Anne Bradstreet

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Anne Bradstreet

Anne Bradstreet (née vers 1612 à Northampton, Angleterre - morte le 16 septembre 1672 à Andover, Massachusetts) fut la première femme écrivain et la première poétesse américaine dont les œuvres furent publiées. Elle est considérée comme le premier écrivain féminin important dans les colonies américaines et tient de ce fait une place particulière dans la littérature américaine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née Anne Dudley, Anne Bradstreet était la fille de Thomas Dudley et Dorothy (Yorke) Dudley. Son père était majordome du comte de Lincoln. Elle a été élevée dans un milieu imprégné de culture et reçut une très bonne éducation, ce qui n'était pas courant pour une femme à cette époque.

A l'âge de seize ans, elle épousa Simon Bradstreet. Deux ans plus tard, à dix-huit ans, elle suivit son mari et son père dans la colonie américaine, où son mari avait été recruté pour être gouverneur de la colonie de la baie du Massachusetts, qui devait devenir plus tard la grande ville de Boston. Anne and Simon, ainsi que les parents d'Anne immigrèrent en Nouvelle-Angleterre à bord de « L'Arbella » à l'époque dite de la « Grande migration », en 1630. L'un des descendants d'Anne était le poète, médecin et essayiste américain Oliver Wendell Holmes (1809-1894).

L'éducation qu'elle avait reçue en Angleterre permit à Anne Bradstreet de s'exprimer par elle-même au travers de la poésie. Elle écrivit également sur la politique, la médecine, l'histoire et la théologie. Elle possédait une bibliothèque de plus de 800 ouvrages dont la plupart furent détruits dans l'incendie qui dévasta sa maison le 10 juillet 1666. Cet évènement lui inspira un poème intitulé « Ici suivent quelques vers sur l'incendie de notre demeure le 10 juillet 1666 », dans lesquels elle tenta de réconcilier sa foi profonde dans la toute-puissance divine avec la tragédie qui l'avait frappée.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Beaucoup des poèmes d'Anne Bradstreet étaient basés sur l'observation du monde qui l'entourait, insistant lourdement sur des thèmes domestiques ou religieux. Longtemps considérée comme ayant uniquement un intérêt purement historique, elle gagna la reconnaissance de la critique au cours du XXe siècle et fut dès lors reconnue comme un écrivain intéressant, dont les œuvres franchissaient le temps, notamment pour sa suite de poèmes religieux - les « Contemplations » - qui furent écrits pour sa famille et ne furent pas publiés jusqu'au milieu du XIXe siècle. L'œuvre de Bradstreet a été profondément influencée par celle du poète français Guillaume du Bartas, qui fut traduite en anglais et était très en faveur auprès des lecteurs du XVIIe siècle.

En 1647 le beau-frère d'Anne Bradstreet, John Woodbridge, rentra en Angleterre, emportant son manuscrit de poésie (vraisemblablement sans qu'elle le sache). C'est ainsi que la première œuvre d'Anne fut publiée à Londres, sous le titre « The Tenth Muse Lately Sprung Up in America ». Le but de la publication semble avoir été le désir d'hommes puritains (Thomas Dudley, Simon Bradstreet, John Woodbridge) de montrer qu'une femme éduquée pouvait sortir de sa condition d'épouse et de mère, sans nécessairement se mettre en compétition avec les hommes.

La plupart des poèmes de cette première édition étaient longs et paraissaient être des œuvres basées sur les conventions poétiques de l'époque, mais les deux derniers poèmes « Of the Vanity of All Worldly Creatures » et « David's Lamentation for Saul and Jonathan », étaient plus personnels et reflétaient ses propres sentiments.

Ses poèmes postérieurs, toujours écrits pour sa famille, montrent son évolution spirituelle alors qu'elle parvenait à accepter pleinement les règles du puritanisme. Elle écrivit aussi des poèmes plus personnels, d'une incontestable beauté, exprimant ses sentiments devant la naissance d'un enfant ou sa réaction à la mort d'un petit-fils.

Anne Bradstreet est également l'auteur d'un recueil en prose, les « Meditations », rassemblant de courts aphorismes.

En 1678, la première version révisée par elle-même des « Several Poems Compiled with Great Variety of Wit and Learning » fut publiée de manière posthume en Amérique.

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