Anne Morgan

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Anne Morgan
Anne Tracy Morgan.jpg
Anne Morgan.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 78 ans)
Mount KiscoVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Cimetière de Cedar Hill (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Père
Mère
Frances Louisa Tracy (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Autres informations
Distinction
signature d'Anne Morgan
Signature
Plaquette en bronze représentant Anne Morgan.

Anne Morgan, née le à Manhattan (New York) et morte le à Mount Kisco (État de New York), fille du richissime banquier John Pierpont Morgan, est une philanthrope américaine.

Elle est connue pour son action en faveur de l'aide aux sinistrés en France durant les deux guerres mondiales.

Biographie[modifier | modifier le code]

Vie mondaine[modifier | modifier le code]

À New York, elle est membre fondatrice du Colony Club, premier club pour femmes de la ville.
Depuis 1907, les Américaines Anne Morgan, Elisabeth Marbury et Elsie de Wolfe séjournent en France à la villa Trianon, près de Versailles. Elles connaissent la haute société américaine à Paris ainsi que la française. Son père, le banquier John Pierpont Morgan, décède en 1913 ce qui fait d'elle la plus riche héritière du monde et pour rester indépendante et libre elle a refusé plusieurs demandes en mariage.

Guerres mondiales[modifier | modifier le code]

En , elles se rendent sur le champ de bataille après la bataille de la Marne. Elles en font un récit pour leurs compatriotes. Fin , elles se rendent aux États-Unis pour commencer à collecter des fonds pour les victimes européennes de la guerre.
Anne Morgan et Elizabeth Lathrop fondent l'American Fund for French Wounded (AFFW). Anne Morgan en devient trésorière. Cette association fournit les hôpitaux et les ambulances en matériel médical et envoie des colis aux soldats.
Au début de 1916, Anne Morgan et Elsie de Wolfe reviennent en France et transforment la villa Trianon en une maison de convalescence pour soldats. Anne Morgan élargit l'action de l'AFFW en créant une section civile pour aider les populations du front, le Comité américain pour les régions dévastées (CARD), en anglais l'American Committee for Devastated France. La présidente en est Anna Murray Dike (1878-1929), médecin canadienne d'origine écossaise proche d'Anne Morgan et c'est elle qui dirige la section civile en France.

350 jeunes Américaines y participent[1].

En 1917, après l'entrée en guerre des États-Unis et avec l'accord des autorités militaires (probablement le général Philippe Pétain), elle s'installe en France à Blérancourt dans l'Aisne, près du front, dans ce qui reste du château construit en 1619 par Salomon de Brosse, et crée le Comité américain pour les régions dévastées, institution qui a pour but de venir en aide aux sinistrés et victimes de la guerre; elle emploie jusqu'à plusieurs centaines de personnes (volontaires français ou étrangers) et intervient dans différents domaines (santé, logement, loisirs, éducation, etc.).
Les américaines volontaires dans le CARD doivent venir avec leur voiture individuelle et avoir de quoi subvenir à leurs besoins.

Le financement est assuré par la fortune personnelle d'Anne Morgan mais aussi grâce à de nombreux dons (notamment de la part d'américains mobilisés au sein d'une association ad hoc).

Le comité est généralement connu par son sigle français CARD, et son action s'étend bien au-delà de la région de Blérancourt, d'une part par l'organisation de structures d'aide sociales à Soissons qui perdurent sous une autre administration ; d'autre part, après le succès d'un système de salles de lectures puis une aide à la bibliothèque de Soissons, une action pour la formation de bibliothécaires qui débouche sur l'organisation d'une École américaine de bibliothécaire à Paris (avec un important soutien de l'association américaine de bibliothécaires) et la création de l'Heure joyeuse et de la bibliothèque de la rue Fessart, à Paris.

Au printemps 1918, quand survient l'offensive allemande qui anéantit tous leurs efforts de construction à Blérancourt, elle évacue les populations oubliées par l'Armée française et les rapatrie vers Paris où le Quartier général leur donne des locaux boulevard Lannes. Dès que la situation militaire est devenue favorable aux Français, elle reconduit cette même population vers l'Aisne.

Après la guerre, cette organisation participe activement à la reconstruction de la région en fondant l'association L'Hygiène sociale de l'Aisne (HASA) qui emploie des françaises recrutées à la Maison de santé protestante de Bordeaux dirigée par le Dr Anna Hamilton[2].

En 1924, elle fonde le « Musée historique franco-américain » dans le château de Blérancourt ; ce dernier et ses collections seront ensuite données à la ville de Blérancourt et deviendra en 1931 le Musée national de la coopération franco-américaine.

En 1932, elle est la première femme américaine à devenir commandeur de la Légion d'honneur, dont elle était décorée depuis 1924[3].

Pendant la Seconde Guerre mondiale, en 1939, Anne Morgan revient en France dans l'Aisne pour aider la population. Elle organise et préside le comité American Friends of France (IMNC) aux États-Unis et le Comité américain de secours civil (CASC), le . Le dernier séjour d'Anne Morgan en France a été en 1947.

Après la guerre[modifier | modifier le code]

À la mort d'Anne Morgan en 1952, une plaque commémorative est inaugurée dans la galerie supérieure de la cour d'honneur de l'hôtel des Invalides, afin de rendre honneur à ses actions et opérations humanitaires : « À la mémoire d'Anne Morgan [...] intrépide et généreuse amie de la France, secourable aux blessés, aux réfugiés, aux prisonniers. Insigne bienfaitrice des populations éprouvées et des régions dévastées par deux guerres »[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Évelyne Morin-Rotureau, Combats de femmes 1914-1918, 2004, p. 5-13.
  2. Diebolt 1990.
  3. « Anne Morgan dans son uniforme du C.A.R.D., Aisne, vers 1917 », sur museefrancoamericain.fr (consulté le ).
  4. Musée de l'Armée, « Anne Morgan » (consulté le ).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [Diebolt et Laurant 1990] Évelyne Diebolt et Jean-Pierre Laurant, Anne Morgan : une Américaine en Soissonnais, 1917-1952 : de l'Aisne dévastée à l'action sociale, Soissons, Association médico-sociale Anne Morgan, , 175 p. (SUDOC 001662023).
  • [Diebolt 1990] Évelyne Diebolt (préf. Jacques Ellul), La Maison de santé protestante de Bordeaux (1863-1934) : vers une conception novatrice des soins et de l'hôpital, Toulouse, Éditions Érès, coll. « ETHISS », , 187 p. (SUDOC 001642065).
  • [Diebolt et Fouché 2011] Évelyne Diebolt et Nicole Fouché, Devenir infirmière en France, une histoire atlantique? 1854-1938, Paris, Publibook, coll. « Histoires contemporaines », , 339 p. (ISBN 978-2-7483-6328-9, BNF 42416685, présentation en ligne).
    Mention spéciale de la Société d'histoire des hôpitaux, 2014.
  • [Ravel 2018] Maurice Ravel, L'intégrale : Correspondance (1895-1937), écrits et entretiens : édition établie, présentée et annotée par Manuel Cornejo, Paris, Le Passeur Éditeur, , 1769 p. (ISBN 978-2-36890-577-7, BNF 45607052).
    Contient une correspondance d'Anne Morgan au ministre Édouard Herriot du 20 mai 1927 pour demander le soutien de l'État français à la tournée nord-américaine de Maurice Ravel.

Documentaire[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]