Anne-Geneviève de Lévis

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Anne-Geneviève de Lévis
Anne-Geneviève de Lévis par Nicolas de Largillierre.
Anne-Geneviève de Lévis par Nicolas de Largillierre.

Titre Duchesse de Rohan-Rohan
Princesse de Soubise
Autres titres Princesse de Turenne
Biographie
Dynastie Maison de Lévis
Maison de Rohan
Maison de La Tour d'Auvergne
Naissance
Décès
Paris
Père Louis-Charles de Lévis
Mère Charlotte de La Motte Houdancourt
Conjoint Hercule-Mériadec de Rohan
Louis-Charles de La Tour d'Auvergne
Enfants Louise-Françoise, duchesse de La Meilleraye
Charlotte-Armande, abbesse de Jouarre
Jules, prince de Soubise
Marie-Isabelle, duchesse de Tallard
Louise, princesse de Guéméné

Anne-Geneviève de Lévis ( - ) est une aristocrate française. Fille de Madame de Ventadour, gouvernante du jeune Louis XV, elle est, par son premier mariage, duchesse de Rohan-Rohan et princesse de Soubise, puis Princesse de Turenne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Anne-Geneviève est la fille unique de Louis-Charles de Lévis et Charlotte de La Motte Houdancourt. Ses parents se marient à Paris en 1671. Son père, le duc de Ventadour, est gouverneur du Limousin (1647–1717). Le duc était généralement considéré comme « terrifiant » — très laid, physiquement déformé et à la sexualité débauchée[1] — cependant, les privilèges liés au rang de duchesse, comme le « tabouret », compensaient ce mariage malheureux.

Dans une lettre à sa fille, Madame de Sévigné décrit un incident qui eut lieu au château de Saint-Germain-en-Laye pendant une audience avec la Reine : « Il vint ensuite bien des duchesses, entre autres la jeune Ventadour, très belle et jolie. On fut quelque moment sans lui apporter ce divin tabouret[2]. Je me tournai vers le grand maître et je dis, “ Hélas! Qu'on le lui donne. Il lui coûte assez cher ”[3]. Il fut de mon avis. »[4]

Surnommée « Mademoiselle de Ventadour » avant son mariage, elle hérite de tous les biens de son père en 1717 en tant qu'enfant unique, lui succédant sur ses terres qui passent à la Maison de Rohan.

En 1689, selon les Mémoires du marquis de Dangeau, Anne-Geneviève est promise à Jacques-Henri II de Durfort (1670-1697)[5], le fils du maréchal de Duras et de Marguerite-Félice de Lévis - cette dernière tante d'Anne-Geneviève du côté paternel, ce qui faisait de Jacques-Henri son cousin. Le mariage n'eut jamais lieu en raison de l'opposition de la mère d'Anne-Geneviève et de sa grand-mère, Louise de Prie, à cette union[5].

Anne-Geneviève finira tout de même par épouser à Paris le Louis-Charles de La Tour d'Auvergne, prince de Turenne', fils et héritier de Godefroy Maurice de La Tour d'Auvergne et d'une des nièces du cardinal Mazarin, Marie-Anne Mancini. Étant donné que les membres de la Maison de La Tour d'Auvergne possédaient le rang de prince étranger à la Cour de Versailles, cela leur conférait le titre d'Altesse.

En guise de dot, elle reçoit seigneurie de Roberval qui passa à la Maison de La Tour d'Auvergne.

Le couple n'eut pas d'enfant, Louis ayant été appelé à prendre part à la bataille de Steinkerque en 1692 pendant laquelle il est mortellement blessé. Veuve à l'âge de dix-neuf ans, elle se remarie le avec Hercule-Mériadec de Rohan, fils de François de Rohan, prince de Soubise, et d'Anne de Rohan-Chabot, qui sera pendant un temps la maitresse de Louis XIV. En tant que princesse de la Maison de Rohan dont les membres avaient également rang de princes étrangers, Anne-Geneviève put continuer à se faire appeler Altesse.

De ce second mariage naitront cinq enfants, dont trois auront une descendance. Elle perd son fils unique Jules, emporté par la petite vérole en 1724 ainsi que sa belle-fille, Anne-Julie de Melun.

Son petit-fils, Charles, prince de Soubise nait en 1710 et, à la mort de ses parents, il est confié à ses grands-parents, Hercule-Mériadec et Anne-Geneviève. Charles qui sera plus tard un ami proche de Louis XV et l'arrière-grand-père du duc d'Enghien, assassiné sur ordre de Bonaparte, à travers sa fille ainée Charlotte[6]. Sa deuxième fille, Charlotte-Armande, deviendra abbesse de Jouarre en 1721 en succession de sa tante Anne-Marguerite de Rohan.

Elle meurt à Paris, rue de Paradis[7] dans la nuit du vendredi 20 au [7] à l'âge de 54 ans[8]. Elle est enterrée le 23 mars en l'église de la Merci[7]. Son mari, Hercule Mériadec, se remarie en 1732 à Marie-Sophie de Courcillon et meurt en 1749.

Descendance[modifier | modifier le code]

Titres et honneurs[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) L.C. Syms, Selected Letters of Madame de Sévigné American Book Company, 1898, p.25.
  2. Les duchesses avaient le droit de s'asseoir sur un tabouret en présence du Roi et de la Reine.
  3. Référence aux sacrifices consentis pour bénéficier de ce privilège : le Duc de Ventadour était laid et contrefait.
  4. Lettre de Madame de Sévigné à Madame de Grignan, 1er avril 1671 disponible sur Gallica.
  5. a et b Philippe de Courcillon, marquis de Dangeau, Mémoires du marquis de Dangeau, avec des notes historiques et critiques, et un abrégé de l'Histoire de la Régence (lire en ligne).
  6. La mère de celle-ci, Anne-Marie-Louise de La Tour d'Auvergne, était la nièce du premier mari d'Anne-Geneviève.
  7. a, b et c (en) Laurent Tahon von Rosen, « Ducs de France: les 32 quartiers des ducs français et de leurs épouses », Googlebooks.org (consulté le 7 avril 2010).
  8. (en) Leo van de Pas, « Anne Geneviève de Lévis », Genealogics.org (consulté le 17 juin 2011).
  9. Ils sont les grands-parents de Louise d'Aumont ; en tant que tel Albert II de Monaco est un descendant d'Anne-Geneviève.