
  5. Clément Borgal, La République du Centre, 16 février 1993.
  6. Évelyne Bloch-Dano, Le Magazine littéraire, juillet/août 2004.
  7. Marc Fumaroli, Le Point, 12 juin 2008
  8. Joël Schmidt, Réforme, 6 mai 2004
  9. John Taylor, Times Literary Supplement, 12 mai 2006.
  10. Michel Butel, L’Impossible, octobre 2012.
  11. Richard Blin, Le Matricule des Anges, 10 janvier 2012.
  12. Anne Diatkine, Libération, 6 novembre 2012.
  13. Le Figaro Littéraire, 30. 10.14
  14. Eric Chevillard, Le Monde, 27 janvier 2017

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Études[modifier | modifier le code]

  • 1999: Jean-Pierre Richard, in « Essais de critique buissonnière » (Gallimard)
  • 2006: Annie Oliver, in « Écritures autobiographiques au féminin » (Aracné)
  • 2011: John Taylor, in « Paths to Contemporary French Literature » volume 3. (Transaction Publishers)

Liens externes[modifier | modifier le code]