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Anne Conway

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Anne Conway
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 47 ans)
LondresVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Church of Holy Trinity, Arrow with Weethley (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activité
Père
Mère
Elizabeth Cradock (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Conjoint

Anne Conway (née Finch) ( - ) est une philosophe anglaise dont l'œuvre s’inscrit dans l'école des platoniciens de Cambridge de Henry More. L'œuvre de Conway est une version très originale de la philosophie rationaliste.

Anne Conway est née en 1631 au lieu appelé actuellement Kensington House, à Londres. Elle est fille de Sir Heneage Finch (qui fut doyen des juges de la Cour criminelle centrale et président de la Chambre des communes sous Charles I ) et de sa seconde épouse, Elizabeth Cradock. Son père est décédé le , la semaine précédant sa naissance. Elle fut éduquée vraisemblablement par des tuteurs, et plus tard, elle apprit le latin, le grec et l’hébreu. En 1643, à onze ans, elle contracta une maladie avec fortes fièvres, et, dès lors, elle souffrit, jusqu'à sa mort, de très violentes migraines.

Son demi-frère, John Finch, suivait des études à l'université de Cambridge, au Christ's College, dès 1645, et l'instruisait par lettres sur la philosophie de Descartes. Anne Finch (tel était alors son nom) est entrée en contact avec un des professeurs de son demi-frère, le platonicien Henry More (1614-1687). S’ensuivit une correspondance entre eux sur la philosophie de Descartes. Au fil des lettres Anne passa d’élève à égale. Le elle épousa Edward Conway (1er comte de Conway), ils auront en 1658 un fils, Heneage, mort de variole à deux ans en 1660. En 1652, More lui dédia son Antidote Against Atheism, livre consacré à sa lutte contre l’athéisme. Son mari portait aussi de l’intérêt à la philosophie et était formé par More. Le couple Conway s'installe dans la propriété du mari, à Ragly Hall. Ses maux de tête deviennent de plus en plus insupportables, elle essaie diverses cures et de nombreux médicaments, dont l' ens veneris saccharinum de Robert Boyle, l'opium, le mercure. En 1656, elle envisage la trépanation et se fait opérer en France, mais sans succès thérapeutique.

En , sans doute pour des raisons médicales, elle fit la connaissance de François-Mercure Van Helmont (1614-1698), fils du célèbre médecin paracelsien Jean-Baptiste Van Helmont et ami de Leibniz en 1671. Il vécut chez elle jusqu'à sa mort à elle et lui fit connaître la Kabbale de Isaac Louria. Ensemble ils ont travaillé sur divers traités kabbalistiques, dont Two Hundred Queries Concerning the Doctrine of the Revolution of Human Souls (1684) et A Cabbalistical Dialogue (1682).

Les amis quakers de F.-M. Van Helmont qui la fréquentèrent dès 1675 firent qu'elle se convertit au quakerisme en 1677. En Angleterre, à cette époque les quakers étaient généralement détestés et redoutés, ils subissaient la persécution et même l'emprisonnement. Elle est décédée en 1679 à l'âge de quarante-sept ans.

Malheureusement, on ne possède aucune image connue de Anne Conway. Son unique livre (The Principles of the Most Ancient and Modern Philosophy), écrit entre 1671 et 1677, a été publié de façon posthume, d'abord en latin (traduction de Henry More ?) en 1690, ensuite en anglais en 1692.

Philosophie

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Les réflexions de Conway concernent principalement la métaphysique, notamment les questions de la nature du monde matériel, de la nature de l'esprit et de la nature de Dieu ainsi que des relations entre Dieu et ses créatures. Elles concernent ainsi également la théologie.

Concernant le rapport entre le corps et l'esprit, elle s'oppose autant au dualisme de Descartes qu'au matérialisme de Hobbes. Elle défend une sorte de panpsychisme et hylozoïsme : la totalité de la matière est animée et spirituelle. La matière ne doit pas être conçue comme purement passive et réduite à ses propriétés géométriques, à la manière de Descartes. Sa théorie de l'esprit et sa théorie de la matière préfigure ainsi sous certains aspects celle de Leibniz. Anne Conway utilise le concept de monade, qui lui vient peut-être de François-Mercure Van Helmont, et qui annonce la philosophie de Leibniz : chez lui aussi, les monades sont des substances simples, actives et perceptives, qui constituent le tissu du réel. Même si l’influence exacte reste discutée historiquement, Conway apparaît aujourd’hui comme l’une des sources possibles de la monadologie leibnizienne[1].

"La division des choses ne se fait pas en termes de plus petit terme mathématique, mais de plus petit terme physique. Et quand la matière concrète se divise en monades physiques, comme cela se passa au premier état de sa formation, alors elle est prête à reprendre son activité et à devenir esprit."

Concernant Dieu, elle en affirme l'existence et la connaissance de ses attributs :

"Dieu est esprit, lumière et vie ; il est infiniment sage, bon, juste et puissant ; il connaît toute chose, il est présent partout, peut tout faire ; il est le créateur et l'ouvrier de toutes les choses visibles et invisibles."

Elle rejette la conception de Spinoza qui identifie Dieu avec la nature. Elle conçoit un univers entièrement vivant et spirituel, mais sans confusion de la substance divine avec ses créatures. En cela, elle s'appuie sur le néoplatonisme, en reprenant sa conception hiérarchisée du réel, où le Christ sert de médiateur entre Dieu et les créatures.

En fréquentant François-Mercure Van Helmont, Conway a intégré des notions relevant de la kabbale d'Isaac Louria, en particulier l’idée de tikkoun, c’est-à-dire la « réparation » ou restauration progressive du monde : la création, marquée par l’imperfection et la dispersion, tend vers une réconciliation finale avec Dieu. Cette conception nourrit chez Conway l’idée que toutes les créatures sont perfectibles et engagées dans un processus continu d’amélioration spirituelle. Elle reprend également l'idée du guilgoul (gilgul neshamot), la transmigration ou réincarnation des âmes, selon laquelle les êtres peuvent connaître plusieurs existences successives afin de poursuivre leur purification morale et spirituelle. Ces influences kabbalistiques viennent compléter son héritage néo-platonicien et renforcent ainsi, dans sa philosophie, une vision dynamique du réel : aucune créature n’est définitivement perdue dans la corruption, car toute vie participe d’un mouvement universel de transformation et de retour vers Dieu. Sa théologie est ainsi proche sous certains aspects de celle d'Origène dont elle avait connaissance via Henry More[2].

Références

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  1. Carolyn Merchant “The Vitalism of Anne Conway: Its Impact on Leibniz’s Concept of the Monad”, Journal of the History of Philosophy, vol. 17, no 3, 1979.
  2. Kempson, E. S. « Anne Conway’s Exemplary Engagement with Origenist Thought ». Modern Theology, vol. 38, no 2, 2022, p. 389‑418. Wiley Online Library, https://doi.org/10.1111/moth.12759.

Œuvres d’Anne Conway

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  • Principia philosophiae antiquissimae et recentissimae de Deo, Christo et Creatura id est de materia et spiritu in genere (1690).
  • (en) The Principles of the Most Ancient and Modern Philosophy (1692), édition moderne par Taylor Corse et Allison Coudert, Cambridge, 1996.
  • (en) The Conway Letters: the Correspondence of Anne, Viscountess Conway, Henry More and their Friends, 1642-1684, éd. Marjorie Nicolson and Sarah Hutton, Oxford, Clarendon Press, 1992.books.google.fr

Articles connexes

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Études sur Anne Conway

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  • (en) Broad, Jacqueline, Women Philosophers of the Seventeenth Century, Cambridge Cambridge University Press, 2002.
  • (en) Brown, Stuart, “Leibniz and Henry More's Cabbalistic Circle”, in S. Hutton, (ed.), Henry More (1614-1687): Tercentenary Studies, Dordrecht: Kluwer Academic Publishers, 1990.
  • (en) Coudert, Allison, The Impact of the Kabbalah in the Seventeenth Century. The Life and Work of Francis Mercury van Helmont, 1614-1698, Leyde: Brill, 1998.
  • Gabbey, Alan. “Anne Conway et Henry More : lettres sur Descartes”, Archives de Philosophie, 40, p. 379-404.
  • Hutton, Sarah. “Anne Conway critique de Henry More: l'esprit et la matière”, Archives de Philosophie, 58 (1995), p. 371-384.
  • (en) Hutton, Sarah, Anne Conway. A Woman Philosopher, Cambridge: Cambridge University Press, 2004, 280 p.
  • (en) Merchant, Carolyn, “The Vitalism of Anne Conway: its Impact on Leibniz's Concept of the Monad”, Journal of the History of Philosophy, 17 (1979) p. 255-69.

Liens externes

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