Anne-Marie Simond

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Anne-Marie Simond
Anne-Marie Simond, Paris, 2013.jpg

Anne-Marie Simond

Naissance
(76 ans)
Lausanne (Suisse)
Nationalité
suisse, française
Activité
écrivaine, dessinatrice, bédéiste
Œuvres réputées
  • La Petite Alice, comic strip, 2003
  • La Nouvelle Alice, BD, 2012
  • Le Séducteur, roman, 1990, 2009
  • Ariane, roman, 2005
  • Les E-mails de Max à son parrain, roman épistolaire, 2006

Anne-Marie Simond, née le à Lausanne, en Suisse, est une écrivaine, dessinatrice et bédéiste vaudoise.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née de père suisse et de mère française, Anne-Marie Simond fait ses études à l'École des beaux-arts de Lausanne de 1957 à 1961.

Dessin de mode, dessin textile, illustration, dessin politique[modifier | modifier le code]

Dans le domaine du dessin de mode, elle travaille d'abord pour de grands magasins suisses et collabore à des magazines féminins. Pour Du Pont de Nemours International à Genève (section Fibre textile, Bureau de tendances) et pour Femina à Lausanne, elle suit pendant une dizaine d'années les collections de Haute couture et de Prêt-à-porter à Paris. Au début des années 1970, elle travaille dans le domaine du dessin de tissu pour l'industrie textile du nord de l'Italie.

Des années 1960 au début des années 1980, Anne-Marie Simond a élargi ses collaborations avec la presse, elle travaille dans le domaine de l'illustration pour des revues et des quotidiens suisses et français, Femina, 24 heures, L'Illustré, à Lausanne, Le Monde, Le Monde de l'Éducation[1] à Paris, pour l'ouvrage Terre des Femmes, Panorama de la situation des femmes dans le monde[2], etc.

De 1977 à 1979 environ, elle a fait du dessin politique pour les quotidien et hebdomadaire 24 heures, Lausanne, et L'Unité, Paris (France), celui-ci publié par le Parti socialiste français[3].

Scénographie, décor et costume de théâtre[modifier | modifier le code]

Dès 1968, elle travaille parallèlement dans le domaine de la scénographie, des décors et costumes de théâtre (en collaboration avec Pierre Simond) :

Parmi les projets et réalisation de scénographies : Salomé de Richard Strauss, 1969 ; L'Anneau du Nibelung de Richard Wagner, VIe Biennale de Paris 1969, (mention)[4] ; Aïda de Giuseppe Verdi, 1970 ; Le Musée ouvert/Das Offene Museum, Kunsthalle de Bâle, 1970[5] ; Le Théâtre intégré, VIIe Biennale de Paris 1971 et Quadriennale de Prague 1971 (médaille d'argent)[6],[7],[8],[9].

Et dans le domaine du théâtre, décors et costumes, de 1968 à 1975 : pour Orbe-Théâtre, en France, Ballade de Norbert Lelubre et Sur la plage de Jean Demélier, Festival d'Avignon 1968 ; L'Autre-Là 1, création (Palais de la Méditerranée, Nice 1971 ; L’Autre-Là 2, création, SIGMA, Bordeaux 1972 ; Khoma[10], d'après des textes de Henri Michaux, Festival d'Avignon, Paris, 1973 ; Trakl, d’après des textes de Georg Trakl, Paris, 1975. Pour la Suisse : Comment monsieur Mockinpott fut libéré de ses tourments de Peter Weiss, pour le Théâtre Vidy-Lausanne, Lausanne 1971.

Reprise du dessin d'académie, peinture, « grands dessins »[modifier | modifier le code]

À côté de ses travaux de scénographie, de décors et costumes de théâtre, et de ses travaux d'illustration, Anne-Marie Simond s'inscrit en 1968 à l’École cantonale des beaux-arts de Lausanne, dans le cours de dessin d'académie, pour parfaire sa connaissance du corps humain ; elle continue d'étudier le nu avec des modèles, dans son atelier.

Le court séjour à Prague en 1971, pour la Quadriennale de Prague 1971 — après l'écrasement du « Printemps de Prague », en 1968 —, l'engage dans une série de peintures sombres, sur papier seul ou papier collé sur bois, série intitulée « Période noire », à l'encre de Chine, lavis et peinture acrylique. Elle revient ensuite au dessin, à la plume et à l'encre de Chine, dans de grands dessins d'un pessimisme sarcastique, allégories grotesques de monstres mi-humains, mi-animaux, ou, à l'opposé, d'une plénitude animale indifférente à l'existence des êtres humains.

Elle expose peintures, dessins et nus (expositions personnelles et collectives) en Suisse, à Lausanne, Genève, Sion, Lucerne, Bâle, entre autres villes, à Lemgo-Bielefeld, Munich, en Allemagne, et à Paris en France.

Bande dessinée, comic strip[modifier | modifier le code]

En 1974, Anne-Marie Simond poursuit sa carrière dans la bande dessinée, à Lausanne d'abord, dans la revue Barbarie (début de la série La Nouvelle Alice).

En 1976, elle quitte Lausanne pour vivre à Paris. Elle continue la série La Nouvelle Alice dans Tousse Bourin — trimestriel qu’elle lance en 1975 avec Max Cabanes, Michèle Costa Magna, Régis Loisel, Serge Le Tendre, Loro, Olivier Taffin) —, en 1979 parait le dernier épisode de La Nouvelle Alice dans 12 bulles dans la peau, coll. « Swiss Brothers and Sisters no 2 », Kesselring and les dessinateurs[11]. Elle travaille également pour L'Écho des savanes, Fluide glacial, Pilote (série Fabliottes), Ah! Nana, etc. Parallèlement, elle continue ses collaborations avec des journaux et revues suisses et français.

En 1983, elle crée les personnages révoltés Alice et Spartacus dans la série de comic strips intitulée La Petite Alice, publiée en Suisse par Le Journal de Genève, La Gazette de Lausanne, L'Illustré et, en France, par Psychologies magazine, Paris. Ces comic strips sont regroupés en 1997 dans un recueil, La Petite Alice, édité par les Éditions du Héron, réédité en 2003. La série complète parait en 2005 dans le quotidien La Liberté, Fribourg (Suisse).

Dans le cadre de BD-FIL 2007 Festival international de bande dessinée de Lausanne, elle expose une sélection de ses planches dans une exposition collective intitulée « D'Elles - 10 dessinatrices lausannoises de BD » en tant que première dessinatrice professionnelle suisse de BD. Elle participe à BD-FIL 2013 Festival de bande dessinée de Lausanne, en particulier dans une table ronde suivie par une conférence-débat animée par Béatrice Maizoz, « Tous des machos ! », en compagnie des dessinatrices suisses, Véronik et Hélène Becquelin. Dans BD-FIL 2015 Festival de bande dessinée de Lausanne, elle participe à l'exposition collective : « S'il vous plaît, dessine-moi un Mickey ! »

Graphisme[modifier | modifier le code]

Anne-Marie Simond est également graphiste et affichiste (Du Pont de Nemours International à Genève, Orbe-Théâtre en France, expositions artistiques en Suisse). En 2001, pour les Éditions du Héron à Lausanne, elle crée le logo, le site internet et la « ligne graphique » des parutions[12].

Écriture, roman[modifier | modifier le code]

Elle aborde l’écriture dès 1980, dans une série d’articles, Croquis, et de nouvelles, Elle a dit, il a dit…, pour Femina et La Suisse.

Son premier roman, Le Séducteur, est publié à Paris, en 1990. En 2002, elle préface la monographie de l'artiste suisse Louis Soutter, « Louis Soutter et Madge Fursman » in Louis Soutter, Crayon, plume & encre de Chine. En 2005, parait son deuxième roman Ariane. En 2006 parait son roman épistolaire Les E-mails de Max à son parrain (René Berger), où Max, Schnauzer libertaire, décrit sa conception des conditions canine et humaine.

Son roman, Le Séducteur, est réédité en 2009.

Derniers événements[modifier | modifier le code]

  • 2013 : Exposition « Anne-Marie Simond », Paris (France), Galerie l'Œil du Huit.
  • 2013 : Parution de La Nouvelle Alice, recueil de bande dessinée, Éditions du Héron, Lausanne (Suisse), 2012 ; mis en vente en mars 2013.
  • 2013 : BD-FIL 2013 Festival de bande dessinée de Lausanne, principalement dans une table ronde, « Tous des machos ! », en compagnie de Véronik et Hélène Becquelin.
  • 2015 : BD-FIL 2015 Festival de bande dessinée de Lausanne, exposition collective « S'il vous plaît, dessine-moi un Mickey ! »

Anne-Marie Simond vit à Paris et à Lausanne.

Regards sur l'œuvre[modifier | modifier le code]

Anne-Marie Simond collabore au mouvement féministe par son travail, avec les armes du dessin, de la BD, du comic strip, et de l'écriture, le roman, dans :

La Nouvelle Alice, BD (années 70) : « [...] À première vue, nous n'aurions affaire de la part d'Anne-Marie Simond qu'à une classique guerre des sexes. Au fil des dessins, sans nul doute se trouve dénoncée une impondérable puissance masculine, abêtie et abêtissante, au travers du pouvoir étatique [...] Aux mâles-ludions assis sur leurs attributs monstrueusement ballonnés, entourés par une cour d'éléphants aux trompes manifestes, correspondra une Mère prolifique et toute-puissante, quoiqu'épuisée, ogresse inversée et « montgolfière » laissant traîner sur la terre son « lombric » ombilical, figurant ainsi une improbable androgynie [...] » (Sophie Reymond, extraits de sa Préface, in La Nouvelle Alice, p. 5, Éditions du Héron, Lausanne, Suisse, 2012)

La Petite Alice, comic strip (années 80) : « [...] Alice bat la révolte contre la tyrannie bourgeoise des parents. De la mère d'abord, puis du père, enfin... des deux. Son cousin s'appelle Spartacus, du nom de celui qui organisa la révolte des esclaves dans les années 70 avant Jésus-Christ. [...] Virtuose du syllogisme, la dessinatrice multiplie les chantages affectifs, seule arme contre laquelle l'enfant a une prise absolue, qu'il faille se tenir droit, aller au lit ou obéir. Le seul argument qui puisse briser le système s'impose dans sa logique « adultérine » : « Je vais me fâcher ! » menace le père. La réponse fuse : « Tu ne te fâches jamais pour que maman aille au lit !... Qu'est-ce que tu lui fais pour qu'elle t'obéisse ? [...] »  (Yves-André Donzé, extraits d'article, in LQJ, Le Quotidien Jurassien, Magazine, p. 27, Delémont, Suisse, 22 octobre 2003)

Le Séducteur, roman (années 90) : « Anne-Marie Simond explore les labyrinthes de l'âme humaine, cherchant les ressorts secrets, les mécanismes des grands mythes. Dans Le Séducteur, elle met à nu l'homme qui se cache derrière le mythique Don Juan et, pour cela, elle confronte le séducteur à de fortes femmes qui sauront jouer avec lui comme il l'avait fait auparavant avec ses conquêtes... » (Extraits de la 4e de couverture du Séducteur, roman, 2e édit., Éditions du Héron, Lausanne, Suisse, 2009)

Ariane, roman (années 2000) : « [...] La manière dont Anne-Marie Simond nous plonge dans cette fête de famille a quelque chose d'un peu dur, brutal, je dirais même sadique, comme si l'on voulait nous attirer dans un nid de serpents venimeux. C'est bien ce qui se passe, et pourtant on s'y trouve bien, un moment donné, à vivre les chaudes effluves d'une protagoniste pleine de souvenirs, de désirs et d'angoisses érotiques, hantée en même temps par l'image de sa mère agonisante et les odeurs de mâles tournant autour d'elle. [...] » (H. C., extraits d'article, in ph+arts "le magazine suisse des arts", p. 21, Lausanne, Suisse, mai 2005)

Livres publiés[modifier | modifier le code]

Bande dessinée, comic strip[modifier | modifier le code]

  • La Petite Alice, recueil de comic strips, 1re édit., Éditions du Héron, Lausanne (Suisse), 1997.
  • La Petite Alice, recueil de comic strips, 2e édit., Éditions du Héron, Lausanne (Suisse), 2003.
  • La Nouvelle Alice, recueil de bande dessinée, Éditions du Héron, Lausanne (Suisse), 2012.

Écriture, roman[modifier | modifier le code]

  • Le Séducteur, roman, 1re édition, Éditions Olivier Orban, Paris (France), 1990.
  • « Louis Soutter et Madge Fursman », étude, in Louis Soutter, Crayon, plume & encre de Chine, Éditions du Héron, Lausanne (Suisse), 2002.
  • Ariane, roman, Éditions du Héron, Lausanne (Suisse), 2005.
  • Les E-mails de Max à son parrain, roman épistolaire, Éditions du Héron, Lausanne (Suisse), 2006.
  • Le Séducteur, roman, 2e édition, Éditions du Héron, Lausanne (Suisse), 2009.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Régis Louvet, Ariane Misrachi, Mensuel Le Monde de l'Éducation no 64, article « Un centre anti-drogue moderne mais déjà dépassé », illustr. d'Anne-Marie Simond, p. 58, 59, 60, article « Vivre à gauche », illustr. d'Anne-Marie Simond, p. 52, 53, 54, septembre 1980
  2. Collectif sous la direction d'Élisabeth Paquot, Terre des Femmes, Panorama de la situation des femmes dans le monde, illustr. d'Anne-Marie Simond, p. 9, 22, 39, 91, 133, 187, 291, 327, 344, 381, Éd. La Découverte/Maspero, Paris, Éd. du Boréal Express, Montréal, 1982
  3. L'Unité, hebdomadaire publié par le Parti socialiste français, de janvier 1972 à décembre 1986, dirigé par Claude Estier
  4. Collectif sous la direction de Jacques Lassaigne, Sixième Biennale de Paris, Manifestation Biennale et Internationale des Jeunes Artistes 1969, Willy Rotzler, « Pays participant », « Suisse », section « Scénographie », L'Anneau de Niebelungen de Richard Wagner, de Pierre Simond, auteur, Anne-Marie Simond, auteur, Lina-Maria Bircher-Beck, conseiller technique, Constantin Regamey, conseiller technique, p. 118, 121, « Œuvres reproduites », L'Anneau de Niebelungen / Équipe Pierre et Anne-Marie Simond, (Suisse 18), p. 191, Catalogue de l'exposition, Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, 1969
  5. Collectif sous la direction de Peter F. Althaus, Das Offene Museum — die Stadt, chap. 12, « Abteilung "Raumsemantik" », Konzeption Pierre und Anne-Marie Simond, musique de Ulrich Kohler, « Der Mensch und der Raum », p. 12, 13, 14, Catalogue de l'exposition, Kunsthalle Basel, 1970
  6. Pierre Simond, Anne-Marie Simond, Le Théâtre intégré, « La Scénographie est-elle une architecture adaptée à notre société ? », monographie, publication du Théâtre populaire romand, La Chaux-de-Fonds, 1971, {BnF, catalogue général
  7. Pierre Simond, Anne-Marie Simond, Eckart Frische, Le Théâtre intégré, plaquette de présentation du projet, 6 pages, Lausanne, 1970-1971
  8. Collectif, Jean-Christophe Ammann et participants, La Suisse à la Septième Biennale de Paris 1971, Pierre Simond, Anne-Marie Simond, Eckart Frische, chap. « Théâtre Intégré », textes, plans et photos de maquettes, 10 pages (sans numérotation de pages) dans le Catalogue de l'exposition, Parc Floral de Paris, Paris, 1971
  9. Collectif de l'Encyclopédie Grand Larousse, Article « Suisse », « Beaux-Arts », « Dans le domaine de l'architecture prospective il faut mentionner […] Pierre et Anne-Marie Simond, créateurs, avec Eckart Frische, d'un théâtre "intégré" à l'espace urbain », Grand Larousse Encyclopédique 2e Supplément, Paris, 1975
  10. Khoma, [Spectacle], textes de Henri Michaux, composition Groupe Cyma, adaptation et mise en scène de Irène Lambelet et Jean-Philippe Guerlais, scénographie et costumes de Anne-Marie Simond et Pierre Simond, régie générale de Jean-Patrick Demicheli, spectacle de Orbe-Théâtre avec Jean-Philippe Guerlais (comédien), Anne Dimitriadis (comédienne), Jean-Claude Giraud (comédien) [et al.], représentation : Avignon, Cloître des Célestins, 1973-08-08, Paris, Espace Cardin, 1973, BnF, catalogue général 1973
  11. Collectif sous la direction de Sylli (Sylvain Brossard), recueil de BD, 12 bulles dans la peau, coll. « Swiss Brothers and Sisters, no 2 », Kesselring and les dessinateurs, 1979
  12. [1] Éditions du Héron, site

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Dessin de mode[modifier | modifier le code]

Scénographie, théâtre[modifier | modifier le code]

Bande dessinée, comic strip[modifier | modifier le code]

Écriture, roman[modifier | modifier le code]